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« Je ne connais aucun pays où la définition de la virilité n'est pas … – Usbek & Rica

Quatrième épisode de notre partenariat avec mūsae, un média apportant un point de vue multidisciplinaire pour dédramatiser et démocratiser le sujet sensible de la santé mentale. Cette fois, Christelle Tissot, sa fondatrice, s’est entretenue avec Soufiane Hennani, cofondateur du podcast 100 % marocain Machi Rojola, pour mieux comprendre la charge mentale que la masculinité (et les imaginaires qu’elle génère) peut représenter.
On me demande régulièrement si mūsae est un média dédié aux femmes. Pourquoi cette question ? Parce que parler de soin, d’émotions et surtout de vulnérabilité, c’est « un truc de bonnes femmes » non ? Je caricature, bien sûr. Mais si la santé mentale est taboue pour l’ensemble de la société, elle l’est d’autant plus pour les hommes. La vulnérabilité masculine n’a pas bonne presse sur la place publique. Pour creuser le sujet et ouvrir des nouvelles perspectives, je me suis entretenue avec Soufiane Hennani, membre fondateur de Machi Rojola, le premier podcast 100% marocain qui promeut les masculinités positives.
J’ai commencé ce podcast lors du premier confinement en 2020. J’ai eu envie de donner un autre regard sur la masculinité. Tout ceci n’est pas arrivé par hasard. C’est lié d’abord à mon parcours de militant lors de mes années universitaires au Maroc, où j’étais notamment très engagé en faveur de la lutte contre le sida. Mon expérience est également liée à mon vécu en tant qu’homme vivant à Casablanca. C’est une ville où il y a une surexpression et surexposition des hommes dans l’espace public. Un jour j’ai demandé à un chauffeur de taxi : « Qu’est-ce qu’être un homme pour vous aujourd’hui ? » Il m’a répondu : « Aujourd’hui la masculinité est en voie de disparition car il y a une crise de la masculinité. »
Avec Machi Rojola j’ai eu envie de répondre à ce type de phrase en apportant de nouvelles perspectives. Aujourd’hui c’est bien plus qu’un podcast, c’est une plateforme ressources et un collectif composé de jeunes marocain·e·s qui veulent aborder les masculinités positives. Bientôt, nous allons lancer ensemble des formats hors-séries avec des talks en live, ainsi que la troisième saison du podcast.
 
