Test Huawei Mate 50 Pro : colosse aux pieds d'argile – Phototrend

Dévoilé en grande pompe en novembre 2022, le Huawei Mate 50 Pro est le second smartphone de la marque chinoise depuis son grand retour sur la scène internationale. Avec ce nouveau modèle, le groupe souhaite renouer avec sa gloire passée. Véritable fleuron de Huawei, le Mate 50 Pro mise sur une fiche technique particulièrement fournie. En photo, il mise notamment sur un mécanisme d’ouverture variable f/1,4-4 inédit. La qualité d’image est-elle au rendez-vous ? Quel impact l’absence des services de Google a-t-elle au quotidien ? Après l’avoir utilisé au quotidien pendant plusieurs semaines, voici notre test photo du Huawei Mate 50 Pro
Sommaire
Cela faisait presque 4 ans que nous n’avions pas écrit de test à propos d’un terminal de la gamme Mate de Huawei. Le dernier modèle que nous avions eu entre les mains, le Mate 20 Pro, étant un excellent smartphone – et un très bon compagnon photo. 
Mais en 4 ans, les choses ont largement évolué. Soupçonné de collusion avec le gouvernement chinois, Huawei a subi de plein fouet les sanctions américaines. Ancien n°2 au classement la marque a (presque) disparu des écrans radars, remplacée par Xiaomi ou des marques du groupe BBK Communiations (Oppo, Vivo, Realme, OnePlus). 
Après les P50 Pro et P50 Pocket lancés début 2022, la marque poursuit son retour sur le marché des smartphones premium. Une manière pour Huawei de conserver une présence – et de rassurer ses fans. Mais aussi (et surtout) de préparer un avenir où la marque pourrait à nouveau bénéficier des services de Google.
Enfin, notez que ce modèle est le premier à ne pas être conçu avec Leica. En effet, ce dernier a choisi de s’allier avec Xiaomi. Les performances sont-elles cependant au rendez-vous ? C’est ce que nous allons étudier ensemble. 
Voici les caractéristiques techniques du Huawei Mate 50 Pro : 
Disons-le clairement : en termes de qualité de construction et de finition, le Huawei Mate 50 Pro n’a pas grand-chose à envier à ses concurrents de Xiaomi ou Samsung. Le smartphone offre un rendu très premium, grâce à son châssis en aluminium et son très bel écran aux bords subtilement courbés. 
Bien sûr, impossible de passer à côté de ses dimensions généreuses. Comme tous les modèles de la gamme Mate, le terminal vise à combler les désirs des gros consommateurs de contenus multimédias, avec un grand écran de 6,74 pouces. Point notable, ce dernier accueille une large encoche, qui sert à accueillir la caméra frontale, ainsi que les capteurs destinés à la reconnaissance faciale sécurisée et un haut-parleur.
Le déverrouillage peut également s’effectuer à partir du lecteur d’empreinte logé sous l’écran. Ce dernier est efficace mais se situe un peu bas. La combinaison de ces deux méthodes permet de déverrouiller le terminal très rapidement. Seulement voilà : alors qu’Apple commence à se débarrasser de cet artifice, la présence de cette « fameuse » encoche semble (un peu) incongrue. Heureusement, elle s’avère très mince et n’est pas vraiment gênante
Le bas du terminal accueille une (unique) grille pour les haut-parleurs, ainsi qu’un logement pouvant accueillir 2 cartes Nano-SIM. Point notable : le 2e emplacement peut accueillir une carte Nano Memory, format propriétaire de Huawei lancé en 2018. Le terminal dispose également d’un port USB-C 3.1. Sans surprise, la prise jack 3,5 mm est aux abonnés absents. 
Au dos du smartphone, les 4 modules optiques prennent donc place au sein d’un large bloc circulaire. Le cercle extérieur adopte une finition en clou de Paris censée rappeler l’univers de la bijouterie ou de l’horlogerie de luxe. Sur la version noire, ledit cercle est de couleur dorée ; sur la version grise de ce test, ce cercle est de couleur argentée, plus discrète.
