Pour Remzi Kartal, « sans la libération d'Öcalan, aucune négociation de paix n'est possible » – Rojinfo




Remzi Kartal n’est pas un inconnu en Bretagne, la première rencontre remontant au festival de cinéma de Douarnenez en 2003 dont le thème était le Kurdistan. Au cours d’un entretien le 25 novembre avec les Amitiés kurdes de Bretagne, Remzi Kartal, sans se départir de son calme souriant, s’est montré déterminé et offensif : « libérer Öcalan » et « sortir le PKK de la liste des organisations terroristes » sont les deux slogans d’une campagne qu’il anime et qu’il souhaite partager.
La crise économique, sociale et politique gronde en Turquie
L’Etat fasciste turc qui avait fondé tous ses espoirs sur la défaite de la guérilla est en échec malgré la supériorité de ses moyens techniques, et que le coût des dépenses militaires aggrave une crise économique, sociale qui enfle et qui déstabilise politiquement le pouvoir y compris dans les rangs de l’AKP et de « l’Etat profond ». Le mouvement « Dem dema azadiyê, azadiya Rêber Apo azadiya me » [C’est l’heure de la liberté, la liberté du leader Öcalan est notre liberté], que je soutiens, lancé par des collectifs d’artistes kurdes vivant en Europe, est un mouvement, qui prend de l’ampleur sur le plan international. La voie de la négociation est la seule possible mais, sans la libération d’Öcalan, aucune négociation de paix n’est possible.
Tout en approuvant les objectifs (pour lesquels les AKB militent depuis 25 ans), une stratégie plus diversifiée est sans doute nécessaire, en fonction du ou des publics ou interlocuteurs visés. Pour envisager une stratégie conduisant à la paix, il faut replacer la question kurde dans le contexte international et prendre en compte la complexité des diplomaties, où se mêlent représentation nationale, considérations stratégiques, organisation des moyens de défense, intérêts économiques, coopération des services de renseignement. Le dossier kurde, apparemment mineur, est, aux dires Piotr Romanov, journaliste russe, « une sorte de pion intouchable » sur l’échiquier mondial, et l’Histoire lui donne raison.
L’urgence : ouvrir des négociations
« La France reste convaincue qu’une solution politique à la question kurde est la seule qui soit viable à long terme » a écrit le 15 juillet dernier JY Le Drian, ministre des Affaires étrangères. Disons-lui que nous sommes d’accord et exigeons de lui qu’il fasse pression sur Erdoğan pour le contraindre à ouvrir les négociations que les Kurdes appellent de leurs vœux depuis de nombreuses années, mais peut-on imaginer un seul instant qu’on puisse réunir autour d’une table de négociation toutes les parties prenantes sans inviter le PKK et son chef charismatique Abdullah Öcalan ? C’est comme imaginer les accords d’Evian de 1962, qui mirent fin à la guerre d’Algérie, sans le FLN, ou les négociations à Johannesburg sans Mandela. Comment imaginer l’ouverture de négociations sans la fermeture progressive des prisons et la libération de tous les détenus politiques ? Il n’est donc pas question d’éluder les objectifs de la campagne de mobilisation mais d’adopter une stratégie adaptée à l’objectif in fine : celui d’une paix juste et durable.
Remzi Kartal soutient l’opération « cartes postales » initiée par les AKB et partagée avec les Amitiés kurdes de Lyon Rhône-Alpes (AKL), l’Association iséroise des Amis des Kurdes (AIAK) et l’Association de Solidarité France-Kurdistan (FK), en direction des détenu·e·s politiques kurdes dans les prisons turques : « l’importance de ces correspondances pour toute personne privée de liberté est inimaginable pour ceux qui n’ont pas vécu cette situation » a-t-il précisé et d’encourager à continuer l’opération et à l’amplifier. Déjà des centaines de cartes postales, mais aussi des photos, des dessins d’enfants, ont été envoyés de Rennes, Brest, Lorient, Redon, Saint-Brieuc, Saint-Malo mais aussi de Romans-sur-Isère, Paris, Grenoble, Lyon, Strasbourg, de Vendée, etc.
L’association France-Kurdistan 37 a organisé à Tours, à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, un atelier d’écriture pour dénoncer la violence d’être privé de liberté pour ses idées et envoyé des messages de soutien aux femmes emprisonnées en Turquie. La Nouvelle République du 27 novembre 2021 relate l’évènement : « Sebahat Tuncel, Figen Yüksekdağ, Gültan Kişanak, ces femmes ont été un jour élues (maire, députée) et sont aujourd’hui emprisonnées en Turquie… Elles portent les valeurs d’une société multiculturelle. Nous ne pouvons qu’être solidaires ».
A l’occasion d’une conférence organisée, le 21 novembre à Grenoble par l’AIAK sur la situation des Kurdes au Moyen Orient, le public fut invité à se joindre aux actions de soutiens aux Kurdes (parrainage d’élus emprisonnés, envois de cartes postales…).
Lors de la réunion du 4 novembre en soutien au HDP, organisée à Villeurbanne par la Coordination lyonnaise Solidarité Kurdistan, une table de presse, tenue par les AKL présentait la campagne “cartes postales” en réponse à la question : « Les Kurdes ont besoin de notre soutien, que puis-je faire, moi ? ». Le contact est établi avec la prison d’Elazig. Des difficultés sont apparues dans certaines prisons dont le courrier est soumis à l’arbitraire de l’administration. Un mouvement d’opinion, initié par le HDP au plus haut niveau, serait le bienvenu.
Lors de l’entretien avec Remzi Kartal fut évoqué l’assassinat de Rojbîn et la nécessité de continuer à interpeller le gouvernement français sur son attitude, qui consiste à bloquer les investigations de la justice concernant le triple assassinat commis sur son sol le 9 janvier 2013. Afin de relancer l’action une suggestion a été faite : proposer aux collectivités locales qu’une rue, qu’un square, qu’une place, rappelle ce crime perpétré sur le sol français, une violence extrême faite à des femmes assassinées pour leurs idées. Pourquoi pas une rue Rojbîn Doğan à Rennes, où elle fut très présente et à Strasbourg, où elle a vécu avec

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