Procès de l'attentat de Nice : « Les enfants ont vu et entendu la mort » – L'Obs

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Jeudi matin, à la cour d’assises spéciale de Paris, deux pédopsychiatres de l’hôpital Lenval de Nice ont exposé les troubles post-traumatiques dont ont souffert, et souffrent encore pour certains, les nombreux enfants victimes de l’attentat.
Ne plus vouloir manger de glace au chocolat, ni de chocolat du tout d’ailleurs, car on en a mangé ce soir-là. Refuser toute activité sportive parce que courir, c’est fuir. Se figer sans crier gare, comme dénué d’émotion, au milieu d’un jeu. Ou au contraire s’agiter d’un coup sans raison apparente. Eviter tout moment de fête et de plaisir trop associé à cette soirée. Ne plus pouvoir dormir seul. Se mettre à crier et trembler au moment de quitter son père ou sa mère, le matin devant l’école, pris d’une peur panique de ne jamais les revoir. Ne plus vouloir toucher le moindre jouet représentant un camion, une voiture de police ou un hélicoptère. Des symptômes parmi tant d’autres… Jeudi 15 septembre au matin, à la barre de la cour d’assises spéciale de Paris où se tient le procès de l’attentat terroriste du 14 juillet 2016 à Nice, juste avant la diffusion des effroyables images du massacre, les pédopsychiatres Florence Askenazy et Michèle Battista ont détaillé ses conséquences sur les enfants. Elles ont ainsi donné voix à ces victimes invisibles pourtant si nombreuses.
Quand, il y a six ans, au volant de son camion blanc, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a tué 86 personnes, c’était la première fois, en France, qu’une action terroriste touchait autant d’enfants. Quinze sont morts. Des centaines d’autres ont subi un choc traumatique plus ou moins important, chez certains toujours présent.
« Le 14 juillet, pour ces enfants, tout s’effondre dans un contexte de fête, déclare à la barre la psychiatre pour enfants et adolescents Michèle Battista. Il est impensable pour un enfant d’alterner en si peu de temps [entre] la joie et le visage effrayé de ses parents. »
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Celle qui travaille dans le service du professeur Askenazy à l’hôpital Lenval de Nice, à 200 mètres seulement du lieu de l’attaque sur la promenade des Anglais, regarde à peine ses notes.
« Les enfants ont entendu et vu la mort et les blessures, lance-t-elle face à la cour. Ils ont découvert le confinement pendant des heures sans savoir s’ils allaient s’en sortir. Certains ont été séparés de leurs parents. Ils se sont trouvés isolés, sans défense, perdus pour certains – dont des nourrissons – parmi les blessés. Certains ne parlaient pas français. Certains ont senti le cœur de leurs parents battre de façon effroyable. Certains ont été éjectés de lieux de sécurité comme les bras de leurs parents ou leur poussette. Certains ont été incontinents et pris de vomissements à l’instant T. De retour à la maison, beaucoup sont restés collés aux médias en oubliant toute notion du temps. »
Michèle Battista rappelle que la prise en considération de la douleur psychique chez l’enfant ne date que des années 1990. Et précise que chez l’enfant, « le trouble aigu s’exprime très souvent à bas bruit ». Par d’infimes éléments comme un sursaut ou une agitation, par exemple, lors d’un bruit pouvant faire penser au passage d’un camion.
Après l’attentat de Nice, Michèle Battista a rencontré plus de 700 patients. Ses équipes ont réalisé plus de 7 000 consultations. La majorité des enfants souffrent ou ont souffert de troubles du stress post-traumatique (TSPT). Des troubles qui peuvent intervenir immédiatement après l’évènement comme un mois plus tard voire bien après. Et qui sont plus ou moins évidents à déceler en fonction de l’âge de l’enfant. La pédopsychiatre explique :
Par des maladies comme l’asthme ou le diabète, l’omniprésence de douleurs, ou une régression, l’incontinence par exemple. Aucune tranche d’âge n’est épargnée. « Tous les enfants de 0 à 18 ans peuvent souffrir de troubles du stress post-traumatique », explique à son tour la professeure Florence Askenazy. Ils peuvent s’accompagner de troubles anxieux voire de troubles dépressifs majeurs, de troubles du sommeil, ou se manifester par de l’agitation et des phobies spécifiques :
« Quand elles sont envahies par les reviviscences, c’est vraiment difficile pour les mamans présentes ce soir-là avec leurs bébés », témoigne encore Florence Askenazy. Une autre particularité de l’attentat de Nice est « la forte corrélation entre l’état des parents et l’état des enfants ». De très nombreuses familles ont été impactées par l’attentat, et il n’est pas facile pour un parent, souligne-t-elle, d’accepter que son enfant aille mal. Ni pour un enfant d’exprimer sa souffrance.
Les bras croisés sur la poitrine, Michèle Battista imite aussi le geste de parents, en consultation, serrant si fort leurs petits que ceux-ci n’étaient plus libres d’aller et venir :
Florence Askenazy insiste sur le sentiment de culpabilité injustifié ressenti par les parents. « Pourquoi ai-je amené mon enfant là, ce soir-là ? », a-t-elle souvent entendu.
Quelques mois après l’attentat, en janvier 2017, un centre d’évaluation du psychotraumatisme pédiatrique a été créé par la Fondation Lenval. De nouveaux patients se manifestent à chaque date anniversaire ou lors d’autres événements traumatiques comme les inondations dans l’arrière-pays niçois ou l’attentat de la basilique Notre-Dame de Nice en octobre 2020. Ces derniers jours aussi, à l’ouverture du procès à Paris. « Depuis un mois, un mois et demi, nous avons beaucoup de demandes pour des rechutes », confie Florence Askenazy. Avec des recrudescences de tentatives de suicide et de troubles alimentaires chez les adolescents. Plus de 150 enfants sont toujours suivis.
Tout en rappelant l’efficacité d’une prise en charge adéquate et précoce, Michèle Battista dresse un bilan :
La pédopsychiatre exprime l’espoir de voir ces enfants devenir des adultes « marqués par un attentat dans leur enfance », et non « des victimes à vie ». Quant aux plus jeunes qui lui ont posé tant de questions sur le camion, elle leur a répété les mêmes phrases :
L'éternel "plus jamais ça" tandis que notre état rapatrie à tour de bras des gens à l'idéologie délétère, coupables de haute trahison, bientôt remis dans la nature sans suivi. On a toujours de l'indulgence pour ceux qui sont présentés comme suiveurs (épouse de djiadiste par exemple) en pensant à tort qu'ils ne seront pas dangereux. Que vaut la "parole" de ces gens là?
Aucun de tous ceux qui sont en train de comparaitre devant """ notre justice""" ne devrait etre encore de ce monde !

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https://seo-consult.fr/page/communiquer-en-exprimant-ses-besoins-et-en-controlant-ses-emotions

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