La chicane est repartie entre Québec et Ottawa sur le pont de Québec – Le Journal de Québec

Après des mois de négociations, Yvon Charest pensait avoir trouvé une solution pour qu’Ottawa redevienne enfin propriétaire du pont de Québec. Mais à l’aube des élections, c’est plutôt une nouvelle querelle entre Québec et Ottawa qui a déferlé sur la région, hier. 
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Tramway, troisième lien, réfection des ponts… les sujets de discorde entourant le transport ont été nombreux au cours des derniers mois à Québec.
Cette fois, alors qu’Ottawa affirme avoir obtenu une entente avec le CN pour se réapproprier l’ouvrage patrimonial, il manquerait l’accord du provincial pour boucler l’affaire.
«Le CN et le MTQ sont en train de renouveler leur entente (de location du pont). Nous demandions que cette entente prévoie que si Ottawa dépose un accord au CN, le CN doit la signer. C’était simple. Québec ne veut pas ajouter la clause. Alors il rend le dossier inutilement compliqué. Ce qui amène encore plein de délais. C’est la première fois en 15 ans que les conditions sont réunies (pour une entente), le gros danger c’est que tout tombe à l’eau», a déclaré Yvon Charest, qui négocie pour le fédéral.
M. Charest a expliqué que le CN doit d’abord présenter l’entente conclut avec Ottawa au gouvernement du Québec, qui a le droit de prendre possession du pont.
Le gouvernement s’offusque
Par communiqué, le MTQ a dit «tenir à rectifier le tir». Il reconnaît avec un «droit de préemption» sur le pont (la possibilité de l’acquérir). Il réfute cependant qu’on lui a fait parvenir une offre et qu’il «empêche la conclusion d’une entente entre le CN et le gouvernement fédéral.»
Le MTQ ajoute estimer que «tout indique» que l’entente de location du pont avec le CN «devrait être renouvelée d’ici le 30 septembre».
Comme pour éviter de faire dérailler les discussions, le CN n’a pas voulu émettre de commentaires. 
2 pour 1
Yvon Charest a précisé que le loyer du pont «augmenterait de quelques millions.» Le fédéral chercherait ainsi à augmenter le financement pour l’entretien du pont et propose que Québec finance le tiers de cette augmentation.
«Mais pour chaque dollar additionnel, Ottawa va en mettre deux fois plus. Je pensais que c’était un partage équitable. Je ne sais pas la raison profonde pour laquelle Québec veut ralentir le processus et empêcher une transaction», a ajouté M. Charest.
«Comme citoyen j’ai de la misère à comprendre, a poursuivi M. Charest. Le fédéral est prêt à devenir propriétaire, à assurer la pérennité du pont et qu’il n’y a pas d’enjeu avec des pièces non remplaçables du pont. Il est prêt à faire de la peinture. C’est un pont qui est prêt à supporter le tramway si jamais dans le futur il traversait vers la rive-sud. »
L’exemple de Montréal
Le ministre caquiste et député de Charlesbourg, Jonatan Julien, a répété que la contribution du gouvernement du Québec dans ce dossier se limitera aux 200 millions $ pour la réfection du tablier.
« Que le fédéral assume ses engagements », a martelé le ministre Julien, qui accuse Ottawa d’essayer de « refiler la moitié de la facture » au gouvernement du Québec. Avant les dernières élections fédérales, en août 2021, le gouvernement Legault avait refusé net d’assumer 75 % des coûts annuels de maintenance du pont. La proposition sur la table à ce moment, qui totalisait 784 millions $, prévoyait un engagement de 284 millions $ de la part d’Ottawa et de 125 millions $ du CN. »
« Le pont Champlain, le pont Victoria, est-ce que le gouvernement du Québec vient assumer la moitié des coûts de réparation? Bien non, a rappelé M. Julien. C’est une mauvaise entente, celle qu’ils nous proposent, mais on souhaiterait bien que le fédéral respecte son engagement. » 
Le 3e lien
Le ministre fédéral et député de Québec, Jean-Yves Duclos, craint que ce soit pour « se donner un argument de plus pour un autre projet, le projet de troisième lien » que le gouvernement du Québec cherche à « miner » la concrétisation de l’entente qui serait survenue entre Ottawa et le CN. 
« On a besoin du premier lien, du premier pont de Québec… On ne peut pas s’en passer », a insisté M. Duclos.
Il a assuré qu’il n’y a pas de lien à faire entre cette sortie publique concernant le pont de Québec et les élections générales québécoises, qui sont déclenchées ce dimanche. 
« Non, c’est tout à fait relié à l’agenda du négociateur Yvon Charest », a dit M. Duclos. 
Pas surprenant
Michel L’Hébreux, historien spécialiste du pont, ne s’étonne pas de la situation.
«C’était prévisible un peu. Ce n’est pas à moi à déterminer les proportions à payer par chacune des parties. Ça demeure une responsabilité partagée et c’est urgent qu’une entente survienne. On a fondé le comité pour la sauvegarde du pont en 1987. Après 35 ans on est encore à la case départ», a-t-il décrié.

«Ce n’est pas normal qu’un bien patrimonial de cette importance qui est en même temps d’une grande utilité, appartienne à une compagnie privée qui peut en disposer comme elle le veut. C’est une icône pour la ville de Québec. Ce n’est pas un pont comme un autre, c’est une carte postale de Québec, qui rayonne partout dans le monde. On devrait être fier du pont et c’est loin d’être le cas actuellement», a-t-il ajouté en rappelant son utilité pour la circulation.
Mobilité durable
Par communiqué, Accès transports viables déplore aussi l’impasse.
« Ça fait près de 15 ans que la population attend un avancement dans le dossier du rachat du Pont de Québec. C’est une infrastructure qui a besoin d’amour, mais qui a le potentiel de contribuer à la mobilité durable dans la région si on en prend soin. C’est inacceptable que le gouvernement du Québec fasse encore retarder le dossier! », affirme Angèle Pineau-Lemieux, co-porte-parole.
Selon Accès transports viables, plusieurs alternatives de mobilité durable ont été proposées pour le Pont de Québec. Les maires Marchand et Lehouillier avaient émis la possibilité d’y mettre en place une piste cyclable bidirectionnelle.
Enfin, Gilbert Tessier, du Groupe l’Avenir du pont de Québec, aimerait qu’Ottawa en fasse plus.
«Il faudrait que le fédéral reprenne en entier le pont. La réfection du tablier serait la fin de l’implication du provincial. À Québec on doit faire des ponts plus gros pour la voie maritime. Ça crée une dépense qui pourrait être partagée par les Canadiens en général. Il y a aussi une question d’équité avec Montréal où le fédéral exploite les ponts Champlain et Jacques-Cartier. L’état du pont nous inquiète. C’est un dossier qui revient dans l’actualité à tout bout de champ, mais il n’y a pas d’action sur le terrain», a déploré M. Tessier.
Avec la collaboration de Marc-André Gagnon et de TVA Nouvelles

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