Naturellement, le bloc optique dépasse assez sensiblement de la surface du smartphone. Un point que vient compenser la coque en plastique transparent fournie. Cependant, le dos du smartphone est très sensible aux traces de doigts. Par ailleurs, l’écran s’équipe d’une couche de verre Huawei Kunlun Glass (concurrente du Gorilla Glass de Corning). Enfin, le terminal s’offre une certification IP68
Avec son (très) grand écran de 6,74 pouces, le Huawei Mate 50 Pro laisse difficilement indifférent. Cet afficheur occupe 91,3 % de la face avant du smartphone, et offre une définition confortable de 1212 x 2616 pixels. La fréquence de rafraîchissement est « adaptative », et monte jusqu’à 120 Hz
Néanmoins, elle ne descend pas en-dessous de 60 Hz, contrairement aux solutions présentes sur les terminaux de Samsung, Apple ou Oppo. De quoi limiter sérieusement l’utilité de cette fonction. En effet, la possibilité de descendre à 10 Hz (voire à 1 Hz) est extrêmement utile pour faire baisser la consommation d’énergie lorsque le terminal n’affiche aucune animation…
Du reste, le terminal offre une très bonne restitution des couleurs, et ne cherche pas à suraccentuer les teintes avec le mode colorimétrique par défaut. La luminosité maximale est très correcte, et permet d’utiliser le smartphone sans problème en plein soleil.
Comme sur le Huawei P50 Pro, la marque chinoise semble avoir réussi à acquérir des puces Qualcomm, en dépit de l’embargo imposé par l’administration Trump. Ainsi, la version internationale du Mate 50 Pro s’équipe d’une puce Snapdragon 8+ Gen 1, déclinaison premium du Snapdragon 8 Gen 1. Un SoC présent sur la majorité des terminaux Android haut de gamme de 2022.
Hélas, la variante embarquée sur le Mate 50 Pro fait l’impasse sur la 5G – comme sur le P50 Pro, d’ailleurs. Un comble pour des smartphone vendus à 1200 € ! Enfin, notez que le terminal intègre 8 Go de mémoire vive – et un espace de stockage de 256 Go. C’est un peu moins que certains concurrents qui n’hésitent pas à monter jusqu’à 12 Go de RAM, mais suffisant pour un usage « classique ».
Comme indiqué plus haut, Leica et Huawei n’ont pas souhaité renouveler leur partenariat, initié en 2016. Pour mémoire, ce dernier portait sur la partie matérielle comme logicielle, afin d’offrir un meilleur rendu des couleurs et des détails. Désormais, Leica offre ses services à Xiaomi – ce dernier n’étant pas soumis aux mêmes restrictions que Huawei. 
Pour compenser la perte de ce fructueux partenariat, Huawei a donc dévoilé sa technologie d’image maison. Nommée Xmage, elle vise (elle aussi) à parfaire la qualité d’image. Lentilles des objectifs, éléments mécaniques, capteurs photo, traitement des images… sont ainsi concernés par cette vague d’optimisations tous azimuts.
Côté matériel, le Huawei Mate 50 Pro intègre un capteur Sony IMX766 de 50 Mpx, déjà croisé sur les Oppo Find X5 Pro et Reno 8 Pro. Cependant, Huawei opte pour une matrice de Bayer RYYB afin de capturer jusqu’à 25 % de lumière en plus. Pratique pour la photo en basse lumière.
Cela étant, ce capteur de type 1/1,56 pouce est d’assez petite taille (sans être minuscule), et ses photosites mesurent seulement 1 µm. L’appareil exploite cependant le pixel binning. En fusionnant 4 pixels en 1, on obtient des photosites de 2 µm et des clichés de 12,5 Mpx. 
Mais surtout, le Mate 50 Pro se distingue de la concurrence avec son objectif (équivalent 26 mm) avec ouverture variable, allant de f/1,4 à f/4. Cette dernière se règle sur 4 stops (en mode Ouverture) ou sur 10 stops (en mode Pro). Huawei va donc (beaucoup) plus loin que les mécanismes de « double-ouverture » pratiqués par Samsung ou Sony sur certains modèles. Nous ne manquerons pas de revenir sur les performances de ce système au cours de ce test.
Du côté des objectifs « secondaires » (ultra grand-angle et téléobjectif), le Mate 50 Pro s’avère identique à son grand frère le P50 Pro. Pour le meilleur et pour le pire, dirons-nous. 
L’ultra grand-angle (équivalent 13 mm avec ouverture à f/2,2) est mû par un capteur Sony IMX688 de type 1/1,72 pouce. En outre, le téléobjectif (équivalent 90 mm ouvrant à f3,5) est propulsé par un capteur Omnivision de 64 Mpx de taille inconnue – ce qui ne facilite pas l’analyse technique.
