Près de 300 personnes disent non au projet de sablière à Marboué – Marboué (28200) – Echo Républicain

Publié le 08/09/2022 à 10h00
Philippe Provôt
Le groupe Pigeon n’est pas le bienvenu à Marboué. Près de 300 personnes l’ont fait savoir, haut et fort, à ses quatre représentants, lors de la réunion publique d’information concernant le projet de sablière, mardi soir, au foyer Joseph-Renault. L’ambiance a été électrique durant deux heures.
Réunie autour du directeur général de Pigeon Granulats Centre-Ile de France, Emmanuel Rousseau, l’entreprise a confirmé son intention de lancer des extractions, à raison de 92.800 à 120.000 tonnes annuelles, et ce, sur 20 ans, dès qu’elle en aura l’autorisation, à proximité de la Nationale 10, sur un périmètre de 25 hectares, compris entre Guignier et La Varenne-Hodier.
Elle a ainsi rejeté « la demande solennelle » du président du Grand Châteaudun, Fabien Verdier, « de retirer le projet ». Ce dernier est venu dire que « Marboué n’est pas le bon endroit, à côté de la N10 déjà dangereuse » et qu’il y a mieux à faire, dont « le projet de la déviation et d’une deux fois deux voies entre Cloyes et Thivars ». Le maire de Châteaudun n’a fait que répéter la position prise récemment par la Com’com et avant elle par le Conseil municipal de Marboué.
« En l’état actuel, c’est non !, lui a répondu l’un des collaborateurs du groupe, Bastien Gibert. Mais oui, à l’écoute et au dialogue. Si les hautes autorités acceptent le projet, il verra le jour, à l’inverse, ce ne sera pas le cas. En tout cas, ce n’est pas la vindicte populaire qui décide, on est dans un état de droit. »
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À ce stade, a tenu à rassurer le sous-préfet Hervé Demai, « rien n’est gravé dans le marbre ». Si le groupe Pigeon, dont le dossier a été jugé recevable, espère réaliser ses premières extractions en fin d’année, il devra au préalable attendre les conclusions de l’enquête publique qui sera diligentée du 4 octobre au 3 novembre.
À Marboué, l’association Avenir Marboué lutte contre la création d’une carrière de granulats
« Elle permettra à chacun de faire valoir ses observations et ses contradictions. Je recommande aux citoyens de venir s’exprimer », a insisté le sous-préfet, qui avait souhaité, au même titre que le maire Gaëlle Chasseloup, l’organisation de cette réunion, « pour apporter à la population des éléments tangibles et précis sur les incidences en termes d’environnement et de trafic routier dans ce projet relativement ancien qui a évolué dans le temps ».Près de 300 personnes disent non au projet de sablière à Marboué - Marboué (28200) - Echo RépublicainLes représentants du groupe Pigeon ont tenté de répondre aux interrogations de la population, mais cela n’a pas été facile vu le contexte électrique de la réunion.

Vu les crispations, les échanges n’ont guère été constructifs au point que le sous-préfet a dû hausser la voix à plusieurs reprises pour calmer la colère de l’assistance. Lui-même a été accusé de soutenir le projet, ce dont il s’est défendu. « Je ne suis pas le porte-parole du groupe Pigeon, je ne suis pas un chef d’entreprise. Je suis le représentant de l’État dans la région dunoise et je dois tenir compte de la règle de droit. »
Le groupe Pigeon n’a pas choisi Marboué par hasard pour sa sablière. Il n’a « aucune alternative » en Eure-et-Loir, où il dispose déjà de quatre sites. « On n’en veut pas de votre carrière », a-t-on entendu, tandis que des « Pigeon dehors !, Pigeon dehors ! » étaient repris en chœur par les plus virulents.
Un radar fixe, sur la Nationale 10, dans la traversée de Marboué ?
Les tensions ont été d’autant plus exacerbées que les Marbouésiens ont le sentiment d’être « pris pour des… pigeons » depuis l’installation de l’usine de méthanisation. Conseiller municipal, Jean-Marie Devimeux a fait remarquer : « On nous avait dit qu’il n’y aurait pas d’odeur. Les menteurs, on n’en veut plus ».
À la question de savoir quels seraient les bénéfices financiers pour la commune, Gaëlle Chasseloup a été claire. « On ne touchera rien. » La taxe foncière tombera en revanche dans les caisses du Grand Châteaudun. Le groupe Pigeon s’engage toutefois à fournir 500 tonnes de sables et de granulats à Marboué pour ses besoins en travaux, soutenir les associations locales et organiser des journées pédagogiques auprès des écoles. Neuf emplois seront créés.Près de 300 personnes disent non au projet de sablière à Marboué - Marboué (28200) - Echo RépublicainLe maire de Marboué, Gaëlle Chasseloup, a précisé que sa commune ne tirerait aucun bénéfice financier de la carrière.

« Ce projet répondra aux besoins de matériaux de construction et notamment auprès du Grand Châteaudun, qui projette de s’étoffer avec de nouveaux logements et de nouvelles infrastructures », a fait savoir la société. 400 millions de tonnes de granulats sont consommées chaque année en France, ce qui représente 7 tonnes par an et par habitant pour des besoins en routes, autoroutes, voies ferrées, logements, bâtiments tertiaires.
L’Eure-et-Loir n’échappe pas à cette demande, avec 1.830.000 tonnes de granulats par an dont un peu moins de la moitié (800.000 tonnes) sont des matériaux alluvionnaires qui seraient exploités à Marboué. Sur le Grand Châteaudun, la consommation avoisine les 90.000 tonnes par an.
20 rotations par jour.  Au-delà du bruit, de la poussière et de la supposée baisse du prix de l’immobilier qu’engendrerait le projet de sablière à Marboué, c’est surtout l’augmentation de la circulation sur la Nationale 10, qui exaspère la population. Des données ont été communiquées par Hélène Paulus, chef du projet ICPE. Selon elle, le trafic estimé, assuré à 70 % par la filiale du groupe, LTG, serait de « 20 rotations par jour, soit 40 passages », sur une base de production moyenne de 92.800 tonnes par an (220 jours). Il pourrait monter, en cas de pic d’activité (120.000 tonnes), « à 25 rotations par jour, soit 50 passages ».
En termes d’itinéraires en sortie de carrière, « un tiers des camions se dirigerait vers le nord et traverseraient le pont de Marboué et deux tiers de l’autre côté en direction de Brou et de Châteaudun », faisant ainsi accroître la circulation des camions de 0,11 % (8 rotations) dans le centre bourg. « C’est faux !, a rétorqué le conseiller municipal Dominique Pouchin, membre de l’association Avenir Marboué. Il y aura plus de camions, on les estime à cent par jour, car certains de vos clients viendront s’approvisionner », ce que n’a pas démenti le groupe.
L’élu marbouésien a prévenu l’entreprise que « son nom sera engagé au premier mort ». Pour faciliter l’accès des poids lourds au site, le groupe Pigeon a annoncé la création d’un tourne à gauche en venant de Châteaudun. Le sous-préfet Hervé Demai a souligné que deux des éventuels tracés de la future déviation de Marboué devaient passer sur les 25 hectares de la sablière, ce qui a contraint la société à revoir ses plans.
Philippe Provôt
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