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Petite histoire de l'art botanique #Art et Botanique – Tela Botanica

L’art, la plupart du temps, se définie comme un ensemble d’œuvres destinées à toucher les sens et les émotions d’un public. Le domaine de l’art est très étendu. Cela va de la sculpture au cinéma, la photo, le street art, l’architecture, etc…
La botanique, quant à elle, se définit comme l’étude scientifique des végétaux.
Ces deux entités semblent très éloignées l’une de l’autre, cependant, elles peuvent être conciliables à certains moments.
Un peu d’histoire botanique nous permettra peut-être, d’y voir un peu plus clair. Nous nous limiterons seulement à l’Europe et au bassin méditerranéen car l’approche artistique et la représentation des plantes est abordée de manière différente selon les cultures et les continents.
Dans l’Antiquité, les végétaux étaient surtout représentés sous forme de décors. Par exemple, lors de la découverte d’un temple dédié à Thoutmosis III, à Karnac, en Egypte, les explorateurs ont pu observer des bas-reliefs peints sur les murs. A leur grande surprise, ils y avaient dénombré un peu plus de 200 reproductions de plantes. Certaines identifiables, d’autres non, mais c’est la première trace de ce que l’on peut appeler une collection de dessins botaniques.
Par la suite, les grecs, avec le philosophe-botaniste Théophraste (-370 -288 avant notre ère), auteur de « Recherche sur les plantes »commençait à étudier de plus près les espèces végétales présentes dans leur environnement.
Les Romains n’étaient pas en reste avec Pline l’ancien (29 à 79 de notre ère) dont les écrits mentionnaient l’existence d’herbiers sous forme d’illustrations. Seules les plantes médicinales y étaient représentées. Son œuvre la plus connue est une synthèse, en latin, des écrits scientifiques grecs, dans laquelle la botanique à une place prépondérante. Cependant, le premier véritable herbier a été conçu par Pedianos Dioscoridès (40 à 90 après notre ère). Ce premier recueil botanique illustré était connu, à l’époque de sa création, sous le nom de « Materia medica » mais malheureusement, il n’existe plus de trace de l’œuvre original aujourd’hui. Il y a heureusement une copie de ce manuscrit qui est conservée à la bibliothèque nationale d’Autriche, à Vienne, sous le nom de « Codex vindobonensis ».
Pendant longtemps, les représentations des végétaux dans des herbiers se limitaient uniquement aux plantes médicinales qui pouvaient être utiles car elles permettaient de soigner les humains. Il fallait, en priorité, assurer sa propre survie car les épidémies et le manque d’hygiène raccourcissaient considérablement l’espérance de vie. Avoir une démarche artistique dans la représentation des plantes n’étaient pas d’actualité. Il faut souligner également que les peintres médiévaux ne pouvaient pas peindre autre chose que des scènes de la Bible car ils risquaient d’être condamnés par l’Inquisition qui était très puissante. Parfois, même les guérisseuses qui utilisaient les plantes pour confectionner des remèdes pour soigner les malades, pouvaient être accusées de sorcellerie et se retrouver sur un bûcher. L’époque n’était pas propice à l’art créatif.
Malgré tout, au XIIe siècle, avec l’influence de l’art byzantin, certaines représentations de végétaux étaient visuellement plus décoratives que strictement scientifiques. On commençait à penser à l’esthétisme dans les dessins des plantes médicinales. L’art pointe-t-il le bout de son nez ?
Il faudra, tout de même, attendre le XVe siècle pour qu’un traité de botanique médicinal élaboré vers l’an 800 par un jeune médecin arabe (Sérapion le jeune) soit traduit en italien et qu’à partir de ce travail, un herbier soit reproduit de façon très réaliste et artistique. L’esthétisme du dessin le montre.
Au siècle suivant, les illustrateurs d’herbiers se rendaient de façon plus régulière, dans les jardins des monastères pour reproduire les végétaux cultivés. Ils s’affranchissaient petit à petit de leur rôle de copistes. En effet, la plupart d’entre eux ne faisaient jusqu’alors, que de la copie de manuscrits anciens. Toujours l’utile avant le plaisir des yeux.
Un peu plus tard, au XVIIIe siècle, le naturaliste suédois, Carl von Linné va élaborer une nouvelle classification des espèces végétales. Il classera près de 6000 végétaux de façon binominale. Les illustrations des herbiers étaient devenues des œuvres d’art car elles alliaient aussi bien l’esthétisme que le réalisme.
