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Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Pourquoi la France se crispe dans le … – L'Humanité


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Les ministres Gérald Darmanin et Jean-François Carenco sont à Nouméa pour une visite sur fond de dissensions profondes.
Voici quatre ans, le 4 novembre 2018, la Nouvelle-Calédonie votait, lors d’un scrutin historique, pour le premier des trois référendums d’autodétermination prévus par les accords de Nouméa, signés en 1998. Mais ce qui devait conclure une séquence politique de vingt ans n’a débouché que sur un nouveau blocage. Les deux « non » à l’indépendance et à la « pleine souveraineté » de 2018 (56,67 %) et 2020 (53,26 %) ont donné quelques sueurs froides dans les rangs de la droite anti-indépendantiste et de l’État.

Au point de saboter le dernier référendum, celui de décembre 2021, marqué par le boycott des indépendantistes, dont la consigne a été très suivie, le non l’ayant emporté avec un score de 96,5 % – un scrutin toujours contesté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). Le dialogue reprend donc réellement cette semaine, mais les dissensions sont profondes et les intérêts totalement divergents, notamment depuis que l’État semble se crisper au nom des intérêts stratégiques de la France dans le Pacifique.

Ils sont attendus de pied ferme depuis plusieurs mois. Le ministre délégué en charge des Outre-mer, Jean-François Carenco, et son ministre de tutelle, Gérald Darmanin, débarquent à Nouméa ce lundi pour une visite d’une semaine consacrée notamment à l’avenir institutionnel de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie. En octobre, Élisabeth Borne avait lancé la feuille de route du gouvernement pour les prochains mois. Sans les indépendantistes du FLNKS, pour qui les discussions bilatérales avec l’État doivent se tenir sur le Caillou et nulle part ailleurs. Cette fois, il sera question d’un « audit de décolonisation », un bilan sur les transferts de compétences, et des « ateliers thématiques » sur plusieurs sujets, parmi lesquels « Institutions », « Développement, économie et emploi », « Nickel », « Souveraineté énergétique et alimentaire », « Valeurs, identité commune et réconciliation », « Intégration et rayonnement régional ». Des groupes de travail « organisés par le haut-commissaire » – le représentant local de l’État – et dont les conclusions sont attendues « mi-2023 », avant un éventuel référendum dit de projet que Gérald Darmanin a repoussé au plus tôt à 2024.
Icon Quote Le sujet sur lequel nous voulons discuter avec l’État est l’accession du pays à la pleine souveraineté. JEAN-PIERRE DJAÏWÉ, PORTE-PAROLE DU PARTI DE LIBÉRATION KANAK
Problème : ces bases de discussions, imposées par le gouvernement et la droite anti-indépendantiste, ne sont pas du tout celles envisagées par le FLNKS. « Le sujet important sur lequel nous voulons discuter avec l’État est l’accession du pays à la pleine souveraineté », déclare Jean-Pierre Djaïwé, porte-parole du Parti de libération kanak, l’une des composantes du FLNKS. Pour lui, « le statut définitif ne peut se concevoir sans indépendance. Mais on peut imaginer un statut définitif avec la France dans le cadre d’un accord négocié ». Un partenariat avec l’ancienne puissance coloniale, donc.
Mais, de cela, la droite anti-indépendantiste et l’État français ne veulent plus entendre parler, au mépris des engagements des accords de Nouméa. Le gouvernement a déjà pris position : sous l’égide de Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer lors des deux dernières années du précédent quinquennat, Paris a considérablement changé de discours et de méthode.

