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L'INNOCENT, caviar à volonté – Critique – Le Blog Du Cinéma

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En s’essayant au film de braquage, Louis Garrel signe une comédie dramatique intense mâtinée d’un touchant autoportrait. Une réussite dans le genre.
Qui l’eût cru ? Alors qu’on le pensait cloisonné dans les méandres de portraits relationnels souvent poussifs, Louis Garrel opte pour un contre-pied jouissif avec L’INNOCENT. Récit lucide, précis et émouvant de l’opposition entre un beau-père anciennement bagnard et d’un beau-fils suspicieux, son nouveau film détonne dans sa double dimension douce-amer. Sous ses airs de comédie fantasque s’accaparant les codes d’un genre récurrent, Garrel traite d’une multitude de thématiques avec une rigueur exigeante, à l’image de sa mise en scène. Un voyage aventureux qui échappe aux écueils d’un sentier balisé.
L’INNOCENT, sous sa forme de chronique réaliste, se révèle bien plus malin et ambitieux qu’il n’y paraît. Le prologue donne le ton : Sylvie se marie avec un prisonnier à qui elle donne des cours de théâtre en cellule. Sa passion se traduit par un geste fou, la poursuite d’un fourgon de police transportant son nouvel amant. Cette mère gentiment fêlée suscite immédiatement la sympathie et traduit le caractère plaisamment imprévisible de cet étonnant récit. Le film touche d’ailleurs au plus juste en faisant rejouer dans l’épilogue la scène de son départ, alors que c’est Abel qui est dans le fourgon. Ce geste traduit à lui seul le portrait d’une figure maternelle lumineuse, reflet d’une tendresse contagieuse.
Outre cette lisibilité, se dissimule dans L’INNOCENT un sous-texte réjouissant, où Garrel s’amuse à tisser les contours d’un autoportrait sincère. Confronté à Michel, son personnage d’Abel connaît un récit initiatique dont chaque étape est habilement pensée. Le film tire ainsi sa plus belle carte quand il scrute les relations qu’entretient le jeune veuf avec son entourage. Chacun des dialogues devient métonymique d’un trait de sa personnalité. Sans exhiber une dramaturgie lancinante, L’INNOCENT opte pour un diagnostic énoncé brièvement quand il s’agit de caractériser son héros. Une phrase où il cite sa défunte épouse et un plan où il pleure devant une vidéo valent mieux que le brouhaha aseptisé malheureusement très commun à la comédie dramatique contemporaine, genre que Garrel ne trahit pourtant jamais.
Parmi tous les ingrédients imposés par la nature même du récit, on note la romance contrariée qui libère, peu à peu, l’émotion sourde qui traverse le film. Comme le lui dit Michel, Abel doit apprendre à se libérer de ses chimères et faire son deuil. La séquence où il répète son rôle dans l’optique du braquage est dans cette optique extrêmement significative. Conseillé par son beau-père mais aussi par l’associé ubuesque de ce dernier, Abel se cherche mais n’arrive pas à quitter son introversion. C’est au contact d’un ressort purement fictionnel, dans le feu de l’action, qu’il dévoilera son amour éperdu, comme s’il était impossible pour lui d’en prendre conscience avant le climax. Difficile de ne pas entrevoir les contours d’un apologue méta. L’hurluberlu, futur traître, y est la parodie de créateurs peu exigeants, en réclamant « du cul et de la violence » alors que Michel guide Abel vers un jeu authentique. La figure paternelle entraîne le pragmatique vers un imaginaire trépidant, qui lui permettra de s’assumer tel qu’il est, et le film est en lui-même le résultat de cet accomplissement.
Du portait sensible et énergique au montage où se dissémine une qualité d’observation rare du décor, rien ne sonne faux dans un ensemble pourtant très protéiforme. Humour iconoclaste et douce poésie se confondent, traduits par une caractérisation des personnages des plus réfléchies. On souhaite à Louis Garrel de préserver les codes de cette science qui donne lieu à un résultat éclatant. Sa propension à narrer « d’autres histoires » est remarquable, pour notre plus grand plaisir.
Emeric




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