Ces grands vertiges que nous devons affronter – Le Point

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La rentrée est toujours un retour au réel. Mais, cette année, la reprise pourrait de surcroît être qualifiée d’« hyperréelle », tant le monde se rappelle à nous de façon radicale, hyperbolique, sans réserve. Comme les sculptures de l’exposition Hyperréalisme actuellement au musée Maillol, tout se trouve en effet crûment mis à nu en ce mois de septembre : nous ne pouvons pas ne pas voir ce qui s’impose à nous dans des proportions gigantesques.
Hyperréalité du changement climatique, éprouvé par tous cet été et qui ne nous laisse aucun répit en cette rentrée. Plus moyen de s’en remettre à des horizons temporels lointains ou de s’illusionner sur l’ampleur des catastrophes qui nous attendent. Chaleurs insoutenables, feux ravageurs, désastre toujours en cours au Pakistan : pas d’échappatoire possible, nous y sommes.
Hyperréalité des difficultés économiques, avec la flambée des prix et l’enjeu énergétique. Les aides de l’État et l’illusion de la monnaie-hélicoptère avaient jusque-là préservé de ce réveil douloureux. Les thèmes de l’inflation et du pouvoir d’achat vont rythmer un automne social de tous les dangers.

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Hyperréalité d’un monde du travail en déliquescence, affecté de phénomènes comme le quiet quitting (« démission silencieuse »), apparemment feutré mais reflet de maux bien réels, tant du côté de la la santé mentale des collaborateurs que de la bonne marche des entreprises. Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a ainsi fait des difficultés liées au recrutement un des thèmes centraux de son discours de rentrée.
Hyperréalité d’un nouvel ordre du monde qui s’impose désormais à nous, avec la continuation de la guerre en Ukraine, le repli sans discontinuer de la Chine, et les décès à dix jours d’intervalle de Mikhaïl Gorbatchev et de Queen Elizabeth II : symboles que la page du XXe siècle est définitivement tournée.

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Et pourtant… Pourtant, il semblerait que plus le réel soit là, moins nous ayons la capacité d’y croire. C’est ainsi que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dénonce lors de son déplacement au Pakistan l’indifférence et l’inaction de la communauté internationale sur le sujet du changement climatique : « C’est de la folie, c’est un suicide collectif. »
C’est précisément que l’hyperréel, c’est l’éléphant au milieu de la pièce : tellement énorme qu’on ne le voit plus. C’est la définition qu’en donne le philosophe Jean Baudrillard : une surenchère de tous les signes du réel qui finit par nous en couper, essentiellement par le biais d’une inflation d’images et de discours. C’est tellement vrai, si exagérément présent, que ça ne peut pas l’être : trop hyper pour être réel.

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Baudrillard ajoute que cet hyperréel marque parallèlement le triomphe des simulacres qui se proposent de prendre la place du réel (le métavers pourrait bien en être un exemple). Aux conséquences délétères de l’hyperréalité qui nous fait fuir le monde au lieu de nous y engager, il est temps de répondre par des mises en action individuelles et collectives.
Sophie Chassat est philosophe, autrice, professeure agrégée invitée à Sciences Po et associée du cabinet Wemean.
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Une philosophe de Sciences Po a droit à des considérations
Cette prise de conscience tardive, comme si notre philosophe avait vécu les 50 dernières années dans un parc à huitre, s’appuie sur le vertige de l’hyperréalisme dans l’art, et, comme j’ai d’abord fait les beaux-arts, je peux affirmer que l’hyperréalisme demande avant tout du temps, avec des rudiments de peinture.
Quant aux autres crises, c’était des crises pendantes qu’elle ne voyait pas, toujours cerveau dans une cuve.
Reste l’aspect “conatif” (l’action), et on me recommande de relire Baudrillard, sociologue de la societe de consommation des années 60.
Il m’a fallu alors me souvenir du contexte : Baudrillard était exploité par les trotskistes des années 60 en panne de lutte, l’économique et le social étant assuré, et la lutte contre la societe de consommation était alors le seul discours possible pour pouvoir exister.
Le vertige est donc le sien, face à des crises qu’elle n’a pas perçu, et avec comme seul outil un vieux livre ringard où on apprend que les épluche-patates ont une forme et une couleur proche de la couleur des épluchures pour qu’on le jette.
Une philosophe de Sciences Po a droit à des considérations.
Pas d’accord
Sophie Chassat nous dit que « nous ne pouvons pas ne pas voir ce qui s’impose à nous dans des proportions gigantesques ». Pourtant nous ne faisons pas autre chose depuis des millénaires avec les religions. Et nous allons continuer, jusqu’à notre perte.
Le fin du fin
Que dois-je faire face à toutes ces crises prévues dès les années 70, et après avoir écarté toutes les compétences opérationnelles capables de les traiter et les resoudre ?
Relire Baudrillard.
Le fin du fin de la morale de sciences Po.
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