La culpabilité maternelle : pourquoi ce sentiment de culpabilité chez les mères et comment le gérer ? – Parents.fr

Si l’un des plus grands bonheurs de la vie est de devenir maman, il s’accompagne parfois – voire souvent – de son lot d’angoisses, de nostalgie, de doutes, et autres sentiments complexes et incontrôlés… dont la culpabilité. Pourquoi les femmes en souffrent-elles plus en général ? Comment déculpabiliser ? Nos conseils. 
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Faut-il allaiter, donner des petits pots, le laisser jouer dans la boue, reprendre le boulot, le coucher à heures fixes, accepter ses crises de colère en public ? Devenir parent s’accompagne de tout un lot de pressions sociales, de questionnements et de doutes. La réalité est immanquablement différente de ce qu’on avait prévu, et cela peut être difficile à accepter.
Souvent, dans leurs témoignages et par leurs parcours, les mamans semblent exprimer plus de culpabilité que les papas vis-à-vis de l’éducation de leur enfant. Cette charge plus importante sur leurs épaules s’explique par les attentes de la société, notamment de tradition chrétienne, vis-à-vis d’elles, mais, aussi, par le lien indéfectible qui se crée pendant la grossesse. 
« C’est une sorte de TCA, une taxe de culpabilité ajoutée, à payer sur l’accès à la maternité », sourit Sylviane Giampino, psychologue de la petite enfance, autrice de Les mères qui travaillent sont-elles coupables ?, publié aux éditions Albin Michel. D’après la spécialiste, le sentiment de culpabilité est donc très fréquemment ressenti et exprimé par les mamans.
Son origine ? La grossesse, notamment, là où la mère a fait l’expérience qu’elle était vitale pour son enfant. Elle s’est trouvée dans une position de surcroît de responsabilité, et se situe donc en première ligne face à la culpabilité. Mais ce n’est pas tout, ajoute Alain Chappotteau, psychologue pour les enfants et les parents, dans à Paris : « Au cours de mon expérience, j’ai pu constater que notre histoire judéo-chrétienne transmettait cette vision de la Vierge Marie tenant l’enfant, à toutes les futures mères. Certaines femmes donc, en réaction à cet idéal de perfection légué par cette culture, développent des sentiments de culpabilité, car il leur est impossible d’atteindre leurs objectifs. »
Pétries par les attentes de la société, les valeurs et les images qui nous sont transmises, et les signaux de notre corps après la grossesse, nous nous fixons, en tant que mamans, des obligations bien trop nombreuses et contraignantes. Sans surprise, les réseaux sociaux participent, dorénavant, également à la construction dans notre esprit de cette maman parfaite, aux enfants si épanouis et jamais colériques… Et chaque pas de côté dans ce qui nous semble être le chemin de cet idéal (par exemple, ne pas pouvoir allaiter, rentrer tard du travail, crier un peu trop fort et/ou trop souvent, etc) nous apparaît alors comme la preuve irréfutable que nous sommes une mauvaise mère et que notre enfant sera malheureux par notre faute !
Comment maîtriser alors ce sentiment de culpabilité qui nous envahit ? Il faut déjà savoir reconnaître les signaux d’une remise en question qui prendrait une ampleur pathologique. « Et la culpabilité s’avance toujours de façon déguisée », alerte Sylviane Giampino.
Les manifestations peuvent être variées :

  • peur pour l’enfant ;
  • somatisation (prise de poids, migraines, problèmes de dos…) ;
  • état dépressif ;
  • désinvestissement professionnel : l’emploi est vécu comme ce qui arrache la mère à son enfant ;
  • désinvestissement amoureux : « Le couple est souvent le premier fusible qui saute », alerte la spécialiste.

