Les clés pour réussir vos présentations orales, avec ou sans slides – Capital.fr

Lorsque vous avez une présentation à faire devant un auditoire, deux possibilités s’offrent à vous, qui changent radicalement la donne : avec ou sans slides ? Charlie Clark, fondateur du cabinet de stratégie Whistcom et créateur de l’atelier Survivre aux slides, vous livre ses conseils avisés.
Il va vous falloir mettre ces outils à votre service pour détailler les points-clés de vos résultats et dévoiler vos perspectives pour l’année suivante. Mais sachez qu’a priori, la slide est rarement votre alliée ! Et ce, en vertu de la loi des 3 V, explique Charlie Clarck : «Visuel, vocal, verbal : l’attention est attirée d’abord par ce que l’on voit, donc par la slide, qui confisque 57% de l’impact. Viennent ensuite votre timbre de voix, votre rythme, votre intonation, pour 36% de l’attention, et enfin le fond de ce que vous racontez, qui se contente de 7% restant.»
Conclusion : pour mettre la projection à votre service, deux règles s’imposent. Primo, on ne lit jamais ce qui est affiché à l’écran, car «on n’est pas au karaoké», rappelle Charlie Clarck. Secundo : on réduit la slide à sa plus simple expression. «L’objectif, c’est que l’image soit inspirante et véhicule une intention», explique Martine Donboly, consultante en image. Une seule idée, c’est le top, trois idées, le maximum. Par exemple, si vous voulez mettre un résultat ou un objectif en avant, le chiffre seul suffira en visuel.
Ensuite, ne laissez jamais la slide parler à votre place. «Créée pour dynamiser une présentation, la slide a été détournée de sa fonction pour devenir un outil de compilation. Or la prise de parole suppose une impulsion», analyse la coach Sophie Backer. Elle conseille donc d’afficher le document en silence avant ou après la prise de parole, puis de laisser un silence avant de le commenter sans paraphraser. «L’image peut faire référence à un contexte partagé ou entrer dans le vif du sujet en donnant l’information à retenir, le chiffre-clé par exemple, précise Martine Donboly. Celle qui conclut pourra éventuellement apporter un trait d’humour.»
Ou encore rappeler l’idée principale (le fameux chiffre que tout le monde doit retenir). «Si la slide doit bousculer l’auditoire ou le surprendre, attention à ce qu’elle ne vole jamais la vedette à l’orateur !» Voir le public esquisser un sourire est suffisant.
En pratique. Synthétisez en adoptant la méthode Pecha Kucha : 20 slides au maximum et vingt secondes par slide. Soit 6 minutes 40 de présentation. Plus court qu’un speed dating ! La méthode vient de deux architectes danois installés au Japon, intéressés par les projets de leurs confrères mais fatigués à l’avance par les visios à rallonge. Avec cette règle qu’ils ont imposée, tout est calibré et on évite le fameux «pecha kucha», expression japonaise qui évoque le bavardage qu’on sent monter lorsqu’on perd son auditoire. Même si c’est contre-intuitif, la concision demande un gros travail de préparation, dans la droite ligne de la règle d’or de la présentation avec support : épurer. La seule question à se poser est : «Qu’est-ce que j’enlève ?»
Voilà qui vous laisse de la place pour l’improvisation ! Maîtriser totalement votre intervention reste bien sûr nécessaire (relisez les pages précédentes). Mais, débarrassé de ces fichues slides, vous allez vous concentrer sur le sens de vos paroles et, même, une fois rodé à l’exercice, y ajouter une pincée de conversation libre. Carolin Graetsch, 21 ans, étudiante allemande en école de commerce, a participé pour la deuxième fois cette année au Model United Nations, un exercice de simulation de débats géopolitiques organisé au sein de l’ONU, à Washington.
La règle : tenter de convaincre sur une question imposée, en représentant un pays donné. Deux types de prise de parole sont demandés, parfois devant 300 personnes : les «opening speech», qui durent soixante secondes, travaillées mais sans notes, et les «réactions de fin de débat», qui doivent être spontanées et tout aussi concises. Le tout en anglais. «J’ai appris à très bien préparer le discours introductif – c’est nécessaire quand vous jouez par exemple le rôle du Royaume-Uni et que vous devez vous exprimer sur la question palestinienne, raconte l’étudiante. Ce qui m’a aidée à prendre confiance, c’est le regard des autres participants, que je sais bienveillant.» Une bienveillance qu’elle cultive en introduisant toujours son propos par une idée partagée.
