L’art-thérapie : une pratique à vocation inclusive – Montréal Campus

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Afin de déconstruire des préjugés internalisés et d’explorer leur identité sexuelle et de genre, certains membres de la communauté LGBTQ+ ont recours à l’art-thérapie. Les thérapeutes font toutefois face à de nombreux défis afin d’être pleinement inclusifs et inclusives.
Justine*, artiste lesbienne de 21 ans, trouvait contraignant de partager son expérience avec un ou une thérapeute. « C’était difficile, pour moi, de juste m’asseoir et de parler de mes problèmes », se souvient-elle.
Lorsque la personne avec qui elle effectuait sa thérapie lui a proposé de dessiner en discutant, il est devenu beaucoup plus facile de s’ouvrir et de comprendre les expériences qu’elle avait vécues.
Le cas de Justine n’est pas isolé. Il existe chez la population queer, trans et hors de la binarité des genres, une détresse psychologique beaucoup plus importante que chez les personnes cisgenres et hétérosexuelles.
En 2015, l’étude ontarienne LGBT and mental health révélait que 77 % de leurs répondants et de leurs répondantes trans avaient envisagé de s’ôter la vie. Il devient alors nécessaire, pour assurer la santé de cette population, d’adapter les soins thérapeutiques pour les rendre plus inclusifs et qu’ils correspondent à leurs besoins.
L’art-thérapie, qui peut prendre diverses formes, permet d’explorer ses émotions de façon créative et sécuritaire. Elle s’effectue autant dans le processus créatif que dans l’analyse du produit réalisé. Dans l’optique où l’objet artistique incarne le problème de celui ou de celle qui le réalise, il devient plus facile pour ces personnes de s’en détacher, et d’adopter le rôle d’observateur ou d’observatrice.
« Une œuvre faite dans le cadre d’une thérapie peut être revisitée. Sa signification métaphorique peut changer au fil du temps », explique Marie-Pier Malo, co-fondatrice du centre d’art-thérapie de la clinique Canevas, à Montréal.
Dans son mémoire de maîtrise intitulé L’art-thérapie narrative et queer : une approche anti-oppressive pour les personnes variant en genre, Éliane Abdellahi souligne l’importance d’incorporer la théorie queer à la pratique de sa profession d’art-thérapeute.
Cette théorie a pour but de bâtir une société inclusive qui rejette tous les concepts binaires et toutes les formes de racisme, de sexisme et d’homophobie. Elle remet également en question toutes les instances autoritaires qui maintiennent ces systèmes oppressifs.
Pour être véritablement inclusifs et inclusives à l’égard de la communauté LGBTQ+, les thérapeutes doivent donc prendre entièrement conscience des « identités privilégiées », et déconstruire les idées colonialistes et normatives qu’ils et elles auraient intériorisées.
Selon la chercheuse et psychologue Lyndsey Moon, les formations professionnelles en art-thérapie tendent à renforcer les idées hétérocentristes, puisqu’elles ont recours à des écrits qui ne sont pas adaptés à la diversité sexuelle et de genre.
Marie-Pier Malo confirme qu’un apprentissage individuel est nécessaire afin d’éviter de reproduire des micro-agressions auprès de leurs clients et clientes queer et variant en genre.
Pour Justine, communiquer avec un ou une thérapeute queer est beaucoup plus naturel. Puisque la personne l’ayant introduite à l’art-thérapie fait partie de la communauté LGBTQ+, Justine se sentait plus comprise lors de ses rendez-vous avec iel. Selon elle, même si elles sont adéquatement formées, les personnes hétérosexuelles n’ont pas les acquis pour comprendre les enjeux auxquels peut faire face sa communauté.
Elle et sa/son thérapeute pouvaient donc partager leurs expériences communes à travers l’art et la discussion. Les thérapies prenaient place au domicile de l’art-thérapeute. Justine confie avoir trouvé l’environnement sécurisant, car elle avait l’impression de se rendre chez un ou une ami(e).
Il existe également des exercices ciblés pour les personnes queer ou variant en genre. Dans l’article Coming Out Through Art: A Review of Art Therapy With LGBT Clients tiré de la revue Art Therapy, les thérapeutes Laura Pelton-Sweet et Alissa Sherry expliquent qu’en réalisant un portrait intérieur et extérieur, les patients et les patientes sont amené(e)s à analyser la manière dont ils et elles se conçoivent physiquement et psychologiquement.
Les art-thérapeutes ont parfois recours au symbole du pont lorsqu’ils et elles travaillent avec des clients et des clientes trans. Ils et elles vont être appelé(e)s à dessiner ou à peindre un pont, en ajoutant leur propre personne et leur entourage dessus.
Le pont symbolise la transition de genre, et permet aux personnes trans d’exprimer où ils et elles se situent dans leur processus.
Marie-Pier Malo souligne cependant qu’il est préférable de laisser le patient ou la patiente trouver les symboles qui lui conviennent et qui s’appliquent à sa situation. « Chaque individu est différent, il n’y a pas de formule magique », explique-t-elle.
Justine, pour sa part, faisait des dessins libres pendant sa thérapie, et les analysait par la suite. Elle travaillait souvent la signification de l’espace que prenait le vide dans ses œuvres. Sa/son thérapeute utilisait divers symboles afin d’analyser ce que sa patiente réalisait. L’art-thérapie permettait à Justine de s’exprimer dans un environnement confortable, tout en travaillant sa créativité. Elle avoue s’ennuyer de ces ateliers, qui ont cessé lorsque son art-thérapeute a arrêté de pratiquer son métier.
Les personnes queer offrant des ateliers d’art-thérapie ciblés pour la communauté LGBTQ+ à Montréal sont plutôt rares. Il existe cependant des groupes comme les QueerCATs (Creative Art Therapists) de l’Université Concordia, qui organisent des événements permettant aux personnes queer de partager leur expérience dans un environnement sécuritaire. Ces groupes offrent à la communauté la visibilité et le soutien qu’elle mérite, tout en exhibant la capacité qu’a l’art d’aider quiconque à explorer son identité et à repousser les limites de sa créativité.
*Prénom fictif pour conserver l’anonymat
Mention photo Augustin de Baudinière | Montréal Campus
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