Reconversion : les Français veulent-ils vraiment changer de vie ? Notre sondage exclusif – Capital.fr

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Les habitués du métro parisien sont une cible de choix. « Envie de changer ? » questionne cette publicité placardée dans les rames. Cette fois c’est le site d’Indre-emploi qui promet « plus qu’un emploi, un projet de vie », à deux heures de la capitale, dans le Berry. Notre sondage exclusif réalisé par YouGov début mai confirme cette aspiration croissante à partir s’installer au vert. L’expérience des confinements a donné la bougeotte aux citadins.
Elle a aussi bousculé les priorités, cristallisant un désir plus profond de bien-être. On rêve de nature mais aussi d’épanouissement personnel, y compris au boulot. Pour un tiers des Français, note YouGov, changer de vie, c’est changer de job. Nous souhaitons avant tout prendre du plaisir au travail, comme l’indique une récente enquête de l’Apec conduite auprès des cadres. Ils sont 55% à exprimer ce vœu.
En quête de sens, les jeunes n’hésitent plus à se reconvertir. Comme Nathan, 29 ans, ingénieur de formation. A sa sortie d’école, il avait intégré une entreprise de services numériques dans l’aéronautique à Toulouse. « Trop de tâches répétitives, trop de souffrance au travail parmi mes collègues », déplore-t-il. Et surtout, aucun rapport avec sa personnalité sensible aux questions climatiques ! Nathan a repris des études au Cnam, où il a décroché un master en sciences humaines et sociales.
Il travaille aujourd’hui pour une association, l’Observatoire des formations citoyennes, où son job consiste à former les ingénieurs en herbe aux enjeux sociaux et environnementaux. Nathan se sent utile. Si les jeunes ont soif de reconversion c’est aussi parce qu’ils baignent dans un climat d’incertitude.« Ils savent déjà qu’ils changeront plusieurs fois de métier dans leur vie, souligne le coach Arnaud Collery, auteur de Réinventer sa vie (Ideo). Ce qui prime pour eux c’est de vivre des expériences. »
Mais changer de vie implique de s’en donner les moyens. Cela commence par prendre le temps de s’écouter, puis d’oser exprimer ses envies. Un quart des sondés ne savent pas à quelle première étape ils s’attelleraient pour changer de vie, signe qu’ils n’ont pas assez réfléchi à ce qu’il fallait changer avant de se demander comment. « La majorité des personnes qui passent à l’acte attendent d’avoir atteint un point critique, comme un mal-être au travail ou dans leur mode de vie », observe Cécile Pichon, experte du Lab de Welcome to the Jungle, qui explore les nouvelles façons de travailler.
Une introspection régulière rendrait les changements plus progressifs, donc moins effrayants. Car nous ressentons tous de l’appréhension face au changement. YouGov relève trois principaux freins : l’argent, bien sûr, mais aussi l’âge et l’entourage. Notre sondage souligne aussi un fort besoin de sécurité : 50% des Français placent la préoccupation de subvenir à leurs besoins comme premier objectif de carrière. « Comme si le changement était associé à une perte, analyse Laurent Polet, cofondateur de Primaveras, cabinet spécialisé dans la reconversion. Or se transformer n’est pas forcément une rupture : c’est d’abord être davantage en accord avec soi-même. » Encourageant.
C’est une aspiration récurrente : une large majorité d’entre nous s’imagine un autre destin. Les femmes (80%) davantage que les hommes (71%), et les 35-44 ans (85%) plus que les autres. « A cet âge, où l’on cumule plusieurs années d’expérience, c’est normal d’avoir fait le tour de ses missions et de s’interroger sur la suite de sa carrière », explique Cécile Pichon, l’une des expertes du Lab de Welcome to the Jungle. N’empêche, changer de vie nous taraude de plus en plus. Nous sommes 57% à y avoir pensé ces six derniers mois.
« Cette accélération est le fruit d’une détérioration des conditions de travail et d’un contexte géopolitique et climatique anxiogène », constate Laurent Polet, expert en reconversion. Mais quand il s’agit de passer à l’acte, l’indécision prime : 59% des sondés ne savent pas s’ils amorceront un changement de cap dans les prochains mois.
« La question est sans doute trop vaste », nuance Julie Vignaud, coach et formatrice chez SomanyWays qui conseille de s’interroger précisément sur ce dont on a envie à l’instant T, de changer, mais aussi de garder. Les plus résolus ? Les jeunes. « Il y a une profonde remise en question et un vrai processus de rupture chez les 25-34 ans », observe à l’Apec, Florence Sequalino, consultante en développement professionnel. Eux aspirent carrément à se réinventer.
Changer de vie, oui, mais pour se reposer un peu ! Travailler moins séduit près d’un Français sur cinq (18%) et davantage les catégories sociales les moins favorisées (23%). Sans doute un reflet de la dégradation des conditions de travail parmi les « jobs de première ligne ». Mais aussi de la charge professionnelle en entreprise : « Ce courant ne doit pas être négligé par les employeurs, s’ils veulent maintenir la motivation de leurs salariés », avertit Julie Vignaud. Bienvenue dans l’ère du « détravail » !