Enfin, notez que le capteur monochrome du P50 Pro est aux abonnés absents ; en revanche, le capteur principal gagne 2 capteurs ToF (Time of Flight) par mesure laser pour aider l’autofocus. 
Grâce à ses 4 objectifs, le terminal s’avère assez polyvalent. On regrettera seulement que la focale du téléobjectif n’aille pas au-delà de 90 mm. La marque chinoise – comme ses concurrents – nous avait habitué à bien mieux : 135 mm sur le Huawei P30 Pro, voire 240 mm sur le Samsung Galaxy S22 Ultra
Sur le terrain, le Huawei Mate 50 Pro est capable de livrer de belles images. Comme sur le P50 Pro, on apprécie beaucoup la justesse de la restitution des couleurs et des contrastes. Point de couleurs criardes ou de débouchages des ombres trop artificiels. 
Avec le capteur principal, les images possèdent un très bon niveau de détails (pour un smartphone). Une fois sur un ordinateur (et zoomées à 100 %), les images sont très propres… mais au centre uniquement. En effet, l’objectif souffre d’un certain manque d’homogénéité, les bords étant parfois très mous
Ce manque d’homogénéité se retrouve également sur l’ultra grand-angle. Dans l’absolu, les images sont agréables à l’œil et les scènes sont correctement restituées. Hélas, dès que l’on s’éloigne du centre de l’image, le niveau de détails diminue assez nettement. Par ailleurs, les déformations en anamorphose sont assez marquées, les objets situés tout au bord paraissant étirés. Les résultats sont moins mauvais que sur le P50 Pro, mais demeurent inférieurs à ceux obtenus avec la concurrence.
Enfin, nous sommes déçus par le téléobjectif. Oui, les images sont (globalement) agréables à l’œil et correctement exposées – ce qui est déjà un bon début. Malheureusement, ce module souffre du syndrome petit capteur + petite optique. Le niveau de détails est très largement inférieur à nos attentes. Les images apparaissent brouillées, même en pleine journée. Face à ses concurents, le Mate 50 Pro fait pâle figure, hélas. 
Notez que le terminal propose aussi un zoom x10. Néanmoins, ce dernier repose sur un zoom numérique – et non sur un zoom hybride, comme sur certains anciens modèles de Huawei. Résultat : la qualité se dégrade très vite. En revanche, mention spéciale à la visionneuse du smartphone, qui affiche dans les données EXIF la longueur focale, même avec le zoom numérique !
Comme sur le Samsung Galaxy S22 Ultra, le terminal propose aussi un « super zoom » x100. L’interface affiche une petite fenêtre pour permettre de se repérer dans l’image. Côté pile, la stabilisation est assez remarquable. Côté face, les images sont difficilement exploitables. Les paparazzis du dimanche en seront pour leurs frais !
Comme à l’accoutumée, la photo de nuit révèle les forces – et les faiblesses – des différents capteurs. Point notable : le smartphone dispose d’un mode Cliché Nocturne dédié, qui nécessite de garder le smartphone (relativement) immobile pendant 3 secondes.
Problème : ce mode ne s’active pas automatiquement en basse lumière, contrairement à la majorité de ses concurrents. Un phénomène que nous peinons à expliquer. Or, d’un capteur à un autre, ce mode Cliché Nocturne exerce une influence décisive (en bien ou en mal) sur la qualité des photos, comme nous allons le voir.
Avec le capteur principal, les images capturées en mode « normal » sont globalement plaisantes, avec un très bon niveau de détails (pour un smartphone) et une restitution des couleurs certes flatteuse mais réaliste, aux couleurs vibrantes. Par ailleurs, l’objectif se montre assez peu sensible aux effets de flare. Globalement, la restitution de la scène est très satisfaisante. 
En revanche, nous sommes assez perplexes devant les images générées avec le mode Cliché Nocturne. En effet, les images sont assez brouillonnes, avec un niveau de détails inférieur à celles obtenues en mode « normal ». Ce dernier livre des images aux tons assez froids. À l’inverse, les images du mode Cliché Nocturnes sont plus flatteuses, avec des couleurs plus chaudes et des contrastes plus forcés (et parfois un peu artificiels)
Avec l’ultra grand-angle, les choses se compliquent. En effet, le capteur de l’ultra grand-angle est plus petit que celui de l’objectif principal. De même, l’optique est beaucoup moins lumineuse (f/2,2 vs 1,4). Lors de la visée, les images paraissent beaucoup plus sombres avec l’UGA qu’avec l’objectif principal, malgré un temps de pose parfois assez long (1/8) et des ISO à crever le plafond (25600 ISO). Toutefois, le post-traitement automatique corrige l’exposition et permet d’avoir des images suffisamment claires.
