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«L'effondrement du niveau intellectuel de la classe politique est une … – Le Figaro

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FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour Maxime Tandonnet, l’intervention la députée Nupes Sandrine Rousseau sur l’après-carrière du footballeur s’inscrivent dans une stratégie de la provocation permanente, adoptée par de nombreuses personnalités politiques, et participent à détourner le citoyen des urnes.
Fin observateur de la vie politique française et chroniqueur du FigaroVox, Maxime Tandonnet a notamment publié André Tardieu. L’incompris (Perrin, 2019) et Georges Bidault : de la Résistance à l’Algérie française (Perrin, 2022).
«Que va faire Mbappé après 50 ans ?», s’est interrogée Sandrine Rousseau en commission des Affaires sociales, au sujet de l’examen du projet de loi sur les retraites. Évoquer la situation d’un sportif immensément fortuné à propos de la révolte de millions de salariés, qui souffrent pour boucler les fins de mois et s’inquiètent pour leurs vieux jours, peut légitimement paraître incongru. Or, la députée ne plaisantait pas du tout : «Je ne sais pas si Emmanuel Macron […] lui a parlé de sa carrière quand il serait senior. Le vieillissement des sportifs est un réel sujet […] Oui, la carrière et le vieillissement des sportifs sont un sujet au-delà de la plaisanterie.»
Cette déclaration surréaliste, dans un contexte d’une crise de société gravissime qui secoue la France populaire, soulève d’inévitables questions sur le niveau intellectuel de la classe politique française. Car la députée est loin d’être la seule. La stratégie de la provocation, qui consiste à faire parler de soi à n’importe quel prix, y compris celui des pires aberrations, est désormais banalisée. Les coups de communication se traduisent par des paroles ou les gestes souvent absurdes, symptomatiques d’un déclin du niveau scolaire des hauts dirigeants, comme des élus nationaux dans leur ensemble.
La quête du symbole ou du bon mot qui va permettre de susciter l’attention médiatique pousse le monde politique à la médiocrité, à l’image de ce ministre qui se targuait de revêtir des cols roulés pour économiser le chauffage, de sa collègue qui prônait le bannissement des maisons individuelles, ou de cette députée européenne provoquant un incident diplomatique pour avoir parlé de «grosse Suisse molle», ou encore du gigantesque tollé (étouffant le débat sur les filières d’immigration irrégulière) autour des déclarations d’un député invitant l’Océan Vicking «à retourner en Afrique». L’Assemblée nationale hystérisée ressemble davantage à une cour de récréation qu’à un lieu d’exercice de la souveraineté.
Le déclin intellectuel s’exprime dans le vocabulaire de certains responsables politiques, et la perte de la maîtrise de la langue française. La grossièreté, quand elle se banalise et même s’officialise, constitue une forme de violence révélatrice de l’incapacité à exprimer sa pensée autrement que par la vulgarité. Or, depuis quelques années, les politiques du rang le plus élevé font de la grossièreté un mode d’expression habituel : le mot «emmerder» est utilisé à tous propos par les politiciens du plus haut niveau, comme celui de «connard». Un ministre proclame dans un tweet : «Putain, je suis Français». Récemment le mot «bordel» avec ses variantes, «bordéliser» ou «bordelisation», s’est imposé comme une référence du langage politique. Pourquoi ? Parce qu’ils ne savent plus parler autrement.
La médiocrité croissante du personnel politique national dont se détournent les Français, constitue d’ailleurs une invitation à repenser les modes d’exercice de la démocratie.
De fait, la politique se réduit le plus souvent à un spectacle, à des jeux de symboles, de totems et de chiffons rouges, la manipulation des émotions collectives qui étouffe le débat d’idées et la réflexion. Pendant la crise sanitaire, l’immense majorité du monde politique, par manque de recul historique, a fait l’impasse sur la question fondamentale des libertés et du droit des personnes, laissant se développer un «Absurdistan» aussi liberticide qu’inefficace. Aujourd’hui les positions concernant la réforme des retraites se crispent sur le totem des 64 ans (absurde compte tenu des règles d’annuités), sans voir que l’essentiel est ailleurs, dans l’exaspération de la France populaire face au mépris de ses élites dirigeantes. La déconnexion ou l’incapacité à sentir les attentes et les angoisses du pays est un symptôme de ce déclin intellectuel. La IIIe République avait certes ses défauts, mais elle savait au moins produire des hommes d’État d’un haut niveau à l’image de Jean Jaurès, Waldeck-Rousseau, Raymond Poincaré, Édouard Herriot, Léon Blum ou André Tardieu. La Ve République dans sa version actuelle forme plutôt des histrions vaniteux, spécialistes des coups de communication et de la provocation, privés d’une vision historique et du sens de l’État.
Alors comment expliquer cet effondrement ? Pour une part, il est la conséquence inévitable de l’écroulement général du niveau scolaire que reflètent les classements internationaux. Mais surtout, il signe une perte de prestige de la carrière politique, dominée par une image d’esbroufe narcissique bien davantage que par l’idée de servir le bien commun. Les mandats de parlementaire ou de ministre, et même de chef de l’État souffrent d’une dévalorisation accélérée. Qui a envie de devenir député, sénateur ou ministre ? Sauf exception, les jeunes les plus solides intellectuellement et humainement, motivés par l’envie d’être utiles plutôt que de fanfaronner, se porteront de préférence vers des métiers universitaires, scientifiques, littéraires, médicaux, juridiques, commerciaux ou industriels. La médiocrité croissante du personnel politique national dont se détournent les Français (comme le prouve l’abstention massive), sans doute inéluctable dans l’avenir, constitue d’ailleurs une invitation à repenser les modes d’exercice de la démocratie autour de la proximité et du référendum.
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«L’effondrement du niveau intellectuel de la classe politique est une menace pour la démocratie»
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