« L’État français n’a pas respecté sa parole », déplorait le 27 octobre 2021, dans nos colonnes, Jean-Pierre Djaïwé. La nomination au gouvernement de Sonia Backès, cheffe de file de la droite calédonienne, regroupée pour faire front commun contre l’indépendance dans la coalition de l’Avenir en confiance, a sonné comme un signal clair. Mais la donne a changé : pour la première fois, c’est un indépendantiste kanak, Louis Mapou, qui dirige le gouvernement calédonien. Fin septembre, il a participé – avec l’autorisation de la France – à Washington au sommet des pays insulaires du Pacifique organisé par Joe Biden, avec lequel il a échangé en compagnie de chefs d’État du Pacifique. Louis Mapou s’est ensuite rendu devant la commission de décolonisation de l’ONU – la Nouvelle-Calédonie est toujours inscrite sur la liste des territoires à décoloniser – pour parler du « rôle diplomatique et de coopération » du territoire. A contrario, le représentant français auprès de l’ONU, Nicolas de Rivière, a parlé clairement du projet de « futures institutions de la Nouvelle-Calédonie dans la République française ». Pour Paris, c’est l’influence de la France dans le Pacifique qui est en jeu. En Polynésie voisine, pour la première fois, trois députés indépendantistes du parti Tavini ont été élus en juin dernier. Cela n’a pas échappé au gouvernement, qui met tout en œuvre pour conserver son influence.
Dans le Pacifique, où se trouvent 60 % de la zone économique exclusive maritime de la France, l’objectif de Paris est clair : s’intégrer localement pour s’imposer mondialement. Plus qu’une porte d’entrée sur la scène internationale, l’océan est le terrain de jeu des puissances mondiales. Seuls les plus grands acteurs semblent tenir ce bras de fer qui se renforce. D’un côté, Xi Jinping, qui maintient sa stratégie d’influence en mer de Chine du Sud. De l’autre, la vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, qui réalise sa tournée dans la région Indo-Pacifique. Le tout, sur fond d’exercices militaires conjoints.

Pourtant, le jeu n’est pas encore égal. Pékin multiplie ses offensives dans ce qu’elle considère comme son aire d’influence régionale, mettant à mal la « Pax Americana ». Implantés de longue date à Hawaï, dans les îles Mariannes et de Guam, puis grâce à des « accords » avec différents États (Japon, Australie entre autres), les États-Unis assoient leur domination « pacifique » par la présence militaire de leur VIIe flotte.
Si Pékin met en place une offensive multidimensionnelle dans la région en renforçant son influence sur le plan du « soft power », il n’en demeure pas moins que la zone représente surtout un intérêt sécuritaire et militaire pour assurer la protection de son projet « Une ceinture une route » dans la zone Indo-Pacifique. Dans cette logique, Pékin enregistre des succès diplomatiques. La Chine a signé un accord sécuritaire avec les îles Salomon début 2022. En 2021, elle avait acquis l’unique piste d’atterrissage de Kiribati, qui s’est d’ailleurs retiré du Forum des îles du Pacifique chapeauté par les États-Unis, en juillet dernier. Il n’en fallait pas davantage pour que, le 12 novembre, Biden apparaisse physiquement au sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est à Phnom Penh pour renforcer la présence diplomatique américaine dans la zone.
Dans cette jungle du Pacifique orchestrée par « deux gros éléphants » – pour reprendre l’image employée par Emmanuel Macron lors de son discours à la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec) à Bangkok le 18 novembre –, émerge une voix qui se prétend alternative. Le chef d’État a été le premier président européen à être invité au sommet de l’Apec. Selon lui, l’économie permettra d’assurer une croissance qui elle-même assurera les réponses face aux défis climatiques. Défis climatiques qui représentent l’enjeu capital de tous les pays de la région Indo-Pacifique et auxquels ni la Chine ni les États-Unis n’apportent de réponse. Il n’en fallait pas plus pour que Paris se présente comme un partenaire « de tous » et « pour tous ».
En travaillant avec la Chine et les États-Unis, la France proposerait une relation équitable qui s’inspire d’une stratégie régionale et mondiale : une coopération économique sur un principe de gagnant-gagnant, pour assurer la régulation et l’ordre régional. Le même ordre régional qui se répercutera nécessairement à l’échelle mondiale, à en croire le discours de notre président, qui appelle à une réforme de la Banque mondiale et du FMI. La France, un acteur alternatif ? En réalité, l’accent est placé sur l’économie et la croissance. Paris promeut le nucléaire pour sortir les États de leur dépendance au charbon… tout en niant tout principe d’hégémonie. « Vous pouvez compter sur nous », avait conclu Emmanuel Macron, qui entend rester dans la zone à tout prix.
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