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« Zaï Zaï Zaï Zaï », un spectacle qui fait un bien fou ! – L'Orient-Le Jour

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« Zaï Zaï Zaï Zaï », spectacle présenté le vendredi 28 octobre au théâtre Monnot et le dimanche 30 octobre à la salle Montaigne dans le cadre du festival littéraire Beyrouth Livres, est une adaptation de la BD de Fabcaro par Nicolas (Charlet) et Bruno (Lavaine). Un grand moment de rigolade.
OLJ / Par Danny MALLAT, le 31 octobre 2022 à 00h00
Nicolas (Charlet) et Bruno (Lavaine) accompagnés de Mathias Fédou à la musique. Photo DR
Bande dessinée publiée en 2015 par Fabcaro (Fabrice Caro), Zaï Zaï Zaï Zaï fut adaptée au théâtre dans une mise en scène de Paul Moulin et réalisée en film (2020) avec Jean-Paul Rouve dans une mise en scène de François Desagnat. Lorsque Nicolas et Bruno s’en emparent, c’est pour offrir au public un spectacle en lecture vivante avec voix, bruitages, musiques, chansons – musique de Mathias Fédou – et interventions du public. Ils la décrivent comme une « lecture publique proactive personnalisée à caractère sensoriel ». L’histoire raconte le parcours d’un auteur de BD qui, à la caisse d’un supermarché, s’aperçoit qu’il a oublié sa carte de fidélité. L’homme s’enfuit et devient le sujet principal d’un récit médiatique, pris au piège d’une situation qui le dépasse. Nous sommes déjà projetés dans le monde absurde et déjanté de Fabcaro qui est aussi celui de Nicolas et Bruno. Mais qui sont Nicolas et Bruno ?
« Zaï Zaï Zaï Zaï », un spectacle qui fait un bien fou ! - L'Orient-Le JourLe récit à l’humour burlesque, ravageur et absurde oscille entre road-movie, fait divers et spectacle de chansonniers. Photo DR
L’absurde en commun
Auteurs, réalisateurs et doubleurs, Nicolas et Bruno ont, entre 1998 et 2000, présenté sur Canal + une émission : Messages à caractère informatif, chronique récurrente de l’émission culte Nulle part ailleurs, qui a marqué par son humour décalé. Ils détournaient de vieux films d’entreprise des années 1970 qu’ils s’amusaient à relooker avec une nouvelle bande-son et des doublages aussi loufoques qu’hilarants. Ces saynètes absurdes moquaient le monde étriqué de l’entreprise, une entreprise fictive, la Cogip, qu’ils avaient imaginée, connue pour concentrer le plus grand nombre de « cravates-moustaches », comme ils se plaisaient à décrire les employés (que l’on retrouve d’ailleurs dans Zaï Zaï Zaï Zaï). « Des cases inédites spécial Cogip ont été écrites par nous et dessinées par Fabcaro », confie Bruno ! Et de poursuivre : « Un jour, une amie nous dit : “Il faut absolument que vous lisiez une BD qui vient de sortir, Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro ! Vous allez adorer ! Vous avez vraiment un truc en commun, l’absurde, la connerie, un regard sur la société, la rigolade.” Lorsqu’en 2019 le festival Bédérama nous appelle et nous propose une lecture hybride mais animée de Zaï Zaï Zaï Zaï, on a instantanément proposé de l’interpréter sur scène avec nos bouches, accompagnés d’un musicien en live et de bruitages en direct ! » C’est suite à cela que le duo décide de monter sur scène pour faire du cinéma en direct. Un procédé scénique qui consiste à projeter sur écran géant les cases de la bande dessinée avec une bande-son en direct, en interprétant tous les personnages et en faisant tous les bruitages, le tout mis en musique et en chansons. Le résultat : une parfaite symbiose entre la vision de l’auteur de la BD et le monde déluré de Nicolas et Bruno.
Double lecture
Le récit à l’humour burlesque, ravageur et absurde oscille entre road movie, fait divers et spectacle de chansonniers. Bruno et Nicolas n’hésitent pas à improviser en ajoutant du texte et des commentaires, ce qui ne fait qu’augmenter le niveau de drôlerie, tout en accompagnant les scènes de bruitage parfaitement réalistes. De la scène du repas où les enfants demandent après leur père. La mère, en touillant la salade, rétorque sur un ton détaché : « Je crois que votre père est en cavale », comme on dirait : « Il est en réunion ! » À la scène où le fugitif retrouve une amie de classe qui l’invite à un café, suivie d’une scène où elle s’envoie en l’air avec le mari sur le canapé en face avec gémissements et cris orgasmiques en fond sonore. Un surréalisme où aucun temps mort n’est toléré, où le rythme effréné à la poursuite du pauvre Fabrice donne encore plus un côté vécu au spectateur, sans oublier les chutes de phrases percutantes et complètement loufoques. Le public rit à gorge déployée, mais pas que : il aboie, il hue, il chante, il frappe des mains, il bouge les bras dans ce spectacle immersif où le plaisir est visuel, auditif et communicatif. Mais derrière l’apparente futilité de la comédie, se cache en réalité une vision qui se veut accusatrice, comme une seconde lecture plus politique. Les développements suivent une logique absurde qui n’a d’autre but que d’épingler les travers de notre société. Le regard sarcastique sur le monde de l’entreprise, ses codes et son jargon, ou sur le monde de la police avec ses inspecteurs dépeints comme des retardés, ou encore sur l’univers des médias où les commentateurs réagissent en direct sur des faits qu’ils ne connaissent pas, où les envoyés spéciaux sur place ont toujours un train en retard. Un texte bourré de commentaires métaphoriques sur la discrimination. Le citoyen qui échafaude des théories complotistes, comme pa exemple : « L’évènement a lieu un jeudi, de jeudi à judaïque, à juif », et voilà comment on est projeté dans l’antisémitisme ; ou encore avec la maîtresse qui donne une leçon en classe sur la tolérance et qui ne donne jamais la parole à un enfant issu de l’immigration (« Non, pas toi, Malek »), ou alors lorsque sont évoqués les clochards arméniens. Une époque où la violence sociale est devenue une norme, et la bêtise aussi. Comme ce couple qui tombe dans les bras l’un de l’autre, ému jusqu’aux os pour avoir gagné une machine à raclette. Personne n’est épargné, pas même les automobilistes qui hésitent à écraser le fugitif ou qui refusent de l’embarquer juste pour écouter leur musique tranquillement, ou la juge qui reproche à un homme dans le public de ne pas avoir hué le coupable. Mais il y a aussi de la poésie et du rêve, et quand le fugitif se réfugie quelque part en Lozère, et, qu’adossé à un arbre, il se retrouve à discuter tranquillement avec un lapin puis avec un renard, bientôt rejoints par un cerf et même un dauphin, il leur propose de construire un monde plus beau et plus juste. Alors, comment ne pas succomber au charme de cette comédie déjantée qui fait du bien en ces temps difficiles où même le rire est devenu hors prix ?
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