La petite taille du capteur est aussi déterminante sur la restitution des détails. Et de ce point de vue, cet UGA nous déçoit. Le niveau de détails est en net retrait. Dans certains cas, les coins de l’image ressemblent davantage à une peinture qu’à une photo ! Heureusement, les images restent esthétiquement assez belles, avec un post-traitement automatique agréable à l’œil.
Aussi, il peut être tentant de recourir au mode Cliché Nocturne avec l’ultra grand-angle. Ce dernier livre des images… surprenantes. D’un côté, l’exposition est réussie, la fusion d’un grand nombre d’images permettant de récupérer une quantité de lumière impressionnante. D’un autre côté, le rendu des couleurs et des contrastes manque franchement de subtilité. De même, les algorithmes de prise de vue ne parviennent pas à procurer une meilleure sensation de netteté. 
Enfin, les images livrées par le téléobjectif 90 mm sont correctes. Malgré la très petite taille du capteur et la faible luminosité de l’objectif, l’appareil parvient à livrer des images assez propres. Le niveau de détails est acceptable – à condition que le sujet soit suffisamment éclairé, et de ne pas trop agrandir nos images. Cependant, même en mode Normal, le combo petit capteur + objectif peu lumineux entraîne un temps de pose assez long. De fait, le nombre d’images floues peut vite monter
Avec le mode Cliché Nocturne, les résultats sont très contrastés. Si le sujet est correctement éclairé, les images peuvent être assez réussies, avec un niveau de détails assez satisfaisant (comme en mode Normal, finalement). 
En revanche, si la scène est peu éclairée, les photos sont médiocres. L’appareil livre des images très lumineuses, aux couleurs très saturées. L’ennui, c’est que la qualité d’image est assez désastreuse. Les détails sont totalement brouillés, les sources lumineuses « bavent » dans tous les sens. Pour compenser, l’appareil pousse à fond les micro-contrastes. Il en résulte des images esthétiquement très discutables, et indiques d’un smartphone de 2022.
L’objectif 24 mm à ouverture variable f/1,4-4 est l’un des principaux atouts différenciateurs de ce modèle. Pourtant, nous étions assez sceptiques en débutant ce test quant à l’efficacité de ce mécanisme sur un smartphone, dont le capteur est considérablement plus petit (ici, 8,19 mm x 6,14 mm) que sur un « vrai » appareil photo. 
Au sein de l’interface de l’appareil photo, l’ouverture réglable est disponible en mode Ouverture – mais avec 4 « étapes » (f/1,4, f/2, f/2,8 et f/4). Notez d’ailleurs que Huawei fait cohabiter le mode « Ouverture virtuelle » (avec un flou d’arrière-plan artificiel, basé sur les algorithmes de l’appareil) et le mode « Ouverture physique ». Un point qui pourrait perturber certains utilisateurs néophytes. 
Pour exploiter pleinement le mécanisme d’ouverture physique, il faut aller dans le mode Pro, où l’on dispose réellement d’une ouverture glissante, allant de f/1,4 à f/4. Notez cependant que le rendu d’image est le même, que vous utilisiez le mode Ouverture physique ou le réglage de l’ouverture en mode Pro. 
Selon Huawei, ce mécanisme doit être idéal pour jouer avec la profondeur de champ. L’ennui, c’est que la focale 24 mm n’est pas celle qui s’y prête le mieux. Toutefois, en s’approchant très près d’un objet, la différence de rendu est bien réelle entre f/1,4 et f/4. 
À f/1,4, l’objectif permet également d’obtenir de très jolies bulles de bokeh – et sans recourir à un effet artificiel à base d’algorithmes. L’appareil propose aussi 2 niveaux de zoom numérique (x2 et x3) en mode Ouverture. Sans réelle surprise, la qualité d’image est légèrement dégradée, mais les images restent agréables à l’œil. Dans le détail, on pourrait critiquer l’effet d’onion ring, mais le rendu est esthétiquement réussi
Enfin, ce mécanisme d’ouverture variable permet au Huawei Mate 50 Pro d’être le premier smartphone… à offrir un véritable effet starburst. Absentes à f/1,4, de jolies étoiles à 6 branches font leur apparition à f/2, et deviennent plus présentes à f/2,8 et à f/4.
