Powell on ? Powell off ! – Zonebourse.com

J’ai sincèrement essayé d’écrire un truc à peu près d’aplomb sans mentionner le terme “banque centrale” ce matin, mais je dois me rendre à l’évidence : c’est un lamentable échec. Dites-vous que vous avez quand même échappé à des titres comme “Powell : c’est pas la Fed du slip” ou “Fed Up” (ras-le-bol en anglais).

Pour simplifier l’histoire, je vais, si vous me le permettez, utiliser des lapins, parce que c’est plus mignon. Ainsi donc l’assemblée des lapins espérait que le grand chef lapin allait sortir hier soir de son chapeau (dans ce monde, les lapins ne sortent pas des chapeaux, ils en font sortir des choses) un commentaire qui ferait rebondir la Bourse de la Garenne. Mais le grand chef lapin leur a expliqué que non, ce n’était pas encore le moment parce que le prix des carottes n’est pas encore stabilisé. Pire, il leur a même dit qu’il faudra sans doute accepter de souffrir un peu plus longtemps que ce qu’ils prévoyaient. L’assemblée des lapins a été fort déçue d’apprendre qu’elle devra continuer à manger du trèfle par la racine et la Bourse de la Garenne a continué à baisser.
Sans les lapins et en condensé, ça donne à peu près ça : la Fed a relevé sans surprise ses taux de 75 points de base mais Jerome Powell s’est montré un peu plus pessimiste que prévu sur les efforts à fournir même s’il pense que la politique monétaire restrictive n’entraînera pas de récession aux Etats-Unis. Conséquences ? D’abord, le dollar a continué à écrabouiller les autres devises. Ensuite, le curseur du niveau de taux plafond anticipé en haut de cycle est passé de 4,5 à 4,6% (contre une fourchette 3 à 3,25% actuellement en tenant compte de la hausse d’hier). Enfin, le rendement de la dette américaine a 10 ans a peu varié en restant autour de 3,54%, mais celui de la dette a 2 ans est monté en flèche à 4,11%. Traduction ? La Fed sait qu’elle doit davantage assécher les liquidités pour faire revenir l’évolution des prix dans une limite acceptable. Et les marchés actions n’aiment pas trop ça parce que cela repousse dans le temps le moment où la politique monétaire leur sera à nouveau plus favorable.
En conséquence, Wall Street a encore perdu du terrain hier, avec des baisses de 1,7% pour le Dow Jones et le S&P500 et de 1,8% pour le Nasdaq. En Europe, les indices les plus cycliques comme le CAC40 français et le DAX allemand avaient progressé hier en clôture, à l’inverse de ceux plus défensifs comme le SMI suisse. On ne peut pas dire que la Fed a beaucoup fait évoluer son discours, mais les investisseurs n’ont pas bénéficié de la branche à laquelle ils espéraient se raccrocher.
Changement de décor pour un focus sur TotalEnergies, l’une des trois seules valeurs du CAC40 français à afficher un parcours positif en 2022 (avec Thales et Orange). Le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a indiqué hier que le mécanisme de taxation des bénéfices exceptionnels des énergéticiens en cours de réflexion en Europe coûtera à son groupe plus d’1 milliard d’euros, ou du moins l’empêchera de les encaisser. En parallèle, la ristourne accordée par TotalEnergies aux automobilistes français sur les prix à la pompe a généré un manque à gagner de 171 M€ depuis son entrée en vigueur le 1er septembre (TotalEnergies abaisse de 0,20 EUR le prix du litre de carburant dans ses stations). Mais intéressons-nous au milliard d’euros évoqué précédemment. Je me suis amusé à chercher ce qui correspond à 1 milliard d’euros actuellement dans le monde. Voilà quelques équivalents :
Si l’on revient sur les places boursières au petit-matin à l’heure européenne, les marchés asiatiques évoluent tous dans le rouge en fin de parcours. Les replis sont supérieurs à 1% en Australie, en Corée et à Hong Kong, et plus mesurés en Inde et au Japon. Le Japon où la banque centrale reste à contrecourant des autres puisqu’elle a maintenu ses taux au plancher. Il faut dire qu’après avoir tenté vainement de créer de l’inflation pendant des années, la hausse des prix est enfin arrivée sous la forme d’une progression annuelle de 3%, certes supérieure à l’objectif de 2% mais encore nettement en-deçà de ce qui est visible ailleurs dans le monde. La Banque d’Angleterre, qui a des problèmes bien plus épineux à résoudre, sera elle sur le pont à la mi-journée. En Europe, l’ouverture des marchés actions sera baissière, d’autant plus sur les marchés qui étaient en gros décalage par rapport à la clôture de Wall Street. Le CAC40 perdait 1,6% à 5933 points à l’ouverture. 
Les temps forts économiques du jour
Pas mal de banques centrales aujourd’hui encore : Banque du Japon, puis Banque nationale suisse (9h30) et Banque d’Angleterre (13h00). Tout l’agenda macro ici. La Banque du Japon reste à contrecourant de ses homologues en restant utra-accommodante, avec des taux au plancher.
L’euro recule à 0,982 USD. L’once d’or baisse sous 1660 USD. Le pétrole se reprend légèrement après sa décrue, avec un Brent de Mer du Nord à 90,22 USD le baril et un brut léger américain WTI à 83,29 USD. Le rendement de la dette américaine à 10 ans varie peu à 3,55% et celui à 2 ans accélère à 4,11%. Le bitcoin évolue autour de 18 700 USD.
Les principaux changements de recommandations
En France
Annonces importantes (et moins importantes)
Dans le monde
Annonces importantes (et moins importantes)
Lectures

source
http://fragua.org/comment-acheter-ou-vendre-une-piece-de-2-euros

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