Biocoop, EDF, Tesla… le classement des entreprises jugées les plus vertes par secteur – Capital.fr

28,6% d’émissions de CO2 en moins sur deux ans, 68% de déchets valorisés et 4855 tonnes d’emballages évités en 2021… Voilà le score plutôt flatteur réalisé par Carrefour dans son combat en faveur de l’environnement. Dernière initiative en date: le lancement en juillet d’une gamme de produits «hors des standards», c’est-à-dire au poids, à la forme et au calibre imparfaits. L’objectif étant évidemment de ne plus jeter ces fruits et légumes biscornus.
Pour autant, devant l’immensité des enjeux, ces modestes initiatives, mises bout à bout, peuvent-elles vraiment bouger les lignes? Et sont-elles suffisantes pour convaincre le consommateur de la bonne volonté de l’enseigne? Bonne nouvelle, la réponse est oui! nous apprend le baromètre Scan Ecoresponsable créé par le cabinet Advent et dont nous publions en exclusivité la dernière étude.
Dans ce sondage, 53 entreprises appartenant aux secteurs de l’automobile, de la banque et de l’assurance, de la grande distribution ainsi que de l’énergie et des transports ont été évaluées par plus de 1.000 Français à l’aide de 28 indicateurs environnementaux et sociaux. En haut du palmarès se hisse la marque Biocoop. «Les Français perçoivent le côté militant de nos magasins, se réjouit Ronan Lafrogne, directeur qualité et RSE de ce réseau. Nous sommes en 100% bio et proposons du vrac depuis toujours.» Aujourd’hui, la société coopérative créée en 1986 indique représenter 0,9% du marché alimentaire français, et 20% du marché du commerce équitable sur le territoire.
Naturalia, la filiale du groupe Casino, arrive en seconde position, suivie par les centres Leclerc, très populaires auprès des Français. En tout, six acteurs de la grande distribution figurent dans le top 10 des entreprises les mieux notées. Un résultat logique selon Jérôme Neveu, directeur fondateur du cabinet Advent: «Il y a toujours un lien assez fort, presque affectif, avec ce secteur. De plus, les innovations mises en place sont concrètes et directement visibles.»
C’est beaucoup moins le cas pour les banques et les assurances, qui peinent à convaincre en matière de RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Les grands noms du secteur comme Generali, Boursorama et LCL traînent ainsi en bas du classement. Natixis, la filiale d’investissement du groupe BPCE, le clôt même à la 53e place. Rien d’étonnant, explique le patron d’Advent: «Ce secteur n’est jamais en tête des classements.
Malgré tout, certaines enseignes, grâce à leur proximité avec leurs clients, arrivent à faire passer plus de messages et à créer un lien.» De cette façon, l’une des enseignes évaluées tire son épingle du jeu: 17e dans le classement global, Crédit agricole rafle la première place dans sa catégorie. «Nous nous sommes toujours positionnés sur ces sujets, qui sont au cœur de notre agenda», indique Eric Campos, directeur du projet sociétal de la banque.
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Création d’un comité scientifique pour évaluer les avancées du groupe, retrait progressif de l’industrie du charbon, financement de projets locaux… Le dirigeant égraine les mesures prises en faveur de la cause. Devant les accusations de greenwashing (apparence de politique verte à usage de communication mais sans vrai travail de fond, NDLR), le directeur RSE de la banque est clair: «Il est vrai que la RSE a pu être un objet de marketing pour certaines entreprises, mais je pense que cette phase est aujourd’hui en train de s’achever. L’implication des dirigeants et la vigilance croissante des consommateurs responsabilisent le monde de l’entreprise et l’incitent à être plus rigoureux dans ses engagements.»
Exemples de cas avec les secteurs compliqués de l’énergie et des transports. D’un côté, les Français, selon notre sondage, plébiscitent EDF et Engie, respectivement quatrième et huitième du classement et leaders de leur catégorie. De l’autre, TotalEnergies dévisse à la 21e place du palmarès global, malgré ses efforts de communication. En mars dernier, par exemple, Greenpeace a assigné la multinationale en justice, l’accusant de greenwashing et de publicité mensongère. De quoi ternir durablement l’image verte que tente de construire le géant pétrolier? «Même si TotalEnergies est aujourd’hui engagé dans les énergies renouvelables, le groupe symbolise toujours le pétrole et le gaz. Ce sont des choix industriels à dix, quinze, voire vingt ans. Il est donc plus difficile pour les entreprises de ce secteur d’influencer les esprits à court terme», justifie Jérôme Neveu.
