Simon Frisch : La musique autour des funérailles d'Anne de Bretagne – France Musique

Doctorant en cinquième année à Julliard à New York, Simon Frisch s’intéresse à la musique autour des funérailles d’Anne de Bretagne, sous la direction du compositeur Robert Beaser.
Simon Frisch est un compositeur américain, doctorant en cinquième année à Juilliard à New York en composition sous la direction du compositeur Robert Beaser, tout en incluant dans sa thèse un mémoire de recherche sous la direction de Thomas Kelly sur la musique autour des funérailles d’Anne de Bretagne, reine de France, décédée en 1514. Il était à Paris cette année grâce à une bourse Fulbright en tant que compositeur et chercheur dans le but de se rapprocher de la pratique et de l’histoire de la musique française du début XVIe, qu’il a étudié avec Isabelle Ragnard et Raphaël Picazos au CNSM de Paris.
“Du début du XVIe, nous ne connaissons qu’une douzaine d’œuvres musicales commémoratives, aussi appelées déplorations. Trois d’entre elles ont été écrites pour Anne de Bretagne, deux fois reine de France, décédée en 1514 après avoir été épouse de Charles VIII et Louis XII.
Aussi impressionnant cela soit-il, ses funérailles ont duré presque 40 jours. Mais bien que nous possédions énormément de détails sur la procession, nous n’avons aucun témoignage d’où, quand, ou par qui les déplorations sur la mort d’Anne ont été chantées. J’ai cherché ainsi à mettre en lien cette musique avec le monde sonore et les émotions décrits dans les poèmes, images, et histoires autour de l’évènement. Comprendre l’écriture musicale et le choix du texte nous donne une idée sur ce que le compositeur a voulu nous faire ressentir, ou revivre. À l’époque, dans l’art commémoratif, on remarque une contradiction dans la façon considérée comme “correcte” de rendre hommage à une personne décédé : pour déplorer quelqu’un d’importance, il faudrait exprimer à la fois suffisamment d’émotion humaine, à haute voix, mais en même temps, réussir à trouver une forme de prière collective presque muette afin d’assurer l’accès au paradis pour l’âme du défunt. Un compositeur de l’époque était donc obligé de faire avec ces contraintes, ce qui nous donne aujourd’hui les clés pour analyser ces déplorations.
Alors – pourquoi faire le choix de sortir des conventions. Il faut savoir que le roi Louis XII, désormais veuf, ne pouvait pas, selon les coutumes de l’époque, assister aux funérailles de sa femme. Il y avait le risque qu’il soit perçu publiquement comme instable ou émotionnel. Mais la représentation du roi de France était construite dans l’image de David, leur ancêtre mythique et lui-même musicien. La voix de David dans ce texte Latin, exceptionnellement choisi, aurait été reconnu par ses lecteurs comme la voix personnelle du roi. Dans les sources artistiques des funérailles que nous possédons, c’est le seul exemple dans sa propre voix de sa douleur sur la mort d’Anne. Elle reste pourtant cachée derrière le bruit du peuple tenu par les autres chanteurs en français.
Le compositeur Pierre Moulu se sert de ces lamentations publiques non pas pour y insérer une prière, mais pour y rajouter le roi lui-même, présent alors malgré tout symboliquement, | une voix, qui, grâce à cette musique, nous reste jusqu’à aujourd’hui.”
Programmation musicale
Dulcis Harmonia, Josep Benet (Ténor), Francesco Guillem (Ténor), Joaquim Proubasta (Basse (voix)), Jordi Savall, Non Identifié
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