Louis Masson (U2P Auvergne-Rhône-Alpes) : « Les grandes entreprises ne sont pas aptes à nous représenter » – Essor Isère

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Louis Masson est le président de l’Union des entreprises de proximité d’Auvergne-Rhône-Alpes (U2P). L’occasion de parler des attentes et des demandes vis-à-vis des pouvoirs publics, en cette rentrée, de l’organisation patronale.
Qu’attendez-vous de la part du gouvernement et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en cette rentrée ?
Nous attendons que l’ensemble des mesures qui sont prises soient simples, lisibles et accessibles. Nos ressortissants ne sont pas des administratifs. Ils sont actifs sur le terrain. Le fait d’être contraints de rester au bureau pour remplir des formulaires, rechercher des informations, cela leur fait passer à côté de beaucoup d’aides et perturbe leur attractivité.
La réindustrialisation du territoire affichée principalement par le conseil régional est une ambition pertinente. Pour autant, cela ne doit pas faire oublier le développement de l’économie de proximité. L’un ne peut pas aller sans l’autre. C’est un pilier de la dynamique de notre territoire. Les déserts médicaux, par exemple, sont liés à l’absence d’attractivité commerciale et artisanale.
Quelle est votre position concernant les zones à faibles émissions (ZFE) ?
Beaucoup d’artisans et de grossistes ne veulent plus aller dans les centres-villes. Cela commence à devenir problématique…
Demandez-vous des dérogations ?
Au-delà des dérogations, il me semble plus important qu’il y ait une concertation plus globale. On est obligé d’aller vers ces ZFE, mais le temps de transition est trop brusque. Il faut laisser le temps aux gens de s’adapter. Aujourd’hui, c’est trop brusque. On subit ces négociations qui sont vues par des grands groupes, des décideurs politiques qui n’ont pas forcément l’ensemble de la question économique.
Vous souhaitez réunir tous les acteurs autour de la table, en somme…
Réunir tout le monde autour de la table et voir les contraintes induites pour chacun.
Quelles sont vos attentes concernant la réforme des retraites ?
La réforme est indispensable, mais on souhaite participer au débat et que nos ressortissants ne soient pas ignorés. Notamment sur la question de la durée des cotisations. Ne pas complexifier les choses avec la pénibilité. Si on allonge la durée de cotisation, la plupart des ressortissants vont jouer sur la pénibilité. Cette dernière est une notion très subjective qui varie en fonction de chaque individu. Il faut prendre en compte les cas particuliers. Des entreprises artisanales ont trimé toute une carrière et se retrouvent avec un manque de cotisations au régime général et une retraite extrêmement faible…
Vous réunissez-vous bientôt au niveau du comité Auvergne-Rhône-Alpes pour échanger sur ces points ?
Nous avons eu un conseil de région le 7 septembre. Avec les cinq organisations qui fondent l’U2P (Capeb, CGAD, CNAMS, UNAPL et CNATP) nous travaillons sur ces différents thèmes. L’artisanat, le commerce de proximité et les professions libérales doivent être au cœur des politiques publiques. Aujourd’hui, on n’a pas ce sentiment et c’est dommage. Il faut qu’on arrive à avoir une juste représentativité des entreprises. On constate une sur-représentativité des très grosses entreprises. Je n’ai rien contre elles, mais elles ne sont pas aptes à nous représenter.
A quel niveau ?
Dans toutes les instances décisionnelles. Dans la plupart des conseils d’administrations, les grandes entreprises sont majoritaires et nous sommes minoritaires. Les décisions qui sont prises ne nous correspondent pas.
Cela implique-t-il un changement au niveau du droit ?
Au niveau du droit et au niveau des négociations au niveau des ministères. Nous sommes le plus grand nombre d’entreprises et pourtant nous sommes les moins représentés. Nous sommes des entreprises artisanales. Notre cœur de métier c’est nous qui le faisons. Alors que dans les grandes entreprises, ce sont souvent des cadres qui participent aux conseils d’administration et qui sont délégués. Cela ne perturbe pas la production de leur entreprise.
Faut-il rémunérer les artisans ou commerçants qui souhaitent participer aux conseils d’administration ?
Non. On veut juste que la représentativité soit équilibrée. Lorsqu’on représente 35 % des entreprises, il faut que, dans les différentes instances, nous soyons représentés à hauteur de 35 %.
Par rapport au contexte de hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, quelles sont vos attentes ?
On veut quelque chose de plus visible dans le temps. Les entreprises cherchent systématiquement le coût de revient de leur production. Souvent, elles subissent les hausses et ont du mal à les répercuter. Quand elles le font c’est beaucoup trop tard. On s’attend à une baisse de rentabilité des entreprises assez conséquente car elles absorbent toutes la hausse. Les entreprises sont dans le doute. On a besoin de mesures qui soient fixées dans le temps. C’est important d’avoir une certaine stabilité. On a trop de variantes dans un temps très court.
Vous attendez-vous à une hécatombe dans les prochains mois en termes de fermeture d’entreprises de proximité ?
Une hécatombe, peut-être pas. Il faut voir comment les entreprises ont pu anticiper le phénomène Covid. Les chefs d’entreprises font preuve de résilience, ils ont une capacité conséquente à rebondir. Ne serait-ce que par amour propre. L‘impact des prêts garantis par l’Etat (PGE) est une aubaine mais, dans certains cas, cela a pu être un élément qui fausse le bilan. Sans parler du manque de visibilité sur l’inflation. Il y a aussi la problématique de la pénurie de mains-d’œuvres. Beaucoup d’entreprises se disent qu’elles ont la capacité de rebondir mais, en réalité, elles n’ont pas le personnel qualifié pour le faire. On est dans un contexte global très compliqué pour les chefs d’entreprises. Mais, je fais confiance en notre économie de proximité car ils ont une capacité à rebondir. A condition qu’ils sentent qu’ils sont entendus et soutenus.
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