La crise sanitaire a accru l’envie de tout remettre à plat. En particulier chez les jeunes (55% des 25-34 ans), chez les citadins (51%) et parmi les CSP+ (49%). Pour ces salariés qui ont vécu la montée en puissance du télétravail, les confinements se sont prêtés à une telle introspection. «Les cadres ont pu constater qu’ils étaient plus efficaces à distance», pointe Claude Calmon, fondateur de Calmon Partners. Lui-même en a tiré les leçons. Dans son jeune cabinet parisien spécialisé en RH et recrutement, les collaborateurs ne sont pas contraints de venir au bureau. Y compris son directeur général, installé à Angers, qui est présent sur site deux jours par semaine en moyenne.
Pourtant, une courte majorité (54% des sondés) estime que le Covid n’est pas le facteur déclencheur de leur soif de changement. Il faut remonter plus loin encore : « Dès la crise des Gilets jaunes, alors que les moyens de transport, notamment en région parisienne, étaient bloqués, on a commencé à expérimenter le télétravail et à imaginer d’autres façons, plus autonomes, de s’organiser », rappelle Cécile Pichon, chez Welcome to the Jungle. Et « avant même la grande démission, on constatait ces dernières années un phénomène de désengagement massif des salariés », ajoute Gilles Negrel, directeur des ventes de Medallia France, plateforme spécialisée dans la gestion de l’expérience clients et employés. La quête de sens couvait bien avant la pandémie. Tout comme les questions de la charge de travail et de l’équilibre vie privée/vie professionnelle.
Changer de vie, pour les sondés, évoque d’abord un changement d’environnement, avec une forte envie de nature, en particulier chez les habitants de la région parisienne (52%). Selon le dernier baromètre de la mobilité HelloWork (décembre 2021), plus de 50% des Franciliens s’intéressent à un emploi hors de l’Ile-de-France. L’exiguïté des logements durant les confinements leur a servi de détonateur. Mais cette envie de mobilité contamine toute la société : selon cette même enquête, l’envie de déménager démange 4 Français sur 10, avec une prédilection pour les régions Auvergne, Rhône-Alpes et Pays de la Loire. Et 8 sur 10 se déclarent prêts à télétravailler pour une entreprise, même très éloignée.
« Il y a deux ans, cette proportion était très faible », souligne Jérémy Plasseraud, directeur de l’edtech d’HelloWork. « Vivre au vert rejoint l’aspiration au bien-être et la sensibilité écologique qui traversent toutes les couches de la société », analyse Cécile Pichon. Les étudiants, qui ne sont que 29% à caresser un tel rêve, plébiscitent davantage l’idée de créer leur propre boîte. « Les désillusions sur la sécurité de l’emploi salarié ont relativisé le risque de précarité de l’aventure entrepreneuriale », décode l’experte de Welcome to the Jungle.
En rupture avec une carrière toute tracée, certains jeunes diplômés basculent même dans l’artisanat, devenant ébéniste, charpentier ou boulanger à leur compte. « Des métiers concrets où l’on renoue avec le plaisir de faire », note Valérie Rocoplan, dirigeante du cabinet d’executive coach Talentis.
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Ce qui nous retient de tout envoyer balader ? L’aspect financier, répondent 47% des sondés et même 58% des 35-40 ans, en pleine construction de patrimoine. « Paradoxalement, les Français expriment un fort besoin de sécurité alors que notre pays est celui où existent le plus d’amortisseurs », observe Laurent Polet, de Primaveras. On peut, par exemple, créer sa boîte tout en touchant le chômage. Nous nous montrons aussi raisonnables : la première étape vers un changement de vie consisterait à établir un budget (36%). « Une bonne idée, si c’est une façon de se persuader de la faisabilité de son projet », positive Cécile Pichon.
La coach Julie Vignaud recommande, elle, de démarrer par un bilan de compétences (envisagé par seulement 15% d’entre nous, juste derrière la formation,16%). « Définir ses priorités permet d’accepter une baisse de niveau de vie. » Les autres freins, tels que l’âge (36%) ou l’entourage (25%), « illustrent nos résistances nationales », souligne Laurent Polet. La mentalité française nous « séniorise » de plus en plus tôt et nos proches sont souvent enclins à nous dissuader de faire le grand saut. « Aux Etats-Unis, c’est l’inverse : tout le monde t’encourage, apprécie le coach Arnaud Collery. C’est important de se créer un écosystème positif. »
Loin derrière la préoccupation de subvenir à ses besoins (50%), un tiers seulement des Français s’autorisent des objectifs professionnels en lien avec leurs aspirations personnelles. Qu’il s’agisse de vivre de sa passion (75% des étudiants, 60% des 18-24 ans, 37% des CSP+) ou de se rendre utile (45% des étudiants, 38% des diplômés de l’enseignement supérieur, 38% des CSP+), cette envie concerne une élite de jeunes et d’aisés.
Est-ce parce que les classes supérieures s’interrogent davantage sur le sens au travail ou parce qu’elles peuvent s’offrir le luxe d’une telle exigence ? Une chose est sûre : « La jeune génération est très engagée », affirme Cécile Pichon. Il suffit d’observer l’explosion – et le succès – des masters en économie solidaire et sociale ou en développement durable dans les grandes écoles. Les moins diplômés ont une autre priorité, celle de devenir rapidement autonomes.
Sondage exclusif pour Management réalisé par YouGov.
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