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Les jeunes travailleurs peuvent-ils construire leur carrière sans … – 20 Minutes

Emploi Les jeunes ont-ils un avenir professionnel sans piston ?
AVOIR DES RELATIONS 80 % des jeunes s’estiment privés d’opportunités professionnelles à cause de leur manque de réseau
C’est un secret de polichinelle : avoir des relations, ça aide pour décrocher un poste. C’est une réalité connue de tous les travailleurs, et les jeunes actifs ne font pas exception à la règle. D’après une étude du réseau social LinkedIn et de l’Institut CSA révélée par BFMTV ce jeudi, 93 % des actifs de 18 à 24 ans jugent important, voire essentiel, de disposer d’un réseau professionnel. Et 80 % d’entre eux ajoutent que leur manque de réseau les prive d’opportunités sur le marché de l’emploi. Le piston est-il nécessaire pour se faire une place dans le monde du travail ? Les jeunes sont-ils plus touchés par ce phénomène que les autres actifs ? 20 Minutes se penche sur ces questions, grâce à l’éclairage de la sociologue du travail Djaouidah Séhili.
Pour plus de 80 % de la génération Z, le réseau professionnel est synonyme de développement et d’opportunité de carrière. Le marché de l’emploi est particulièrement compétitif en France et encore plus pour les jeunes travailleurs. Dans l’Hexagone, « le taux de chômage des jeunes est élevé [17,8 %] et supérieur à la moyenne de l’OCDE », notait l’Organisation de coopération et de développement économiques dans ses Perspectives de l’emploi 2022. Les jeunes actifs doivent donc se démarquer de leurs camarades de promo afin de décrocher un travail.
Comme le note le site de Pôle emploi, « dans le contexte économique actuel, faire appel à son réseau (…) c’est mettre toutes les chances de son côté pour décrocher un job ». « Ce n’est pas une nouvelle problématique », pose d’emblée Djaouidah Séhili, professeure des universités et sociologue du travail. « La nouveauté, c’est peut-être que les jeunes ont conscience que leur insertion professionnelle dépend de leur réseau – ou plutôt de celui de leurs parents et proches – plus que de leurs qualifications et/ou compétences », explique la spécialiste.
Car, à qualifications égales, l’employeur va souvent privilégier la fille d’un pote de promo, la recommandation d’un salarié ou le neveu de son ami d’enfance plutôt qu’un inconnu. C’est encore plus vrai pour accéder aux offres « cachées », c’est-à-dire qui ne passent pas par les canaux de recrutement habituels. Dans certains domaines, les offres d’emploi ne sont pas publiées et les recrutements se font majoritairement par cooptation. D’après une étude de Randstad publié en juin 2022, le marché « invisible » représentait ainsi 84 % des recrutements pour des postes d’agents administratifs ou encore 90 % du personnel d’accueil entre le premier trimestre 2021 et les premiers mois 2022. « La cooptation ne devrait surtout pas être “essentielle”, mais elle est d’usage, et disposer d’un réseau est, en partie, “essentiel” pour faire carrière », résume Djaouidah Séhili.
80 % des jeunes interrogés dans l’étude estiment que leur manque de réseau les prive d’opportunités sur le marché de l’emploi. Pour être coopté, il faut connaître du monde. Or, il est évident qu’un jeune actif dont les parents sont reconnus dans le monde de l’art et qui cherche un emploi dans ce domaine partira bien plus avantagé qu’un fils d’ouvriers, par exemple. « On ne compte plus le nombre de jeunes qui doivent reporter des années faute d’avoir trouvé un lieu professionnel dans le cadre de leur formation ou de leur apprentissage alors qu’ils et elles avaient validé leur année par leurs résultats », illustre Djaouidah Séhili.
La cooptation permet donc une reproduction sociale. Et vient s’ajouter à une kyrielle de discriminations qui ont déjà cours sur le marché de l’emploi. Si vous n’avez pas de réseau professionnel, vous êtes désavantagé. Mais si vous n’avez pas de réseau professionnel et que vous êtes une femme, vous l’êtes encore plus. « C’est un usage qui, par évidence puisque les hommes occupent les postes les plus haut placés, profite plus aux hommes qu’aux femmes », décrypte la sociologue du travail. La cooptation devient alors une autre forme de discrimination, à ajouter à celles qui ont déjà cours dans le milieu professionnel comme l’orientation sexuelle, l’origine ou le handicap.
Dans le monde du travail d’aujourd’hui, « on vous place plus que vous ne vous placez en réalité ». L’utilisation du piston ou de la cooptation permet de « hiérarchiser » des jeunes qui ont pourtant les mêmes qualifications et le même diplôme par ailleurs. « La société est hiérarchisée et ces processus sélectifs permettent sa reproduction », explique Djaouidah Séhili.
« Ce n’est pas aux jeunes de compenser leur manque de réseaux familiaux », note la sociologue du travail qui ajoute que cela reviendrait à un « retournement de stigmate » qui consisterait à dire aux jeunes actifs : « Allez, bougez un peu, faites-vous du réseau et vous trouverez ou progresserez dans votre boulot, traversez la rue ». Dans Les formes du capital en 1986, Pierre Bourdieu établissait les différents types de capital.
Il expliquait que le capital social, qui permet de s’appuyer sur son réseau, permet aussi d’élever son capital économique ou culturel. La cooptation est un exemple de cette reproduction sociale. Avoir des relations permet non seulement d’accéder à un entretien d’embauche mais aussi de disposer de conseils et même de confiance en soi. Pour 42 % des jeunes interrogés dans l’étude, leur réseau professionnel constitue une source de confiance et les encourage à candidater à des postes pour lesquels ils ne se seraient pas sentis légitimes sans ça.
La Génération Z est particulièrement consciente des inégalités engendrées par le réseau professionnel. 80 % des jeunes actifs estiment qu’ils n’ont pas accès à toute une partie du marché de l’emploi et que d’autres profitent de meilleures opportunités grâce à un meilleur réseau professionnel. Contre moins de deux tiers des actifs de plus de 50 ans. Sans ou avec très peu d’expérience, les jeunes actifs se vendent plus facilement avec la recommandation d’un proche qu’avec leurs diplômes. D’ailleurs, l’étude de LinkedIn le montre bien : 61 % des jeunes interrogés admettent avoir eu recours à la cooptation afin de trouver un stage, un apprentissage ou un emploi.
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