Les siècles passants et la qualité de vie s’améliorant, il n’était plus nécessaire d’assurer sa survie au jour le jour, notamment pour les bourgeois qui s’étaient enrichis grâce au commerce. Ils commencèrent donc à s’intéresser à l’art et plus particulièrement à la peinture. Les peintres commençaient à pouvoir élaborer autre chose que des scènes de la Bible ou de la mythologie. Souvent, seul le pommier était représenté avec tout le symbolisme dont il était chargé. Cet arbre était présenté sur les fresques décorant les églises. On peut évoquer par exemple, le peintre italien Masolino (Tomaso dit Cristofano) qui participa à la décoration de la chapelle Brancacci à Florence entre 1425 et 1428.
L’art et les artistes étaient là. Il ne restait plus qu’à s’affranchir du carcan religieux.
Tout d’abord cela commença timidement. Cependant, certains osèrent, plus que les autres, exprimer leurs sens artistiques. On les considéra comme très excentriques par rapport aux codes édifiés par la société en ce début de renaissance italienne.
Par exemple, le peintre milanais, Guiseppe Arcimboldo (1527-1593), qui a vu certaines de ses œuvres jugées trop fantaisistes à l’époque ont été oubliées pendant des siècles. Après des débuts de peintre classique et avec le soutien financier des Habsbourg a pu donner libre cours à sa créativité artistique, à Vienne, en Autriche. Ses portraits sont composés de toutes sortes de végétaux. Les plus connus sont les tableaux qui ont pour thème les quatre saisons.

Celui du printemps, notamment, retient l’attention car il semble être le plus parlant lorsque l’on se réfère à la botanique. Le portrait de l’homme représenté sur le tableau est composé d’une multitude de végétaux. Le visage est un assemblage de fleurs dont certaines sont identifiables comme un lys blanc, des roses, des pâquerettes, une fleur de lin… Quant au buste, il se compose également de végétaux. Ce sont plutôt des légumes du potager comme le choux. Arcimboldo a-t-il recopié ses plantes dans un herbier ? A-t-il été jeter un petit coup d’œil dans la nature ? Il semblerait bien qu’il soit allé observer ce qui se trouvait à porter de son regard , vu les détails de ses peintures. Il a certainement aussi été consulté des herbiers constitués par les botanistes, la photographie n’étant pas encore née, ces illustrations ont dû être d’une grande aide pour lui.
L’art et la botanique s’entremêlèrent à partir du XVIe siècle, en peinture, dans ce que l’on appelle les écoles hollandaise et flamandes. Les échanges commerciaux favorisaient alors les découvertes des explorateurs, notamment en botanique. Ils ont permis de ramener en Europe des espèces végétales exotiques et de les acclimater lorsque cela était possible. Les commerçants étaient devenus assez aisés pour commander des tableaux à des peintres souvent désargentés. Cela a permis le développement du commerce de la peinture. Avoir des tableaux au mur était un signe de prospérité. La mode était au portrait mais certains artistes comme Jan Brugel (1568-1625) se mirent à représenter des fleurs dans des vases. Le tableau « Vase de fleurs » peint entre 1615 et 1620 en est un bon exemple. Les fleurs sont devenues le principal sujet de l’œuvre.
Ces œuvres ravissent nos sens et nous procurent des émotions mais elles ont fait grincer les dents des botanistes de l’époque car leurs verdicts étaient sans appel. Ils y ont relevé de nombreuses incohérences du point de vu scientifique. En effet, certains bouquets sont constitués de fleurs s’épanouissant à des saisons différentes donc il était impossible de les assembler dans le même vase. Les peintres floraux se documentaient régulièrement dans les herbiers constitués par les botanistes dont les planches botaniques étaient devenues des œuvres d’art. L’art et la botanique étaient enfin réunies.
La botanique reste une discipline scientifique mais qui s’est alliée à l’art par l’évolution esthétique de la représentation des herbiers constitués par les botanistes. Dans le cadre de la peinture, certains artistes aiment prendre des libertés et laisser parler leurs créativité plutôt que de respecter la rigueur toute scientifique de la botanique.
La nature et les végétaux qu’elle contient sont des œuvres d’art à part entière où l’on peut trouver de quoi satisfaire les botanistes et les artistes. Ils regardent la même chose mais de manière différente.
Ouvrages sources dont sont extraites les images :
Fleurs et Plantes, Lys de Bray, éditions Maxi-Livre, 2003
Histoire de l’art en image, Andrew Graham-Dixon, Flammarion, 2017
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