Inflation: les prix des produits alimentaires et de grande consommation en hausse de 7,9% sur un an – Libération

L’alimentation représente 17% des dépenses globales des 50% des Français aux revenus les moins élevés, selon l’Insee. (Eric Gaillard/REUTERS)
Dans les rayons de la grande distribution, il ne reste plus qu’une seule catégorie de produits dont les prix n’ont pas augmenté depuis un an… Les apéritifs anisés. Ils ont même vu leur prix légèrement baisser en août (-0,7 % sur un an). Le maquillage, les assouplissants, les produits de lave-vaisselle sont aussi préservés, avec des hausses de moins de 1 % sur la même période.
Pour le reste, cela ne va pas, mais pas du tout, en s’arrangeant. L’inflation des produits alimentaires et de grande consommation atteint en moyenne 7,9 % en août, sur un an, sur tous les circuits de distribution, selon la dernière étude de l’institut Iri. Un nouveau record après une hausse de 6,7 % en juillet, de 4,9 % en juin et de 3,8 % en mai. «La surprise vient de la rapidité et du niveau de ces hausses, constate Emily Mayer, spécialiste des produits de grande consommation chez Iri. Sur 300 familles de produits, 67 ont des progressions à deux chiffres. Même les produits d’hygiène et d’entretien, qui ne sont traditionnellement pas inflationnistes, notamment parce qu’ils sont hors du champ de la loi Egalim, sont concernés.»
Dans le détail, c’est sur les viandes surgelées (+28,7 %), celles hachées (+21,8 %), les pâtes alimentaires (+19,8 %), les rouleaux d’emballage alimentaire (+ 18,3 %) et les mouchoirs en papier (+18,2 %) que sont enregistrées les progressions les plus fortes. Il s’agit principalement des conséquences de l’envolée des cours des matières premières alimentaires ces derniers mois. Aux aléas climatiques qui sapent les récoltes, comme les sécheresses et les inondations, se sont ajoutées depuis fin février les incidences de la guerre en Ukraine, qui était avant le conflit le cinquième exportateur mondial de blé au monde et le quatrième de maïs. L’invasion russe a aussi fortement pesé sur les cours de l’énergie.
Si les écarts moyens ne sont pas très marqués entre moyennes et grandes surfaces, ils sont en revanche très nets entre les types de marques. Celles nationales voient leurs prix croître de 6,8 % sur un an en août, celles de distributeurs augmentent de 10,3 %. Les premiers prix, eux, se renchérissent de 12,9 % ! Pour Emily Taylor, cela s’explique par «l’absence de variable d’ajustement dans la composition des prix de ces produits. Quand les coûts augmentent, il n’est pas possible, comme pour les autres marques, de rogner sur les dépenses de marketing puisqu’elles n’existent pas. Il n’y a donc pas d’autre choix que de les répercuter. C’est par ailleurs la seule catégorie qui progresse en volume, avec une hausse de 7 % en volume en juillet par rapport au mois précédent».
Si cette inflation des produits de grande consommation atteint le pouvoir d’achat des tous les consommateurs, elle a des conséquences bien plus douloureuses pour les plus défavorisés. Les dépenses alimentaires sont en effet l’un des deux postes du budget des ménages, avec le logement, où les niveaux de vie entraînent les disparités les plus exacerbées. Les 10 % les plus riches y affectent 13,6 % de leurs dépenses totales quand la moitié de la population aux revenus les moins élevés y consacre plus de 17 %, selon les données de l’Insee. L’inflation sur les premiers prix touche de plein fouet les plus précaires, qui achetaient déjà ces produits avant le retour de l’inflation. Contrairement aux autres consommateurs, ils n’ont aucune catégorie de produits meilleur marché sur laquelle se reporter pour limiter leurs dépenses.
Les prochains mois ne devraient guère apporter de répit. Les prix pourraient continuer de flamber, d’autant que les négociations commerciales entre les fournisseurs et la grande distribution, d’habitude closes au 1er mars, ont été prolongées en raison de la situation exceptionnelle. Une telle accumulation de facteurs inflationnistes rend difficile, à ce stade, de déceler les entreprises qui profiteraient de la période pour faire passer des hausses de tarifs infondées. L’institut Iri ne table pas sur une accalmie avant le milieu de l’année prochaine.
© Libé 2022
© Libé 2022

source



A propos de l'auteur

Avatar of Backlink pro
Backlink pro

Ajouter un commentaire

Backlink pro

Avatar of Backlink pro

Prenez contact avec nous

Les backlinks sont des liens d'autres sites web vers votre site web. Ils aident les internautes à trouver votre site et leur permettent de trouver plus facilement les informations qu'ils recherchent. Plus votre site Web possède de liens retour, plus les internautes sont susceptibles de le visiter.

Contact

Map for 12 rue lakanal 75015 PARIS FRANCE