À l'usine Bosch de Rodez, la transition vers l'hydrogène est plus … – La Tribune Occitanie Toulouse

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Il nous apparait nécessaire aujourd’hui de programmer une réunion du comité de suivi Bosch au regard des difficultés de l’entreprise“. Ces mots sont extraits d’un courrier du 23 novembre rédigé par Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et Jean-Louis Chauzy, le président du Ceser. Inquiets de la situation de l’usine Bosch de Rodez (Aveyron), ils ont envoyé cette correspondance à Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition Énergétique, et Rolland Lescure, le ministre délégué à l’Industrie.
Les deux personnalités régionales qui ont pris la plume s’inquiètent des problèmes rencontrés par ce site industriel aveyronnais dans sa mutation vers l’hydrogène. “L’usinage sur le site du projet Fresh2 est repoussé de deux ans car le marché ne permet pas de démarrer la fabrication dans les délais“, ont-ils expliqué dans leur courrier. Pour mémoire, ce projet consiste à développer une pile à combustible à hydrogène pour alimenter un groupe frigorifique de manière électrique, afin d’être utilisée notamment dans le domaine du transport.
La direction nous a annoncé en septembre dernier que les montants pour la R&D du projet étaient décalés de deux ans. Cela va nous faire prendre du retard”, regrette Cédric Belledent, délégué syndical Sud au sein de l’usine Bosch de Rodez. “Ce n’est pas une surprise… Les experts interrogés au sein du CSE sur le sujet ont tablé sur une maturité technologique entre 2028 et 2030“, complète Pascal Raffanel, le délégué interne de la CFE-CGC.
C’est un nouveau marché qui est en train de se construire. Nous sommes absolument confiants sur le fait que c’est une solution d’avenir (…) Le développement du produit suit son cours et se passe bien. Un essai sur route en septembre 2021 s’est bien déroulé, nous avons un concept pour de la production en série, imaginé en collaboration avec un client pilote. De plus, au dernier salon IAA en Allemagne, nous avons reçu beaucoup de marques d’intérêts de la part  d’acteurs clés du secteur pour cette solution. Mais pour faire face aux défis actuels du secteur automobile, Bosch a dû ajuster les budgets des projets. Le budget de Fresh2 a été maintenu, il est simplement étalé sur deux ans supplémentaires et en avril dernier il a été abondé de 10 millions d’euros supplémentaires pour sa partie R&D. Initialement, nous avions une enveloppe de 35 millions d’euros. Ces actions témoignent du fait que Bosch croit fortement en cette solution (…) Quoi qu’il arrive, cela ne changera rien sur le nombre d’emplois à l’usine de Rodez”, réagit un porte-parole du groupe, joint par La Tribune.
Toute la sensibilité du sujet se trouve ici. Ce n’est pas le retard pris dans le projet Fresh2 qui pose question du côté des représentants du personnel, mais ses conséquences sur les emplois au sein de l’usine ruthénoise du groupe allemand. Dix-huit mois en arrière, ce site, premier employeur privé de l’Aveyron, était menacé de fermeture et a fait l’objet d’intenses tractations entre les gouvernements allemand et français. La faute à sa dépendance au marché des moteurs diesel, en déclin au niveau européen voire mondial.
Lire aussiBosch à Rodez : “Nous préserverons ce site industriel”, promet Bruno Le Maire

Lire aussi“Il y a une discrimination envers les sites hors Allemagne de Bosch” (Christian Teyssèdre, maire de Rodez)

Si plus de 2.000 personnes travaillaient au début des années 2010, au sein de “La Bosch” comme elle est surnommée localement, ils n’étaient plus que 1.500 en 2018 et ils sont actuellement un peu plus de 1.000. L’accord de transition, signé entre les syndicats et la direction, en l’échange du maintien du site, vise à atteindre les 513 ETP (équivalents temps plein) à la fin de l’année 2025. “Comme le prévoit le plan, nous allons avoir 200 départs en pré-retraite en 2023, 100 en 2024 et 90 en 2025. Aussi, 80 personnes feront l’objet d’un départ volontaire“, précise Cédric Belledent. “Notre accord prévoit que fin 2026, 250 personnes travaillent à Rodez sur le projet à hydrogène Fresh2 et autant sur des activités plus conventionnelles comme la production de buses pour les moteurs diesel à destination des poids lourds“, complète Pascal Raffanael.
Seulement, selon les syndicats, ces calculs sont aujourd’hui totalement erronés. Fin 2028, le projet Fresh2 emploiera au mieux dans l’Aveyron entre 50 et 80 personnes. “Nous produirons les piles à combustible pour l’Europe, mais pas pour l’Amérique du Nord ou l’Asie. Dans les calculs de la direction, 250 personnes, ce sont finalement les équipes de Bosch mobilisées dans le monde entier sur cette technologie“, poursuit le représentant CFE-CFC. Ce nouveau couac mathématique ébranle le peu de confiance qui existait encore entre les syndicats, la direction de Bosch et les élus locaux.
“En cas de retard pris sur le projet Fresh2, il a été prévu l’apport à Rodez de productions alternatives tampons, le temps qu’il faudra dans le cadre de l’accord. Ces productions complémentaires sont confirmées et se feront selon les besoins”, tient à rassurer Bosch.
Pour ce faire, la direction du site et du groupe allemand compte notamment s’appuyer sur l’internalisation de certaines productions autrefois déléguées à des sous-traitants. Une activité autour des barres de torsion a ainsi atterri dans l’Aveyron, et “six autres projets supplémentaires” sont étudiés selon Bosch. Des marchés autour du décolletage sont notamment dans les cartons. Ces nouvelles activités viendront en partie remplacer progressivement l’arrêt de la production d’injecteurs pour moteur diesel sur des véhicules particuliers, qui doit s’arrêter dans le courant du mois de décembre. Symbole de la mutation en cours au sein de l’usine de Rodez.
Nous donner des volumes supplémentaires sur les buses et d’autres pièces liées au marché du diesel ne résoudra pas le problème. Notre accord doit nous permettre de sortir du diesel et non pas nous y maintenir, et ce grâce à de nouvelles activités hors diesel“, peste Cédric Belledent du syndicat Sud. Ce sujet sera particulièrement abordé lors de la venue de Heiko Carrie, le PDG de Bosch France Benelux, sur site, à la mi janvier 2023. Autour de cette même échéance, Carole Delga et Jean-Louis Chauzy demandent la tenue de cette fameuse réunion réclamée auprès du comité de suivi.
Si pour les années futures, la viabilité du site de Rodez n’est pas un sujet, la réussite (ou non) du projet Fresh2 autour de l’hydrogène conditionnera certainement son maintien à plus long terme, au-delà de 2030. Dans l’accord de transition, Bosch ne s’est engagé sur un maintien des emplois que jusqu’en 2028.
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