Certes, fermer le diaphragme à f/4 implique une forte dose de lissage sur nos images nocturnes afin de pallier la montée en ISO (et donc du bruit numérique). L’ouverture à f/2,8 offre donc un assez bon compromis entre starburst et lissage. Dans tous les cas, cet effet starburst – inédit sur un smartphone – permet de donner une vraie personnalité à nos images.
Fidèle à ses bonnes habitudes, Huawei propose un mode Pro assez complet. Pertinent, il permet de reprendre la main sur les différents paramètres de prise de vue. Comme indiqué ci-dessus, il permet de régler avec finesse l’ouverture physique de l’objectif principal. Cependant, il ne dispose pas d’un mode de rappel des réglages précédents (comme bon nombre de ses concurrents, il est vrai). 
L’appareil permet de capturer des images en RAW (avec une copie en JPEG). Dans la majorité des cas, les images sont pleinement exploitables. Toutefois, le bruit numérique est très présent, même à moins de 200 ISO.
Néanmoins, sur certaines images, un bug étrange affecte la colorimétrie des fichiers RAW, les images prenant une étrange teinte rose très difficile à corriger.
Par ailleurs, le bug affectant les données EXIFs est toujours présent. Ainsi, seuls les fichiers DNG possèdent des EXIFs lisibles par Lightroom, les JPEG en étant dépourvus. Un bug assez gênant pour celles et ceux qui voudront organiser leurs photos.
Pour autant, l’utilisation du mode Pro peut être très judicieuse pour capturer des images sortant de l’ordinaire. En fermant le diaphragme et en allongeant le temps de pose, on peut créer un effet de filé très original. Néanmoins, on déplore quelques soucis (aléatoires) de réactivité, l’appareil ne capturant pas la photo.
Puisque l’utilisation du mode Pro désactive les algorithmes d’optimisation de l’image, les faiblesses des capteurs du smartphone sont d’autant plus marquées. Les photos présentant une forte dynamique sont difficilement exploitables. Dans ce cas, les noirs sont bouchés, les blancs sont cramés, avec une latitude de retouche extrêmement réduite. 
Last but not least, en vidéo, le Huawei adopte un comportement… surprenant. Oui, il est possible de filmer en 4K à 60 fps… mais uniquement avec le grand-angle – et sans la stabilisation ! En activant la stabilisation, l’appareil bascule automatiquement vers l’ultra grand-angle… et livre des images en Full HD à 60 fps. Un point difficile à justifier sur un smartphone aussi haut de gamme.
De surcroît, le terminal ne filme pas avec le téléobjectif, mais utilise le capteur principal (avec un crop très violent dans l’image). En clair, le Mate 50 Pro souffre de plusieurs lacunes difficiles à ignorer, surtout à ce tarif. 
Résolument premium, le Huawai Mate 50 Pro intègre une puce Snapdragon 8+ Gen 1 et 8 Go de mémoire vive. Au quotidien, le smartphone s’avère particulièrement fluide. Aucun ralentissement n’est à signaler ; cependant, nous avons rencontré quelques petits bugs, notamment en changeant d’objectif au sein de l’interface photo. Un phénomène marginal, heureusement, et qui devrait être corrigé rapidement par Huawei. 
Sur la version internationale, le terminal n’est pas animé par Harmony OS, mais bien par Android 12 muni de la surcouche EMUI (ici en version 13.0). L’interface est facile à prendre en main. Elle regorge aussi d’options de personnalisation. Les utilisateurs d’un Samsung (ou d’un ancien modèle Huawei) devraient vite retrouver leurs marques. 
Le point le plus perturbant vient de l’absence des services de Google, conséquence directe de l’embargo américain. La barre de recherche Google est remplacée par celle de Petal Search, Google Maps par Petal Maps, etc. Le smartphone intègre également bon nombre d’applis préinstallées (pas toujours très utiles d’ailleurs). 
La boutique Google Play étant absente, Huawei propose l’AppGallery. On y retrouver certaines applications bien connues : Snapchat, Booking, Leboncoin, Tinder, Telegram et bien d’autres. Néanmoins, beaucoup d’applis brillent par leur absence : Twitter, Instagram, Messenger, etc. 
Étrangement, on retrouve certaines applications de Google sous la forme de « Quick App ». Mais bien souvent, il s’agit simplement du site web de l’appli, « encapsulé » au sein d’une vraie-fausse application. C’est le cas pour Youtube, Gmail ou Google.