Dans ces situations, Alain Chappotteau conseille aux femmes qui le consultent d’apprendre à prioriser l’intérêt de l’enfant : « Nous sommes dans une société, depuis les travaux de Françoise Dolto, qui incite à faire mieux pour l’enfant. Or, le changement de la place de l’enfant bouleverse aussi celle de la mère, qui ne sait plus comment s’assurer de son bien-être. C’est à ce moment-là qu’il faut recentrer l’intérêt de l’enfant. Par exemple, en ne répondant pas à toutes ses demandes, afin de le confronter à la frustration. Même si c’est désagréable pour lui et pour le parent, c’est moins culpabilisant de savoir qu’on agit, in fine, dans l’intérêt de l’enfant ».
Par ailleurs, la jeune maman peut plus déculpabiliser dès lors qu’elle accepte que la santé, l’équilibre et l’éducation de son bébé ne relèvent pas de son seul “pouvoir”. « L’épanouissement de l’enfant dépend avant tout du partage des responsabilités dans le couple et avec la société », rappelle Sylviane Giampino. Savoir déléguer est nécessaire, tout au long de l’éducation de notre enfant. Si on a la chance d’être bien entourée, n’hésitons donc pas à appeler nos proches à l’aide. Et si ce n’est pas le cas, appuyons-nous sur la société. Ainsi, la psychanalyste Claude Halmos illustre, dans ses livres, l’importance du recours aux tiers dans l’éducation d’un enfant, avec l’exemple d’hôtesses de l’air et de pilotes qui incitent un petit à mettre sa ceinture de sécurité en avion. Au quotidien, il s’agit bien sûr des autres personnes présentes dans la vie de l’enfant : assistante maternelle, enseignants, médecin qui le suit… Ces figures d’autorités extérieures ont leur rôle à jouer pour soulager les parents, et les mamans, de la pression éducationnelle.
Ces très grandes manifestations de culpabilité peuvent même apparaître dès la grossesse, et ce, pas uniquement chez la femme : « Je reçois de nombreux papas qui s’interrogent, se disent qu’ils ne seront pas à la hauteur, alors même que l’enfant n’est pas encore né », témoigne Alain Chappotteau. S’informer au maximum, pour se sentir mieux préparé à devenir parents, peut alors aider à déculpabiliser.
Échanger avec ses propres parents ou les figures de parents qui nous ont inspirées a aussi fait ses preuves : cela permet de nous rendre compte de tous les défis qu’ils ont relevés sans qu’on ne le ressente. Prendre conscience que personne n’est parfait, notamment en tant que parents, est toujours déculpabilisant. Enfin, si cela prend le pas sur les joies de la grossesse, n’hésitez pas à consulter. 
Manquer de temps pour son tout-petit, ne pas assez lui donner de tendresse, d’attention, ne pas pouvoir lui préparer des plats maison ou rester auprès de lui lorsqu’il est malade… Les mères qui travaillent expriment souvent les mêmes sentiments. À savoir : elles se rendent coupables.
« Les mères sont confrontées à l’angoisse de la séparation, reconnaît Sylviane Giampino. Elles s’inquiètent de la capacité des autres à s’occuper de leur enfant. Le retour au travail est d’autant plus difficile et la culpabilité aggravée, lorsque le mode de garde ne correspond pas au choix des parents. » En témoigne Alexandra, maman d’une petite fille : « J’ai eu la chance de garder mon bébé pendant 5 mois et demi. Avant la reprise de mon travail, nous avions fait deux essais avec la nourrice, pendant les jours où elle n’avait pas d’autres enfants en garde. Cela se passait très bien. Mais, le jour J, il y avait deux petits garçons. Or, ma fille n’est pas habituée au bruit. Au bout de 10 minutes, ils se chamaillaient déjà ! Je suis partie travailler en ayant le sentiment de l’abandonner. J’en étais malade toute la journée. J’ai l’impression de lui dire que mon travail compte plus qu’elle… »
À l’inverse, d’autres mamans, à l’instar d’Iman, craignent d’être “abandonnées” par leur tout-petit. « La nourrice s’occupe très bien de mon bébé, à tel point que Zyad aime énormément sa nounou. Je culpabilise, jusqu’à penser qu’il a davantage d’affection pour elle que pour moi, sa maman », avoue-t-elle. Alain Chappotteau rassure à ce sujet ces patientes : l’amour de notre enfant est inconditionnel, et qu’il boude ou soit en colère ne signifie en rien qu’il nous aime moins.
Avant même que la question du retour au travail ne se pose, il est nécessaire de se préparer à la séparation. Si cela nous semble insurmontable pour le moment, rappelons-nous qu’il existe en France des solutions éphémères et réversibles, dont le congé parental, pour ne pas faire des choix aussi importants qu’une démission en plein post-partum« La naissance d’un bébé et la relation avec ce nouveau-né activent des émotions très intenses qui ne sont pas propices à des prises de décisions », souligne Sylviane Giampino.
Outre des notions financières, reprendre le travail apporte un équilibre à de nombreuses femmes après leur accouchement. En France, environ 81 % des mères d’un enfant de moins de 3 ans et vivant en couple travaillent*. Quant aux mères au foyer, si plus de 85 % se disent satisfaites de leur statut, la moitié assurent craindre l’isolement**. « Je suis ravie de m’occuper de mes enfants à plein temps. Mais entre les courses, le ménage et les bambins, j’ai l’impression de ne rien faire de mes journées sur le plan intellectuel. Le soir, je suis vidée, et quand je vois des amis, je n’ai rien à raconter ! Quand les jumeaux et leur petite sœur seront en âge d’aller à l’école, j’espère pouvoir retrouver du travail », raconte ainsi Élisabeth, maman de trois enfants, des jumeaux de 2 ans et un bébé de 6 mois.
N’oublions pas, en outre, que le monde du travail est en moyenne peu prévenant aujourd’hui envers les femmes revenant de congé maternité. « On est dans une société où on essaie de tout faire au mieux pour l’enfant, alors que le monde du travail est devenu très dur, que le burn-out est très présent, constate Alain Chappotteau. La culpabilité maternelle par rapport à la reprise du travail dépend de son environnement et surtout de la reconnaissance qu’elle reçoit dans son travail, ce qui est, à ce jour, assez rare. » Culpabiliser en tant que maman est donc tout à fait normal et cela nécessite, pour mieux accepter de ne pas pouvoir tout faire comme on le juge parfait, d’être bien entourée, notamment par le co-parent.
*Étude de l’Insee « Regards sur la parité » (février 2008)
**Etude TNS-Sofres (février 2007)
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