A l’inverse, «les réactions de fin de débat, lorsqu’on n’est pas d’accord, sont un bon moyen d’apprendre à parler sans filet : on doit réagir en restant guidé par notre idée maîtresse, dans la continuité de ce qu’on a préparé», conclut Carolin, qui estime que ces exercices l’ont aidée à se sentir encore plus à l’aise à l’oral.
Cela dit, cette présentation sans slides à un défaut : l’auditoire est privé d’un de ses sens, la vue, or nombreuses sont les personnalités «visuelles», qui retiennent surtout ce qu’elles lisent. Afin de compenser l’absence de projection, la comédienne Claire d’Anthouard conseille à ses élèves «d’incarner les idées qu’ils portent». «Faire appel à ses sens aide à mémoriser et à vivre le message que l’on tente de faire passer, explique-t-elle. Imaginer des odeurs, des sons, un décor vous transporte et vous aide à donner de votre personne. Ce que vous avez en tête va se retrouver dans votre regard, votre intonation, vos mouvements. C’est une mise en scène qui se crée, elle donne à voir et compense l’absence d’images toutes faites.» Le risque, c’est de se laisser embarquer et de perdre la notion du temps. Pour éviter cela, une solution : décomposer l’idée maîtresse en points précis, comme autant de jalons qui marquent un chemin. On avance en suivant les jalons, sans s’appesantir.
En pratique. Plusieurs coaches proposent des guides de construction du récit. Sophie Backer (qui publiera une méthode chez Eyrolles en début d’année) a ainsi créé la méthode du losange. On commence par donner l’information à retenir – le sommet du losange. Puis on développe, on élargit, on étaye, ce sont les deux autres sommets du losange, qui assoient sa partie la plus large. Enfin on conclut en revenant à l’idée maîtresse, celle avec laquelle l’auditoire doit partir, celle dont il doit discuter en quittant la salle. «Ayez éventuellement deux ou trois mots écrits dans le creux de la main, concède la coach. Puisqu’on n’apprend rien par cœur, cela peut rassurer.» Ces mots correspondront aux angles du losange. Mais comme la plume que l’éléphant Dumbo serre dans sa trompe avant de sauter, ils ne serviront qu’à rassurer l’orateur qui maîtrise son récit.
Je suis un grand timide. Pendant une quinzaine d’années, l’idée de parler devant un public était un cauchemar. Mais je travaille dans le milieu de la finance, où il y a une forme d’indulgence, on ne nous demande pas de faire fort ! Il y a quelques années, je m’occupais de gestion diversifiée, on lançait des produits financiers, et je me suis retrouvé à présenter un projet de service au président de la Société générale de l’époque. Il y avait un enjeu : on devait aller chercher des budgets… Je devais parler en troisième position ce jour-là, mais mon chef m’a finalement demandé de commencer. Ça a été la catastrophe !
De longues minutes de bafouillage et de mauvaise élocution, j’avais du mal à enchaîner trois mots. J’avais quatre fiches à présenter, mais c’était atroce. Tous mes collègues me regardaient m’enfoncer et je pensais qu’ils se disaient “quel clown” ! C’était horrible de me sentir jugé par mes pairs. Mais c’était tellement catastrophique que cela a attiré l’attention du président. Nos regards se sont croisés et j’ai senti qu’il me disait “ça va aller”. J’ai continué tant bien que mal, et nous avons tout de même fini par obtenir le budget voulu ! J’ai longtemps été perturbé par cette séquence. Puis j’ai vu des présentations de confrères américains qui savent être dans une démarche positive. Nous, les Français, on a tendance à dire “pardon, c’est moyen”… Aujourd’hui, j’arrive en confiance et je sais que je maîtrise mon sujet.»
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Le décryptage de Nathalie Boisson, formatrice en prise de parole, fondatrice de Chronopitch.com
«Si on doit parler devant une personne importante, il faut mettre cette personne au centre de notre présentation. C’est à elle que l’on s’adresse. Plutôt que d’en faire abstraction en voulant alléger le stress, il faut s’interroger sur ses besoins, ses attentes, ses freins éventuels. Ensuite, quand on a des diapos, il ne faut pas y inscrire trop de texte. Notre discours risque d’être redondant.
Les neurosciences ont montré que la vue était prioritaire sur l’ouïe : notre auditoire va lire plutôt qu’écouter. Et l’image risque d’accaparer notre regard, qui doit être tourné, comme le corps, vers le public. ll faut une rencontre, une plus-value humaine, sinon le public pensera qu’un mail aurait suffit… Enfin, l’état d’esprit compte beaucoup, soyez content d’être là, fier de présenter votre sujet. Si vous pensez que cela va être pénible, il y a des chances pour que cela le devienne !»
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