La peau, mémoire de nos émotions – Psychologies.com

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Mis à jour le 17 juillet 2022 à 14:22

Qu’il rougisse devant un compliment ou vibre sous la caresse, notre épiderme semble exprimer tout ce que nous ne pouvons dire avec des mots. Un langage complexe que l’on commence juste à décrypter.


Qu’il rougisse devant un compliment ou vibre sous la caresse, notre épiderme semble exprimer tout ce que nous ne pouvons dire avec des mots. Un langage complexe que l’on commence juste à décrypter.
Chaud, froid, douleur, douceur, la peau ressent tout, absorbe tout, capte tout. Pour délivrer illico le message à notre cerveau. Mais de toutes ces informations, ce sont les caresses qu’elle préfère… Avec leurs cinq millions de cellules sensorielles, les deux mètres carrés de peau qui nous séparent du monde extérieur constituent un immense récepteur de sensations. Le chercheur américain Aschley Montagu, l’un des précurseurs dans l’étude des influences sensorielles de la peau, l’affirme sans détour : « La peau est l’organe le plus important chez l’homme… Chaque sensation correspond à un message humain fondamental. » Et le premier de ces messages, c’est l’amour.
Jacqueline Nadel, chercheuse au laboratoire de psychobiologie de la Sorbonne, à Paris, en est convaincue : « L’amour naît du contact. » Les tout-petits le sentent bien, qui cherchent à être pris dans les bras et cajolés à longueur de temps. Voilà pourquoi il est recommandé de les masser. Des expériences ont prouvé que cette pratique réduisait le temps d’hospitalisation des prématurés, améliorait leur coordination motrice ainsi que leur attention aux choses. Chez les bébés nés à terme, l’effet relaxant des massages facilite l’endormissement.
Une pratique que les adultes peuvent adopter pour leur plaisir personnel. Quoi de plus sensuel que de découvrir la peau de l’autre ? Dans le jeu de la séduction, si le désir passe par la vue et la voix, il se concrétise à fleur de peau. Le toucher est alors une forme d’appropriation, un moyen de connaissance et de reconnaissance de l’autre. Certains sexologues conseillent ainsi aux couples en crise de prendre du temps pour se masser et se caresser : le toucher est en effet un moyen d’échange où il n’y a ni dominant ni dominé.
La peau reçoit, la peau transmet. La peau vibre et la peau vit. La peau reflète nos émotions. C’est ce dont est convaincu le psychanalyste Didier Anzieu, qui a écrit “Le Moi-Peau” en 1974, date à laquelle la psychanalyse a commencé à s’associer à la dermatologie. Sa thèse : notre personnalité se façonne d’abord par une prise de conscience de notre peau, de cette limite dans l’espace de notre identité. En effet, l’image que nous avons de nous-même prend forme – au sens concret du terme – lors des communications peau contre peau entre le bébé et sa maman : c’est ce fameux "moi-peau", une étape du développement qui va permettre à l’enfant d’accéder à d’autres stades de son évolution psychique, puis à la sexualité.
Ensuite, tout au long de la vie, la peau continuera de refléter les hauts et les bas de notre vie intérieure : le visage rougira sous l’effet de la colère, pâlira sous celui de la peur, le bonheur se lira sur un visage éclatant, alors qu’un teint toujours gris laissera présager un état dépressif.
Il est classique, aujourd’hui, de considérer que les poussées de psoriasis, d’herpès, d’ eczéma ou d’acné sont favorisées par le stress et la contrariété. Mais le docteur Danièle Pomey-Rey, dermatologue et psychanalyste à l’hôpital Saint-Louis, à Paris, va plus loin. Selon elle, 80 % des maladies de peau ont une origine psychologique : « Celui qui en est atteint est quelqu’un qui a beaucoup de choses à dire, mais qui n’y parvient pas. Il parle alors avec sa peau. » Notre épiderme semble posséder son propre langage, chargé de relayer tous les non-dits de notre vie. Les raisons de cette interaction entre le cerveau et la peau sont simples : ils ont tous les deux la même origine embryologique ! Ils se forment en même temps, au vingt et unième jour du développement de l’embryon.
Et depuis, les informations ne cessent de circuler entre eux… Un stress ? Une émotion ? Le système nerveux va traduire cette information en un langage biochimique, via les neuromédiateurs. Ceux-ci agissent alors sur la peau de telle sorte qu’ils peuvent induire – ou guérir – une maladie cutanée. Ainsi, nous sommes tous susceptibles de développer des allergies ou de voir nos cheveux tomber à la suite d’un choc affectif. Le plus souvent, un traitement aboutit à la guérison. Parfois non. « C’est le degré d’angoisse qui fait la différence », pense Danièle Pomey-Rey.
La présence de tels liens entre peau et cerveau justifie l’existence de la psychodermatologie, travail en duo du psychiatre et du dermatologue pour traiter les affections cutanées sévères ou invalidantes. S’allonger sur le divan pour soigner une acné ? « Non. Avec un patient venu pour un problème de peau, il faut plutôt travailler en face à face et en fonction de ce problème », précise Danièle Pomey-Rey. Elle explique qu’un psoriasis les amènera ainsi à aborder une colère rentrée ; s’il s’agit d’eczéma, il faudra parler de son angoisse ; la perte des cheveux sera liée à une autre perte ; tandis que l’acné pourra apparaître comme une cicatrice visible d’un deuil. Des antidépresseurs légers peuvent être prescrits parallèlement à ces entretiens. Et les résultats se font jour : la peau peu à peu s’améliore, l’image de soi est réhabilitée. Comme une plaie qui se fermerait doucement.
