La réforme des retraites de Macron ne ressemble plus du tout à celle de 2017 – Le HuffPost

Élisabeth Borne s’apprête à lancer un nouveau cycle de concertations avec les partenaires sociaux avant de conduire la réforme des retraites. Mais que reste-t-il des promesses d’il y a cinq ans ?
POLITIQUE – Même joueur essaie encore. La réforme des retraites promise par Emmanuel Macron depuis 2017 est (re)relancée. Après une valse-hésitation sur l’opportunité, controversée, de faire passer un bout du projet dès cet automne, l’exécutif a annoncé ouvrir un nouveau cycle de concertations avec les forces vives du pays. Élisabeth Borne devrait recevoir les partenaires sociaux dès la semaine prochaine.
Le but : Un texte adopté avant la fin de l’hiver, selon le souhait du président de la République, pour une première mise en application à l’été 2023. Les choses semblent donc se préciser pour ce projet de loi propice, sur le fond, à réunir la majorité absolue à l’Assemblée nationale, Les Républicains y étant favorables, sauf « passage en force ».
Emmanuel Macron veut y croire. Sa réforme est primordiale, selon lui, malgré les différents blocages et hésitations dont elle a fait l’objet tout au long du premier quinquennat. Soumis à bien des embûches, le texte a été rafraîchi à plusieurs reprises pour une dernière mouture aux contours différents de celle promise il y a cinq ans. Sur le fond, comme sur sa justification.
Principal changement : Emmanuel Macron veut, contrairement à ce qu’il promettait en 2017, repousser l’âge légal de départ à la retraite. « Nous n’y toucherons pas », écrivait-il, en gras et en bleu, dans son programme. Cinq ans plus tard, le locataire de l’Élysée souhaite désormais le faire passer de 62 à 65 ans. Cela de manière progressive avec une hausse de 4 mois tous les ans jusqu’à 2031, selon les premières pistes proposées par le gouvernement.
Amorcé en 2019, sous l’impulsion d’Édouard Philippe et son « âge pivot », puis « âge d’équilibre », ce revirement présidentiel a été confirmé avant même la campagne de 2022. Une évolution guidée par la dégradation financière du système des retraites, selon les arguments du chef du gouvernement à l’époque, du président de la République avant sa réélection et de ses ministres depuis.
Après treize années consécutives de déficits, le fameux système a dégagé quelques milliards d’excédents en 2021 et 2022. Mais il devrait rapidement replonger dans le rouge, selon le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), rendu début septembre. De quoi conforter le discours du gouvernement. Il « n’est pas équilibré financièrement. Il est même structurellement en déficit », a ainsi expliqué le ministre du Travail Olivier Dussopt dans un entretien au Point, mi-septembre. Et d’en tirer cette conclusion : « Il faudra travailler plus longtemps à l’échelle d’une vie ».
Au niveau des changements concrets par rapport à 2017, on note également l’enterrement de la promesse de supprimer les 42 régimes existants (privés, spéciaux, des fonctionnaires etc.) pour créer un système de retraite universel par points. Fin 2021, sur TF1, quelques mois avant sa réélection, Emmanuel Macron évoquait plutôt « un système simplifié avec trois grands régimes, un pour la fonction publique, un pour les salariés, un pour les indépendants. » Autre évolution, pour l’instant, le minimum retraite sera de 1 100 euros, soit 100 de plus que ce qui était prévu dans le projet de 2017.
En clair, « la mise de départ des négociations c’est l’âge de départ à 65 ans, les 1 100 euros minimum, la prise en compte de la pénibilité et les régimes spéciaux », résume au HuffPost un des participants au fameux dîner des pontes de la majorité, mercredi 28 septembre, qui a débouché sur le lancement de nouvelle concertation. Et d’ajouter : « Ce n’est pas ça ou rien, on débute avec une mise de départ qui est le projet, celui sur lequel le président a été élu, et on amende en fonction de la concertation. »
En attendant, derrière ce lot de départ et ses différentes mises à jour, se cache également un changement de philosophie. Ou d’objectif. En 2017, Emmanuel Macron souhaitait réformer les règles des retraites pour en faire quelque chose de plus juste, « où un euro cotisé donne les mêmes droits ». S’est ajoutée à cela, deux ans plus tard, la question de remettre les caisses à l’équilibre financier, avec la décision d’allonger le temps de travail.
Désormais, la justification de l’exécutif est double : pérenniser le système des retraites, d’une part – pas de changement de ce côté-là – et dégager des marges de manœuvre financières, de l’autre, pour mener à bien différents dossiers. Un enjeu assumé, qui n’apparaissant pas en première ligne des moutures précédentes de la réforme. « Il nous faut travailler plus et produire plus de richesses dans notre pays si nous voulons protéger, avoir une politique de justice sociale et défendre le modèle social français, sa force et son avenir », a ainsi expliqué le chef de l’État, à bord de l’avion présidentiel qui le ramenait de New York, le 22 septembre dernier sur BFMTV.
Et c’est également ce qui guide la volonté d’aller vite au plus haut sommet de l’État. « Ce n’est pas un trophée pour le président, il ne veut pas passer cette réforme avant l’été pour passer cette réforme. Mais si vous la décalez, vous vous privez de ressources supplémentaires », analyse notre source. Et c’est en « dégageant ces ressources, par la richesse que vous créez, que vous pouvez financer les politiques de lutte contre les déserts médicaux, l’organisation de notre école etc. » Même joueur essaie encore, mais avec une nouvelle recette.
À voir également sur Le HuffPost :
plus :
Inscrivez-vous aux newsletters du HuffPost et recevez par email les infos les plus importantes et une sélection de nos meilleurs articles

En vous inscrivant à ce service, vous acceptez que votre adresse mail soit utilisée par le Huffington Post, responsable de traitement, pour la gestion de votre inscription à la newsletter.
Conformément à la loi du 06/01/1978 modifiée et au Règlement européen n°2016/679/UE du 27/04/2016, vous bénéficiez d’un droit d’accès, de modification, de portabilité, de suppression et d’opposition au traitement des informations vous concernant, que vous pouvez exercer auprès de dpo@groupelemonde.fr. Pour toute information complémentaire ou réclamation: CNIL

source



A propos de l'auteur

Avatar of Backlink pro
Backlink pro

Ajouter un commentaire

Backlink pro

Avatar of Backlink pro

Prenez contact avec nous

Les backlinks sont des liens d'autres sites web vers votre site web. Ils aident les internautes à trouver votre site et leur permettent de trouver plus facilement les informations qu'ils recherchent. Plus votre site Web possède de liens retour, plus les internautes sont susceptibles de le visiter.

Contact

Map for 12 rue lakanal 75015 PARIS FRANCE