Il y a pourtant une firme qui a brillamment réussi son entrée dans le monde enchanté de la RSE. C’est Tesla. La marque fondée par Elon Musk trône à la première place du classement automobile et à la septième place du classement global. Ses résultats parlent pour elle: en 2021, ses véhicules électriques ont permis d’éviter l’émission de plus de 8 millions de tonnes de CO2. Tesla se targue aussi de «recruter massivement, avec une politique inclusive». Les constructeurs français Peugeot et Renault complètent le podium du secteur.
Pionnière dans le véhicule électrique, la marque au losange dirigée par Luca de Meo a sans doute profité d’un engouement autour de sa «Renaulution». Cette nouvelle politique vise à positionner Renault comme «précurseur dans la chaîne de valeur des nouvelles mobilités». «L’industrie automobile n’a pas le choix, elle doit tout changer à marche forcée, et les consommateurs s’en rendent compte, analyse Jérôme Neveu. Ils sont d’autant plus concernés quand on les appelle à modifier leurs habitudes: ici, c’est clairement le cas.»
Jérôme Neveu, président d’Advent, analyse les résultats du sondage réalisé en partenariat avec Capital.
Les entreprises rivalisent d’ingéniosité dans leurs discours environnementaux et sociétaux, comment cela se traduit-il dans les faits ?
Jérome Neveu : Depuis trois ans, ces sujets sont devenus des facteurs très importants de l’image d’une entreprise. La RSE n’est plus un problème de demain, mais d’aujourd’hui. Pourtant, si l’intérêt pour cet univers va croissant, l’engagement au quotidien ne suit pas la même tendance. Il y a un décalage entre ce qu’on promeut et ce qui se concrétise. Et les marques sont otages de cela, car elles se retrouvent dans l’obligation de s’exprimer sur le sujet : ne rien dire peut paraître étrange ! Cette multitude de discours crée une complexité qui rend la population un peu perplexe.
Que penser des marques qui communiquent tous azimuts sans être totalement vertueuses ?
Si un groupe communique au sujet d’un de ses gestes en faveur de l’environnement, il y aura toujours quelqu’un pour pointer des aspects moins vertueux de son action. Il y a un côté assez radical du grand public qui considère que les entreprises ne peuvent prendre la parole que si elles sont 100% vertueuses. C’est un leurre ! Chaque pas est utile. En définitive, et heureusement, nous ne sommes plus dans un monde «naïf». Il faut rester dubitatifs, sans pour autant devenir méfiants en permanence. Ce secteur a donc besoin de normes, ce qui permettra au grand public de se repérer.
Quelles sont les principales attentes des Français en matière de RSE ?
Concernant l’environnement, les préoccupations des Français interrogés portent d’abord sur la réduction de la production de déchets, sur le recyclage et sur les alternatives au plastique. Dans un second temps viennent le développement des énergies renouvelables, la relocalisation de la production et enfin la réduction des activités numériques, très polluantes. Du côté social, la priorité est l’épanouissement professionnel. L’entreprise ne doit plus seulement être une fabrique à produire, mais aussi une fabrique du bien-être.
La guerre en Ukraine peut-elle rebattre les cartes de ces attentes ?
L’impact de cette crise sur les préoccupations RSE est paradoxal. D’un côté, la guerre a des conséquences énergétiques importantes, qui soulignent notre dépendance aux énergies fossiles. Elle pourrait agir comme un accélérateur de l’intérêt pour les énergies renouvelables. Mais, d’un autre côté, nous avons aussi vu à quel point les gens qui ne peuvent se passer de la voiture sont sensibles au prix de l’essence. La préoccupation environnementale peut donc être reléguée au second plan. C’est toute l’idée : nous sommes tous en faveur de mesures environnementales, mais la réalité est parfois plus complexe. Propos recueillis par Noah Moulinet
Méthode de l’enquête : Sondage réalisé du 5 au 12 juillet auprès de 1037 Français représentatifs de la population du pays, selon la méthode des quotas, par le cabinet Advent. 28 indicateurs ont été testés. Ce classement résulte de la synthèse de deux familles de critères environnementaux et sociaux.
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