Nous ne sommes qu’au tout début des découvertes sur ces liens étonnants entre peau et cerveau. Désormais, les recherches sont regroupées au sein d’une même discipline : la neuro-endocrino-psychodermatologie. Des travaux récents viennent ainsi de montrer les effets du parfum sur l’immunité de la peau : une réaction d’allergie cutanée a pu être régulée grâce à la simple inhalation d’une fragrance. Une autre étude montre que, chez des personnes âgées, la réhydratation de la peau augmente sa sensibilité.
Ces champs d’investigation sont passionnants, car ils auront de nombreuses répercussions sur notre vie quotidienne. Comme le rappelle Laurent Misery, professeur en dermatologie et spécialiste du lien peau-cerveau, il semble que les neuromédiateurs – ces messagers chimiques circulant entre peau et système nerveux – peuvent exercer une influence tant sur l’épaisseur des tissus que sur la fabrication du collagène et du sébum, sur la pigmentation de la peau ou sur sa réponse immunitaire. En conséquence, il est fort probable que nos crèmes de soin ne se contenteront bientôt plus d’agir en surface, mais pénétreront en profondeur, à la source du problème lui-même, en stimulant le bon neuromédiateur. 
Notre peau ne constitue pas seulement le messager de notre vie intérieure. Elle représente aussi une forme de langage social. Le maquillage, le tatouage ou le piercing sont autant de moyens de communiquer avec autrui et d’exprimer un besoin d’insertion, un désir de différenciation ou une soif de révolte. Même le bronzage a un sens, en révélant un certain style de vie.
La peau peut aussi servir de langage religieux : dans les Evangiles, toute peau malade était montrée du doigt, comme si elle révélait la marque d’une faute ou d’une punition divine. Symbole de notre humanité, la peau a souvent dû être masquée face au divin. Ou bien on lui apposera, tel un sceau, la marque de sa foi. C’est le cas de la tonsure pour les moines ou de la circoncision chez les juifs.
Image de notre identité profonde et superficielle, reflet de notre existence, la peau apparaît de plus en plus comme un lieu de mémoire, où notre vie laisse, au fil du temps, une empreinte indélébile.
Sa structure, d’une grande complexité, peut se résumer à l’existence de trois zones superposées.
L’épiderme est la couche la plus extérieure de la peau. Malgré sa finesse (0,10 mm), il est d’une extrême résistance. A sa surface se trouve la couche cornée, qui constitue un revêtement protecteur très efficace. L’épiderme est un tissu vivant régénéré en permanence, contrairement au tissu cardiaque qui se renouvelle lentement, et au tissu nerveux qui ne se renouvelle pas du tout. En principe, l’action des cosmétiques se limite à cette première couche. Dans les faits, certaines crèmes atteignent la suivante, mais rarement, car la couche cornée joue avec efficacité son rôle de barrière. Seules les huiles essentielles sont capables de traverser la peau dans sa totalité.
Le derme, plus épais, est composé de nombreuses fibres de collagène et d’élastine. Cette dernière donne à la peau souplesse et fermeté.
L’hypoderme est la couche la plus épaisse et la plus profonde. Elle constitue une zone de stockage remplie d’adipocytes (grosses cellules graisseuses).
Offrir à l’autre une peau de velours est un élément de séduction incontestable. D’autant que la pulpe des doigts ne compte pas moins de 250 récepteurs au centimètre carré (c’est la zone du corps où cette densité est la plus importante). Ce qui rend les mains particulièrement sensibles à l’appréciation de ce qu’elles touchent. Vous voulez une peau douce à caresser, belle à voir, bonne à sentir et à croquer ? Vos mots d’ordre : exfolier (au moins une fois par semaine) et hydrater (au moins une fois par jour). Colorées, parfumées, veloutées, les nouvelles crèmes pour le corps ont le chic pour flatter nos sens… 
==> Testez-vous !
Découvrez  ce que votre peau vous dit de vous en identifiant votre profil psycho-affectif dominant. Celui-ci vous éclairera sur le rapport symbolique et émotionnel inconscient que vous entretenez avec elle. Une fois votre profil identifié, vous découvrirez un exercice d’autohypnose facile à réaliser pour prendre soin de vous et de votre peau autrement.
« Je suis bien dans ma peau »
« Une belle peau en cinq minutes »
« Ma peau trahit mes états d’âme »
« Je me sens mieux dans ma peau »
« Est-il vrai que la vapeur purifie la peau ? »

Face à l’actualité toujours plus anxiogène, comment tenez-vous ?





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source

https://seo-consult.fr/page/communiquer-en-exprimant-ses-besoins-et-en-controlant-ses-emotions

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