La der des ders pour Andrea Dovizioso – Motorsport.com – FR

Dans quelques heures, ce sera fini. Andrea Dovizioso rangera son casque − un casque spécialement conçu pour l’occasion, réunissant les designs qui ont accompagné chacune de ses victoires − et il pourra se retourner fièrement sur 21 ans de carrière mondiale après avoir conclu son 346e et dernier Grand Prix.
Cette fin en cours de saison, à domicile, c’est lui qui l’a souhaitée après avoir compris que son rêve de retrouver les sommets avec la Yamaha resterait de l’ordre du fantasme. Très vite, le pilote italien s’est fait une raison, comprenant qu’il ne pourrait pas se réinventer suffisamment pour convenir à la M1 alors qu’elle a été la seule à le convaincre de sortir de sa pré-retraite l’an dernier. En souffrance chaque week-end, il fallait couper court et le constructeur ainsi que l’équipe RNF l’ont accepté.
“Mes résultats sont la raison pour laquelle j’arrête à Misano : c’est trop, on ne veut pas ça”, assure Dovizioso, lui qui n’a jamais vraiment compris comment Valentino Rossi avait pu retarder à ce point l’échéance. “Pour moi, ça a vite été clair. Ce qui m’a surpris, c’est de voir à quel point il voulait redevenir performant. Il a continué à essayer pendant cinq ans, c’est beaucoup. Je ne ferai pas ça, je ne veux pas vivre cette situation. Je sens que je n’ai pas une telle volonté d’obtenir ce résultat, au point de continuer pendant cinq ans. Mais tout le monde réagit différemment et je pense que mes autres passions m’ont un peu aidé en cela : lundi, j’irai m’entraîner en motocross parce que c’est ma passion, et ça fait une grosse différence.”
“Quand on roule pendant 20 ans, qu’on concentre tous ses efforts sur une seule chose, qu’on veut décrocher des résultats et que ça s’arrête, on peut profiter de la vie mais, chaque jour, quand on se lève ce n’est plus la même chose. On a l’habitude de se lever avec beaucoup d’énergie, beaucoup de rêves, mais ça change et c’est assez moche. Je pense que si on a d’autres passions, qu’on veut vraiment vivre, certes ça n’est pas suffisant mais ça aide.”
Toujours très analytique, Andrea Dovizioso exprime ce week-end toute la douceur dont il peut faire preuve lorsqu’il quitte la piste et ses habits de guerrier, un visage plus détendu encore que celui qu’il affichait après avoir vu le titre lui filer entre les doigts lors de la toute dernière course de 2017, résigné et en phase avec lui-même après avoir tout tenté. À l’époque, il y avait une pointe de tristesse dans ses yeux, cette fois pas une once. Lui qui contient tant ses émotions, ouvrira-t-il la porte à sa sensibilité lorsqu’il passera sous le drapeau à damier aux alentours de 14h45 ? Il en rit : “En vieillissant on devient plus sensible, alors ça peut arriver !”
Quoi qu’il en soit, loin de ressentir une quelconque pression supplémentaire, c’est plutôt la volonté d’en finir qui transparait. “Cette année a été suffisamment difficile. On ne peut pas vraiment se pencher sur l’aspect technique, malheureusement. Je ne me soucie pas de ma position en fin de course, ce qui m’intéresse plus c’est de prendre du plaisir sur la moto, or avec une telle vitesse, c’est dur pour moi”, admet le Champion du monde 125cc de 2004, vainqueur 24 fois en Grand Prix dont 15 en MotoGP. “On est beaucoup plus tendu ou anxieux quand on doit livrer une performance, être compétitif, et qu’on n’a pas tout sous contrôle, quand on a la possibilité de gagner mais qu’on doit tout faire absolument à la perfection. Ce sont des situations que j’ai vécues.”
On est beaucoup plus tendu quand on doit livrer une performance et qu’on n’a pas tout sous contrôle, quand on a la possibilité de gagner mais qu’on doit tout faire absolument à la perfection. Ce sont des situations que j’ai vécues.
Andrea Dovizioso
Le futur jeune retraité de 36 ans pressent qu’il réalisera après-coup le tournant que s’apprête à prendre sa vie, même s’il perçoit d’ores et déjà l’émotion de ses proches, celle de son père dont la vie toute entière s’est articulée autour de sa carrière, celle de nombreux amis qui lui ont fait la surprise de venir l’encourager ce week-end, à l’image du champion de motocross Tony Cairoli.
“Je pense qu’on s’en rend plus compte après. Pour le moment, je vis ce qui est en train de m’arriver”, explique-t-il. “Ces résultats sont de toute façon anormaux pour moi et ça n’est pas terrible. Quand on est en piste et qu’on n’arrive pas à se donner à 100%, parce que pour diverses raisons techniques on ne peut pas s’exprimer, c’est une sensation assez moche. C’est ce qui fait que je ne vis pas tellement mal cette fin.”
