Israël « fera tout » pour prévenir un Iran nucléaire, dit Lapid à Macron – The Times of Israël

Le Premier ministre Yair Lapid a promis lors d’un entretien téléphonique avec le président français Emmanuel Macron qu’Israël fera tout ce qui est en son pouvoir pour bloquer la perspective d’un Iran doté de l’arme nucléaire, alors même que l’Union européenne a fait savoir qu’une rencontre visant à finaliser un accord avec Téhéran pourrait être organisée cette semaine.
Lors de cette conversation, Lapid a répété que l’État juif s’opposait à une remise en vigueur de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 et il a ajouté que les puissances occidentales ne devaient pas faire de concessions supplémentaires à Téhéran. Il a expliqué qu’une remise en œuvre de l’accord – connu sous le nom de JCPOA, le Plan d’action global conjoint – permettrait à la République islamique de profiter de fonds significatifs qui viendront dynamiser les activités terroristes de Téhéran dans toute la région.
Israël « continuera à tout faire pour empêcher l’Iran d’acquérir des capacités nucléaires », a déclaré Lapid, selon un compte-rendu émis par son bureau.
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Le Premier ministre a aussi affirmé que l’accord qui est actuellement en cours de négociation avec l’Iran comprend « des éléments qui vont au-delà des limites fixées par l’accord original ».
Macron, de son côté, l’a rassuré, soulignant qu’il était déterminé à empêcher la République islamique de se doter d’une bombe atomique, selon le compte-rendu, et que les négociations, qui semblent être entrées dans la dernière ligne droite, prendraient en compte les « intérêts d’Israël ».
Le président Macron a dit à Lapid « son souhait de voir se poursuivre les efforts pour obtenir un accord (..) prenant en compte les intérêts de sécurité d’Israël comme des autres pays de la région », a indiqué l’Elysée.
Avec la perspective d’un accord imminent, le chef de l’Agence internationale de l’Énergie atomique a indiqué lundi que ce groupe de veille de l’ONU ne renoncera « absolument pas » à sa demande que Téhéran apporte une réponse justifiant la présence de traces de matériaux nucléaires qui n’avaient pas été déclarés sur plusieurs sites du pays.
« Abandonner une enquête, ce n’est pas quelque chose que l’AIEA a l’habitude de faire et l’Agence ne le fera jamais », a assuré Grossi devant les caméras de CNN. « Nous avons une obligation – une obligation légale – qui est de clarifier de nombreux éléments que l’Iran n’a pas encore clarifiés pour le moment… Cela fait longtemps que nous essayons de le faire. »
Il a ajouté que « c’est très simple. Nous devons avoir une explication : Si un matériau nucléaire s’est trouvé là, alors où est-il maintenant ? Et à ce moment-là, nous serons alors en mesure de faire un rapport établissant que oui, nous avons bien clarifié la question ».
Plus tôt, le chef de la diplomatie européenne a noté qu’une possible rencontre consacrée à la remise en vigueur de l’accord sur le nucléaire iranien pourrait avoir lieu « cette semaine » après la réponse apportée par Téhéran à une proposition soumise par le bloc.
« Une réunion avait été programmée à Vienne à la fin de la semaine dernière, mais cela n’a pas été possible. Il est néanmoins possible qu’elle ait lieu cette semaine », a annoncé Josep Borrell, responsable de la politique étrangère de l’UE, lors d’une conférence de presse organisée à Santander, en Espagne.
Borrell a ajouté que les négociations étaient allées aussi loin que possible et que les pourparlers avaient atteint « un tournant ».
« L’Iran a fait une réponse dont j’ai considéré qu’il était raisonnable de la transmettre aux États-Unis », a-t-il indiqué.
« Les États-Unis n’y ont pas encore répondu officiellement. Mais nous attendons leur réponse et j’espère que cette dernière nous permettra de mettre un point final aux négociations – je l’espère mais je ne peux pas vous l’assurer », a ajouté Borrell.
Les autres parties impliquées dans le JCPOA sont le Royaume-Uni, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie.
La semaine dernière, de hauts responsables israéliens avaient vivement recommandé à leurs homologues à Washington et dans les capitales européennes de se retirer des négociations, estimant que la proposition « finale » qui a été soumise par les Européens « ne répond même pas aux demandes que les États-Unis s’étaient engagés à faire ».
Ce message a été répété par Lapid lors d’un entretien téléphonique avec le chancelier allemand Olaf Scholz jeudi, selon un responsable israélien de haut-rang.
Pour leur part, les responsables américains ont tenté de rassurer Israël ces derniers jours, affirmant qu’un nouvel accord n’était pas imminent et que Washington n’avait accepté aucune concession nouvelle pour pouvoir conclure un nouveau pacte avec Téhéran, a fait savoir samedi le site Walla, qui a cité les propos tenus par des officiels américains.
« Nous sommes peut-être plus proches d’un accord que ce n’était le cas il y a deux semaines mais il y a encore des incertitudes concernant une résolution et il reste des désaccords avec les Iraniens », a confié un responsable américain au site, sous couvert d’anonymat. « De toute façon, la signature d’un accord nucléaire n’est pas prévue dans l’immédiat. »
Le message n’a pas pour autant calmé les inquiétudes de Jérusalem, a ajouté le site.
Les efforts visant à redonner vie au JCPOA moribond – cet accord avait été signé en 2015 entre les puissances mondiales et Téhéran avec pour objectif de freiner les ambitions nucléaires de la République islamique – se trouvent à un carrefour déterminant.
Au début du mois, après plus d’un an de pourparlers coordonnés par Borrell et par son équipe, l’UE a soumis un texte qu’elle a qualifié de « final ».
Le document veut remettre pleinement en vigueur l’accord sur le nucléaire en y réintégrant les États-Unis, après leur retrait unilatéral décidé par l’ancien président Donald Trump en 2018.
Le départ de Washington du JCPOA avait amené Téhéran à renoncer à ses engagements pris dans le cadre de l’accord. La République islamique a depuis lancé un travail d’enrichissement de l’uranium, enrichissement qui a presque atteint le niveau requis pour la fabrication d’une arme nucléaire.
Pendant la conversation entre les deux dirigeants, Emmanuel Macron a par ailleurs dit « l’importance de préserver le cessez-le-feu entré en vigueur le 7 août » à Gaza.
L’armée israélienne a mené début août une opération contre le mouvement palestinien armé Jihad islamique à Gaza, qui s’est soldée par la mort de 46 Palestiniens, selon un bilan du Hamas au pouvoir.
Le président français s’est d’autre part « une nouvelle fois enquis de la situation de Salah Hamouri », l’avocat franco-palestinien en détention administrative en Israël, une procédure qui permet d’incarcérer des suspects sans accusation formelle.
La justice militaire israélienne le considère comme un membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation marxiste dotée d’une branche armée, ce qu’il nie.
Fin avril, le ministère français des Affaires étrangères avait dit souhaiter que Salah Hamouri « soit libéré et qu’il puisse mener une vie normale à Jérusalem, où il est né et où il réside, et que son épouse (française, interdite d’entrée en Israël) et ses enfants obtiennent le droit de s’y rendre pour le retrouver ».
Lazar Berman a contribué à la rédaction de cet article.
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