La grève des écoles de Jérusalem-Est ravive le conflit sur les programmes scolaires – The Times of Israël

La vidéo TikTok démarre sur Nawaf al-Salameh qui pointe sa caméra sur une page d’un manuel scolaire pour enfants montrant des photos de l’ancien grand rabbin séfarade d’Israël, Shlomo Amar, et de la Grande synagogue de Tunis.
La caméra se concentre sur un texte en arabe présentant des faits saillants sur le judaïsme – sites sacrés, le Shabbat et les fêtes – avant de passer à une autre page montrant les dénominateurs communs entre le judaïsme, le christianisme, l’islam et la religion druze. En arrière-plan, on entend Salameh se plaindre du « lavage de cerveau » auquel sont soumis les écoliers palestiniens de Jérusalem-Est.
« Demain, nos enfants porteront des kippot », plaisante-t-il avec sarcasme. « On marche sur la tête. »
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La publication, qui a recueilli plus de 25 000 vues, n’est qu’une parmi plusieurs autres abordant la question sur TikTok, WhatsApp, Facebook, Twitter et d’autres sites de réseaux sociaux, alors que les résidents palestiniens de la capitale protestent contre les efforts israéliens pour imposer le programme national dans les écoles de Jérusalem-Est.
Les protestations ont atteint leur paroxysme ce mois-ci lorsque des dizaines de milliers d’élèves et de nombreux enseignants sont restés chez eux et ont fait grève du 13 au 18 septembre pour exprimer leur mécontentement. Les parents et les enseignants des écoles de Jérusalem-Est sont autorisés à choisir leur programme scolaire, mais certains affirment qu’ils sont contraints de choisir l’option israélienne.
Israël a longtemps fait pression pour que les écoles de Jérusalem-Est adoptent ses manuels et ses programmes, et ce peu après avoir conquis la zone durant la guerre des Six Jours, en 1967. Toutefois, il a renoncé à imposer son propre programme après une grève qui a duré environ deux ans, permettant aux écoles de continuer à enseigner avec les manuels jordaniens, selon Eran Tzidkiyahu, expert de Jérusalem au Forum pour la pensée régionale et à l’Institut d’études politiques de Paris.
#القدس_عاصمة_فلسطين_الأبدية #جنين_نابلس_طولكرم_رام_الله_فلسطين #نواف_أبو_أسامه_السلايمة #عائلة_أبو_أسامة #رابطة_شباب_السلايمة_فلسطين #ديوان_آل_السلايمة #المغرب????????تونس????????الجزائر???????? #الكويت #جنين_نابلس_طولكرم_رام_الله_فلسطين #مشاهير_تيك_توك_مشاهير_العرب #اللهم_صلي_على_نبينا_محمد
♬ الصوت الأصلي – نواف أبو أسامة السلايمة 25

À partir des années 1990, les manuels et les programmes jordaniens ont cédé la place à ceux conçus par l’Autorité palestinienne (AP) nouvellement créée, un exemple rare d’Israël permettant à Ramallah d’empiéter sur sa souveraineté revendiquée sur l’ensemble de la ville unifiée.
« Le programme scolaire est l’une des plus anciennes luttes de la population de Jérusalem-Est et peut-être la seule qu’ils ont réussi à gagner », a déclaré Tzidkiyahu.
En 2018, le gouvernement a tenté d’inciter à l’adoption de ses programmes, promettant d’injecter 445 millions de shekels dans la revitalisation de Jérusalem-Est après des années de négligence, afin de « réduire les écarts sociaux et économiques et de promouvoir le développement économique ».
Selon Ir Amim, près de 47 % des fonds alloués par le gouvernement pour combler les lacunes en matière d’éducation à Jérusalem-Est étaient conditionnés par le passage des écoles au système éducatif israélien.
Peu d’écoles ont accepté. Yoav Zimron, chef du département de l’Éducation de Jérusalem, a déclaré à la chaîne publique Kan que 15 000 des 115 000 élèves de Jérusalem-Est travaillaient sur le programme israélien, tout en reconnaissant que seuls 500 avaient accepté l’offre lorsqu’elle a été présentée pour la première fois. Il a affirmé qu’il y avait eu une « demande massive ».