Andrea Dovizioso a réuni sur son casque le design qu’il portait à chaque victoire
“Honnêtement, jusqu’à ce matin, c’était juste une course comme une autre pour moi, mais quand vous me posez toutes ces questions ça me fait réaliser que c’est le dernier week-end !” souriait-il à son arrivée au circuit jeudi. “Ça me fait vraiment plaisir de terminer ma carrière ici, à Misano, là où elle a commencé.” Et c’est peu de dire que la carrière du jeune Andrea Dovizioso a véritablement été lancée sur ce circuit, à une heure de chez lui. C’est là qu’il est passé des minimotos à l’Aprilia Challenge, en 2000, et qu’il s’est d’emblée imposé. “Ça me fait vraiment plaisir, et puis il y a tous mes amis et les fans. Je sais que c’est un choix un peu particulier de s’arrêter au milieu de la saison, mais à mon avis c’est bien, c’est le bon endroit.”
L’orgueil du compétiteur n’est pas très loin, et Dovizioso l’admettait en arrivant sur place, il aurait bien aimé pouvoir terminer avec un top 10 lui qui n’est jamais monté plus haut que la 11e place cette année. Mais la tournure prise par le week-end n’a pas livré de surprise, et la pluie l’a même privé d’une attaque dans laquelle il plaçait de bons espoirs en qualifications, alors il s’est déjà fait une raison.
“Ça a été une qualif amère : on sent qu’on peut améliorer, on a l’énergie mais on ne peut pas s’exprimer. P18, ça n’est pas génial, il était possible de faire un petit peu mieux ; sûrement pas d’entrer en Q2, mais d’en être proche, je pense. C’est dommage, mais on verra. Ici les premiers virages sont un peu compliqués, mais rattraper trois ou quatre places pourrait me donner la possibilité de me battre pour quelques points, et peut-être un petit quelque chose de plus, qui sait.”
De l’amertume, oui, mais pas de tristesse chez Andrea Dovizioso : “Pour le moment, c’est encore normal. Je suis surtout un peu en colère à cause de cette position, comme chaque week-end cette année au fond ! Mais ça fait vraiment plaisir de vivre ce week-end comme ça, je ne me serais pas attendu à autant d’attention.”
Célébré de toutes parts, il prend le temps d’accueillir les compliments et les hommages, il savoure. “Tout le monde a l’air content de me voir, peut-être parce que c’est le dernier week-end !” sourit le pilote italien, avec une évidente volonté de vivre ces instants profondément avant d’entrer dès demain dans une nouvelle vie, plus classique. “Qu’est-ce qui va me manquer ? Disons que l’attention portée aux pilotes du Championnat du monde, qui est quelque chose que je perçois depuis vingt ans, c’est quelque chose d’important. On a de la chance en ce sens et à partir de lundi, ça va changer.”
“Je ne suis pas du genre à vouloir être au-dessus de tous, mais ça fait plus de vingt ans que je vis comme ça, alors c’est sûr que ça va changer. Tous les pilotes qui arrêtent sentent cette différence. Tous les efforts fournis, le fait que tout soit très organisé, chaque fois qu’on arrive sur le circuit…” observe-t-il. “Je vais courir en motocross. Je l’ai déjà fait pendant une moitié d’année. Les courses y sont différentes et le programme n’est… pas aussi précis ! [rires]”
“Le travail du pilote est le meilleur, dans bien des situations. Pas toutes, car parfois on doit prendre beaucoup de risques, on se blesse. Il y a des aspects négatifs, mais je pense qu’il y a plus de positif”, pointe Dovizioso, lui qui a toujours voulu s’enrichir au gré des expériences que lui a offertes sa carrière. “Travailler avec les constructeurs et beaucoup de personnes professionnelles est une chose [qui va me manquer] ; ça n’est pas simple à trouver ailleurs. Pour moi, c’est très important. Travailler avec des ingénieurs, avec des gens qui ont fait beaucoup d’études et qui savent beaucoup de choses, ça c’est vraiment cool et ça va clairement me manquer.”
Andrea Dovizioso, lui aussi, va manquer au milieu qu’il quitte. L’un des plus grands travailleurs que le paddock connaisse, qui a construit sa carrière sur la durée, par l’effort et l’abnégation. L’un des pilotes les plus respectueux qui soit également, qui ne se connaît aucun ennemi. Avec lui, c’est aussi le dernier représentant d’une génération en or qui s’en va, moins d’un an après Valentino Rossi. “Ça a été compliqué. Avoir été en MotoGP durant ces années, avec tous ces champions ça a été dur, ça m’a valu beaucoup d’insomnies et de nuits courtes, mais ils m’ont toujours poussé à essayer de m’améliorer et d’obtenir des résultats, même à la fin de ma carrière ce qui veut dire que je n’ai jamais baissé les bras”, concède-t-il, sans oublier de mentionner le travail qu’il a livré pour cela mais aussi l’aide des personnes qui l’entourent.
“Parmi les pilotes d’un certain âge, il reste Aleix [Espargaró], mais lui c’est aujourd’hui qu’il explose. Alors on peut dire que je suis le dernier de cette génération et ça fait quelque chose”, admet-il. “Mais c’est une transition normale, naturelle, ça fait partie du jeu.” Andrea Dovizioso est bel et bien prêt à passer la main. On le savait, il ne fallait pas compter sur lui pour s’entêter ; son départ en cours de saison est peut-être brutal, mais il lui ressemble, déjà analysé et métabolisé.
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La der des ders pour Andrea Dovizioso
Andrea Dovizioso disputera son 346e et dernier Grand Prix ce dimanche, chez lui, à Misano. Des adieux avec le sourire pour celui qui aura traversé deux décennies du championnat et qui, fidèle à son image, a décidé de couper court avant la fin de la saison par manque de compétitivité et de plaisir.
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