Initialement, c’est une expression utilisée par les jeunes hommes pour se discriminer entre eux. Elle veut littéralement dire « ceci n’est pas une masculinité ». Par exemple, si tu n’as pas d’argent, on peut te dire : « Tu n’as pas d’argent ? Machi Rojola ! » Mon idée était de m’approprier cette expression pour la détourner et lui faire dire « Machi Rojola, so what ? »
Je ne pourrai pas te donner une seule définition de la masculinité. Elle n’est pas figée et intemporelle. Selon moi, elle est plurielle. J’apprends à la construire tous les jours. Quant à aux masculinités toxiques, ce sont toutes celles qui nuisent aux hommes, à l’environnement, aux femmes et aux personnes LGBTQAI+. La définition de ce qu’est une masculinité toxique est souvent liée à la virilité. À ce jour, je ne connais aucun pays où la définition de la virilité n’est pas toxique. La virilité toxique autorise les hommes à prendre beaucoup (trop) de place, que ce soit dans leur manière de s’asseoir, de prendre la parole, d’exprimer leurs sentiments, et même de faire de la politique. En théorie, la virilité ne devrait pas être toxique. Tout est affaire de dosage. Un degré de toxicité élevé peut conduire au féminicide. La virilité devrait reprendre sa place normale. Elle devrait être l’une des expressions des masculinités. Par exemple, ça me dérange lorsqu’on me dit qu’un homme qui pleure n’est pas viril.
Le plus important, c’est celui de cette charge mentale liée à la virilité. Elle crée une véritable prison pour les hommes. Au Maroc, avant même la naissance, on se réjouit davantage quand une femme attend un garçon plutôt qu’une fille. On va alors choisir pour lui ses jouets, son épouse, on va définir son orientation sexuelle. Dans les deux cas, qu’on accepte ces normes ou qu’on veuille s’en libérer, c’est une charge immense.
Le rapport à la santé de manière générale est compliqué. Elle est même taboue. Les hommes se font moins dépister ou diagnostiquer que les femmes car ce n’est pas conforme aux standards de virilité. Il faut être fort, il faut être puissant, il faut être solide. Même lorsque ces dogmes sont mis de côté, le processus est long pour prendre soin de sa santé mentale. Déjà, il faut identifier qu’on va mal. Il s’agit ensuite d’accepter sa vulnérabilité pour s’autoriser à en parler autour de soi ou avec une professionnel·le. D’ailleurs, le sujet est tellement associé à la folie ou à une faiblesse inacceptable que la plupart des consultations psy par les hommes sont prises tôt le matin ou tard le soir, à l’abri des regards.
Ici, au Maroc, en tant qu’hommes, nous nous sentons jugés lorsque nous abordons le sujet de la santé mentale. Nous craignons d’être pris pour quelqu’un de faible si on libère notre parole en nous livrant. Nous avons peur du regard des hommes, mais aussi de celui des femmes. C’est en ça que la virilité induit un faux privilège pour les hommes, celui d’être fort et puissant. En réalité, un homme qui ne pleure pas, ça n’existe pas. Mais les hommes entretiennent ce mythe en se persuadant qu’ils sont capables de ne pas pleurer. Ils préfèrent se couper de leurs émotions au détriment de leur vulnérabilité, et donc de leur humanisme, de leur empathie et de leur intelligence sociale. Les hommes qui n’expriment pas leurs émotions ou ont peur de les recevoir entretiennent des rapports toxiques avec leur partenaire, leur famille et le monde.
Lorsque vous êtes dans l’espace public, vous voyez des rapports physiques très sensuels entre les hommes : ils se touchent, s’embrassent. On peut même dire qu’il y a un certain érotisme. Mais ce n’est qu’une apparence : il y a beaucoup de pudeur, voire d’inhibition, dans l’expression de leurs émotions. Ça se retranscrit même dans le langage. Par exemple, en marocain, on n’a pas de mot pour dire « je t’aime ». Et pour dire « tu me manques », on dit « vous me manquez », comme si on voulait mettre de la distance. Derrière la sensualité physique, les rapports entre hommes au Maroc sont basés sur la concurrence, la violence et la richesse.
Comme partout dans le monde, il y a eu un avant et un après Covid. La pandémie a montré que la santé mentale concernait tout le monde. Ce n’est ni féminin, ni masculin, c’est tout simplement humain. Il y a une libération de la parole qui est en train de s’opérer, mais il y a une vraie résistance du système patriarcal. Et ce n’est pas dans l’intérêt de ce système que les hommes aillent mieux. Il y a encore beaucoup d’hommes masculinistes qui souhaitent conserver les faux privilèges de la virilité toxique.
Je suis très sensible à la pensée des femmes. J’adore l’écriture et le courage de Leila Slimani. J’ai également beaucoup lu Marguerite Duras. Il y a aussi des penseur·euse·s qui ont structuré ma réflexion comme la philosophe, sociologue et féministe Fatima Mernissi. Je pense aussi au sociologue et islamologue tunisien Tahar Addad. Il a énormément écrit sur la condition des femmes. Au début du Xxe siècle, il s’adressait déjà aux hommes pour dire que participer à l’émancipation des femmes, c’est finalement participer à l’émancipation de la société. Les membres de ma famille ont aussi été une immense source de construction. C’est le cas notamment de l’une de mes sœurs, mais aussi de mon père, qui ne m’a jamais jugé par rapport à mes engagements. Même s’il n’était pas d’accord avec certains sujets, il n’a jamais étouffé ma parole.
La chanteuse marocaine Oum, qui propose des chansons non genrées, car finalement l’amour n’a pas de genre non ?
Les Couilles sur la Table que j’écoute comme un cours magistral à part entière sur les masculinités.
Le Coeur sur la Table pour mettre des mots sur les maux.
Un podcast à soi.
Trois artistes américains viennent d’attaquer en justice les services de génération d’images Midjourney, DreamUp (DeviantArt) et Stability AI. Ils reprochent à ces entreprises d’avoir utilisé, sans autorisation, des milliards d’images protégées par le droit d’auteur pour entraîner leurs algorithmes et d’en avoir « bénéficié commercialement ». 

source

https://seo-consult.fr/page/communiquer-en-exprimant-ses-besoins-et-en-controlant-ses-emotions

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