Certains parents palestiniens ont également accusé Jérusalem de refuser le transport en bus des enfants vers les écoles qui n’adoptent pas le programme israélien.
Nahar Halsa, responsable de l’association parents-enseignants de Jabel Mukaber, un quartier de Jérusalem-Est, a accusé la mairie de « drainer les ressources des écoles qui enseignent le programme palestinien et de donner la préférence aux écoles qui enseignent le programme israélien », affirmant que le transport par bus dans le quartier était devenu limité aux enfants fréquentant les écoles qui enseignent les programmes approuvés par Israël.
La municipalité a nié l’accusation selon laquelle les bus auraient été affectés de quelque manière que ce soit dans le but de faire pression sur les écoles pour qu’elles adoptent un programme israélien.
Les responsables de Jérusalem soutiennent qu’ils n’essaient pas d’imposer leur programme scolaire aux résidents palestiniens, mais qu’ils leur offrent plutôt la possibilité d’utiliser un programme israélien qui facilitera l’intégration éventuelle des élèves sur le marché du travail.
Mais les Palestiniens affirment que le programme approuvé par Israël édulcore ou supprime les références à l’identité palestinienne ou aux aspirations nationales.
« Le programme scolaire à Jérusalem-Est, et tout autre programme d’ailleurs, ne concerne pas seulement les mathématiques ou les sciences, mais portent aussi sur l’identité. Il s’agit de fournir le matériel nécessaire à la création d’une identité nationale entre autres identités collectives », a déclaré Tzidkiyahu.
Ont ainsi été notamment supprimés les drapeaux palestiniens, les photos de Yasser Arafat et des textes sur le droit au retour aux Palestiniens, a signalé le site d’information Ynet, reprenant les propos des organisateurs de la grève. Les références aux « prisonniers et réfugiés » ont été modifiées, devenant des références aux « professeurs et aux femmes », et une phrase sur le commandement musulman de « mener le Jihad » a été supprimée.
Un porte-parole de l’AP a décrié ce qu’il a appelé « des plans pour judaïser, pour ‘israéliser’ l’éducation, pour effacer l’identité nationale palestinienne, pour déclarer la guerre aux écoles arabes palestiniennes et pour évincer la conscience nationale des étudiants de Jérusalem ».
Les exemples de programmes scolaires israéliens critiqués ont proliféré sur les réseaux sociaux.
Une vidéo sur TikTok montre une bannière avec les mots « les États entourant la patrie », au-dessus d’un drapeau israélien encerclé par des drapeaux représentant quatre voisins arabes. Le drapeau de la Palestine n’est pas présent, ni aucun autre symbole national palestinien, selon les sources. Le ministère de l’Éducation n’a pas répondu aux demandes d’authentification.
La vidéo, qui a été visionnée 400 000 fois, montre également une publication contenant un dialogue entre deux personnages fictifs, Dina et Ahmed.
Les deux personnages font tour à tour l’éloge d’Israël pour avoir développé des villages arabes, fourni de l’électricité et pris soin des enfants et des personnes âgées, avant de conclure à l’unisson : « chantons maintenant l’hymne du Jour de l’Indépendance ». De nombreux Israéliens arabes rejettent l’hymne national d’Israël, qui évoque la nostalgie des Juifs pour « la terre du peuple Palestinien ».
Un fonctionnaire de la municipalité de Jérusalem a déclaré que « la page en question semble appartenir à un très vieux manuel scolaire ».
مقدسيون اضراب في المدارس العربية بالقدس #foryou #fyp
♬ original sound – Shadi jaber

Il a ajouté que les textes proposés aux écoles de Jérusalem-Est sont les mêmes que ceux utilisés dans les écoles arabes israéliennes, « qui sont conçus par des personnalités très respectées de la société arabe israélienne ».
« Ce qu’ils diffusent fait preuve de bien plus de sensibilité que ceux des manuels scolaires d’il y a 20 ou 30 ans », a-t-il ajouté.