Dans de nombreux cas, l’AppGallery renvoie donc vers des boutiques « officieuses » comme APK Pure (qui est truffée de publicités). Vous pouvez ainsi télécharger le package de vos applications préférées – bien que les dernières versions ne soient pas toujours disponibles. Avant l’installation, le smartphone lance une analyse antivirus. Cela étant, la méthode est questionnable et montre vite ses limites.
En effet, de nombreuses applications reposent entièrement sur les Google Play Services. Puisque ces derniers ne sont pas installés, les applications ne fonctionnent donc pas. Impossible d’utiliser l’application Google officielle, puisque cette dernière plante au démarrage. Idem pour Citymapper, vu que les cartes ne s’affichent pas. Dernière incongruité (et non des moindres), certaines applications affichent des informations en chinois.
Comme pour le P50 Pro, l’expérience logicielle est singulièrement limitée par l’absence des services de Google. Ceci peut d’ailleurs nous interroger sur notre dépendance vis-à-vis de ces derniers…
On se consolera avec la partie gaming du smartphone. De ce point de vue, le Huawei Mate 50 Pro livre une prestation de haute volée. Même avec des jeux très gourmands comme Asphalt 9 (disponible officiellement via l’AppGallery) tournent avec une grande fluidité. Et ce, même lorsque les graphismes sont poussés au maximum. De même, la chauffe est très modérée.
Devant d’aussi bons résultats, on aimerait pouvoir se servir encore davantage du terminal comme console de jeu. Hélas, là encore, le catalogue proposé par Huawei reste assez léger. 
Le Huawei Mate 50 Pro intègre une batterie de 4700 mAh. C’est plus que le P50 Pro, mais moins que la plupart des concurrents. Les efforts apportés par le constructeur chinois portent-ils leurs fruits ? Oui… et non. D’un côté, le terminal est capable de durer une journée et demi, même avec pas mal de photos et un peu de jeu vidéo. 
Cependant, le rafraîchissement minimum à 60 Hz ou le mode Always On ont un certain impact sur la batterie. Et de ce point de vue, le terminal reste en deçà de la concurrence – le Google Pixel 7 Pro notamment. Bien sûr, on peut réduire la consommation d’énergie en désactivant différentes options. Mais sur un terminal aussi haut de gamme, ceci est légèrement absurde.
Comme son aîné le P50 Pro, le terminal embarque la charge rapide (filaire) 66W, qui permet de raviver prestement la batterie. Comptez environ 40 min pour recharger totalement le smartphone. Une performance plus qu’honorable. 
Assurément, le Huawei Mate 50 Pro nous laisse un sentiment contrasté. Le smartphone offre une excellente prestation sur bien des plans : excellentes finitions, superbe écran, excellent niveau de performances
Côté photo, les différents capteurs du Mate 50 Pro soufflent le chaud et le froid. Le téléobjectif est hélas assez médiocre, l’ultra grand-angle est perfectible. Mais le capteur principal frôle l’excellence, avec un très bon niveau de détails et une restitution globale de la scène de haute volée. 
Malgré la fin de son partenariat avec Leica et les difficultés liées à l’embargo américaine, le constructeur chinois continue d’innover en photo. Preuve en est avec ce mécanisme d’ouverture variable inédit. S’il ne révolutionne pas totalement la photographie mobile, il ouvre des perspectives très intéressantes. À f/1,4, le bokeh est très esthétique ; à f/4, l’effet starburst est inédit sur un smartphone.
Reste que l’absence des services de Google est toujours aussi pénalisante. Et ce, malgré les efforts de Huawei pour garnir son AppGallery. Le recours aux stores « officieux » permet (dans certains cas) de contourner ce souci, mais pose quelques soucis de sécurité. De même, l’absence de 5G fait tache sur un terminaux au-dessus des 1000 €.
Au final, ce smartphone résolument premium signé Huawei s’avère pertinent sur bien des points – et perfectible sur d’autres. Dans tous les cas, le Mate 50 Pro prouve que le constructeur chinois reste dans la course. Ce faisant, la marque conserve un pied sur le marché (ô combien concurrentiel) des smartphones haut de gamme. Et prépare aussi un avenir (pour l’heure hypothétique) où l’embargo américain sera assoupli.
Le Huawei Mate 50 Pro est disponible au tarif de 1199 €. À noter que la marque propose une remise de 200 € pour les utilisateurs d’un ancien terminal Huawei.
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