Une photo publiée sur Facebook par l’association parents-enseignants de de Jabel Mukaber met en évidence le contraste entre ce que les élèves sont censés apprendre dans chaque programme.
Du côté israélien, on trouve des photos d’un homme haredi montrant à un enfant une reconstitution du Second Temple, des dirigeants sionistes et israéliens, de Theodor Herzl à Benjamin Netanyahu, une ménorah et l’insigne de Tsahal.
Du côté palestinien, on trouve des photos de la mosquée Al-Aqsa, des dirigeants arabes, de Salah ad-Din à Arafat, et des symboles de l’identité palestinienne, notamment les clés des maisons perdues en 1948 et un keffieh.
« Notre façon de comprendre les choses a été bouleversée, notre conscience a été déformée, la chronologie de nos vies et de l’éducation de nos enfants ont été déformés : à l’école, dans la famille, dans la société et dans la patrie », a écrit le fonctionnaire.
Mais les responsables israéliens affirment que les textes « interdits » comprennent des leçons qu’ils décrivent comme une « incitation » contre Israël.
La mairie de Jérusalem a compilé les extraits jugés répréhensibles des manuels scolaires palestiniens dans un document partagé avec le Times of Israel. Dans un cas, les manuels palestiniens enseignent la grammaire arabe aux élèves de 6e par le biais d’un paragraphe qui stipule que « les terres palestiniennes ont été soumises à une opération de vol de reliques depuis le début de l’occupation sioniste qui se poursuit à ce jour, une opération organisée dans laquelle l’occupation sioniste a joué un rôle majeur, afin d’éliminer le patrimoine palestinien ».
Le manuel israélien remplace cette phrase par un texte sur l’abondance d’antiquités juives, musulmanes et chrétiennes en Israël et dans les territoires palestiniens.
Un autre chapitre des manuels palestiniens enseigne la grammaire arabe aux élèves de CM2 par le biais d’éloges de Dalal Mughrabi, tristement célèbre en Israël pour son rôle joué dans une brutale attaque terroriste en 1978, au cours de laquelle 38 Israéliens ont été tués. À la place, les manuels israéliens ont inséré un chapitre sur le respect des différences et la gentillesse envers son prochain.
En juillet, la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton a semblé passer de la carotte au bâton, en lançant un ultimatum à six écoles de Jérusalem-Est pour qu’elles retirent des manuels scolaires les incitations contre Israël et ses soldats, sous peine de se voir retirer leur licence d’exploitation. Cette mesure a été perçue, par les parents de Jérusalem-Est dont les enfants étudient dans des écoles utilisant le programme palestinien, comme une « extorsion ». Le ministère de l’Éducation a refusé de commenter ces allégations.
« Nous ne permettrons pas l’enseignement d’un programme qui incite à la haine contre l’État d’Israël et les soldats de Tsahal », a tweeté Shasha-Biton cette semaine. « Les écoles de Jérusalem-Est dont le matériel pédagogique dépeint les soldats de Tsahal comme des tueurs, fait l’éloge des terroristes et encourage le terrorisme sont dans l’obligation de corriger leur matériel scolaire faute de quoi ils se verront retirer leur licence. Nous ne permettrons pas aux écoles financées par notre budget de promouvoir l’incitation, la haine et la terreur. »
Le responsable de l’association parents-enseignants de Jabel Mukaber a décrié la décision de conditionner le financement des écoles au changement des manuels, écrivant sur Facebook que cette question était dérisoire compte tenu de « l’état lamentable de l’éducation à Jérusalem ».
Selon l’ONG israélienne Ir Amim, Jérusalem-Est aurait besoin de 3 517 salles de classe supplémentaires pour répondre aux besoins de tous les enfants en âge d’être scolarisés. Elle a déclaré que le déficit a contribué aux taux élevés d’abandon scolaire.
Bien que certains Palestiniens aient juré de poursuivre la grève indéfiniment, les élèves sont retournés dans leurs salles de classe en début de semaine.
« Les élèves ont besoin d’apprendre », a déclaré Ramadan Taha, porte-parole des écoles en grèves, au Times of Israel. Il s’est dit confiant, cependant, qu’un « message clair a été envoyé ».
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