Incapable de m'exprimer, je suis constipé des émotions – NEON

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© JULES LE BARAZER POUR NEON
Vous avez beau ressentir des choses, quand il s’agit de les exprimer, ça ne sort pas. Comment faire pour ne pas exploser et se libérer au bon moment ?

Quand Claire apprend que sa grand-mère est au plus mal, elle court à son chevet pour la voir une toute dernière fois avant qu’elle s’en aille. « Je suis venue lui dire que je l’aimais, qu’elle allait me manquer », détaille-t-elle après coup. Mais une fois qu’elle se trouve face à elle, rien. Les mots ne sortent pas. Elle reste muette.
« Depuis, j’y pense souvent et je le regrette vraiment. Ma vie c’est ça : impossible de dire ce que je ressens. Positif ou négatif, peu importe. J’ai l’impression d’être une handicapée des sentiments. » En réalité, Claire souffre de constipation émotionnelle. Consciemment ou non, le système s’est bloqué et tout ce qu’elle éprouve reste à l’intérieur lové dans une sorte d’entre-soi affectif.
La psychiatre et psychothérapeute parisienne, Stéphanie Hahusseau, auteure de Tristesse, peur, colère. Agir sur ses émotions (éd. Odile Jacob), est experte en constipation émotionnelle et son appréciation est irrévocable : « Ce n’est pas une bonne idée de stocker ses émotions. Cela entame la qualité de notre relation avec les autres et impacte notre santé. » D’après elle, il existe deux grands types de constipés.
D’abord ceux qui connaissent leurs sentiments, qui en ont conscience mais choisissent plus ou moins délibérément de ne pas les exprimer. C’est le cas de Claire, mais aussi de Julia, 27 ans, qui a toujours eu du mal à dire quand elle n’allait pas bien, pour une raison très précise :
« Ma seule façon de gérer mes émotions, c’est de pleurer, explique-t-elle. Quand je suis triste, en colère, stressée, si un sujet débattu me tient à cœur, si quelqu’un me raconte quelque chose d’émouvant ou révoltant, je pleure. Je déteste me mettre dans cet état devant les gens. Dans ma famille, on me traite de chouineuse. Alors maintenant, je me tais sauf quand je suis vraiment en confiance. »
La deuxième catégorie de constipés sont ceux qui, au contraire, n’ont pas conscience de leurs émotions et ne parviennent pas à les verbaliser. Ils ne relient pas leurs sensations physiques – comme la gorge nouée, la transpiration, l’accélération du rythme cardiaque ou de la respiration – à une émotion. Ils ne trouvent pas de mots à mettre dessus. Ce trouble, appelé l’alexithymie, toucherait jusqu’à 15% de la population.
Dans ces deux cas de figure, la constipation émotionnelle trouve souvent ses fondements dans l’enfance, d’après la psychiatre : « Il y a un manque d’éducation émotionnelle. Ces personnes n’ont pas appris à réguler leurs émotions alors elles ne savent pas les formuler et les détectent mal. » Si vos parents appelaient le docteur quand vous aviez mal au ventre avant un tournoi de poney en CE2, vous n’avez pas compris que ce n’était pas une gastro mais du stress et ça vous poursuit encore aujourd’hui.
Les conséquences du stockage de sentiments sont multiples. D’abord, le risque est de développer des obsessions, que ça tourne en rond dans notre tête. Exemple de pensées d’un constipé : « Mais pourquoi est-ce que mon boss m’a dit que j’avais une sale gueule ce matin ? Peut-être qu’il ne va pas bien et qu’il est méchant gratuitement. Ça m’a surpris, je crois. Non, ça m’a plutôt mis en colère. Ah ! Mais c’est peut-être parce que j’ai dû quitter plus tôt hier. Il m’en veut ? En même temps, c’est vrai, j’ai une sale tête. Putain d’insomnie. Comment c’est possible d’aussi mal dormir ? Je vais mal, c’est moi. Je fais tout à l’envers. Je ne suis qu’une merde. Tu n’es qu’une merde. » Sympa, non ?
Pour Antoine, 27 ans, l’une des conséquences les plus néfastes de la constipation émotionnelle de sa femme Charlotte, c’est « son côté cocotte-minute. Elle fonctionne dans l’excès. Elle ne dit rien et puis le mal-être culmine et elle devient violente dans ses propos et ses actes. » La dernière fois que c’est arrivé, ça n’allait pas depuis des mois à son boulot – elle est styliste à Paris– à cause de « deux nouvelles collègues gamines et très cancan ». L’agacement et la frustration s’entassent. « Et du jour au lendemain, elle a posé sa dém, a tout laissé tomber et décidé qu’elle serait mieux seule à la maison », décrit Antoine.
Au quotidien, ce que Rachel, 23 ans, redoute le plus, ce sont ces situations gênantes pendant lesquelles les gens interprètent sa neutralité de façade comme un manque d’empathie et même une tendance à se moquer des problèmes des autres.
« Je me souviens d’une fois où un ami m’a raconté, très ému, qu’il avait vu un pote se faire traîner par terre par des policiers lors d’une manif. Comme je ne savais pas comment réagir, j’ai mis les pieds dans le plat en disant : « Quand même, on savait que ça serait violent, je ne comprends pas pourquoi tu es étonné. » Coucou le manque d’empathie. »
Pour ne pas vexer son entourage, elle a pris l’habitude d’expliquer, de manière rationnelle, son air neutre en envoyant après coup des paragraphes explicatifs par écrit à ses potes. « Ça donne des trucs du genre : « C’est très gentil ce que tu as fait pour moi, même si je n’en ai pas l’air, je suis touchée par ton geste. » »
Une autre solution pourrait être d’enfin apprendre à apprivoiser ses émotions. « Exprimer ce qu’on ressent, c’est comme aller aux toilettes : je pense que nous avons tous besoin de nous vidanger une fois par jour, détaille Stéphanie Hahusseau. Il faut éviter les situations toxiques mais on sait que, quoi qu’il arrive, la vie nous fournit un certain nombre de choses difficiles et on n’en fera pas l’économie. Donc autant se vider une fois par jour, en pleurant par exemple. »
Elle propose aussi une méthode laxative en quatre étapes à expérimenter dès qu’on ressent un fort émoi (voir encadré ci-contre). D’après, elle, « quand une émotion est bien accueillie, elle dure vingt minutes. C’est un phénomène ponctuel. Au pire une heure, voire deux, mais pas plus. » Vous en pensez quoi ? C’est peut-être mieux de se purger régulièrement plutôt que de ruminer pendant deux ans, non ?

La technique pour bien se vidanger
ÉTAPE 1. Apprendre à identifier ses émotions et les ressentir dans son corps. Allongé sur le dos, il faut fermer les yeux, écouter sa respiration et constater qu’elle se fait toute seule. Le système nerveux autonome s’en occupe. Se concentrer alors sur ce qui se passe dans le corps. Les épaules crispées ? Le cœur qui bat fort ?

ÉTAPE 2. Nommer les émotions ressenties. Par exemple : « Finalement, je ne suis pas triste, je suis vexé. »

ÉTAPE 3. Prendre acte de cette émotion sans jugement. « Je suis vexé. Ce n’est pas une émotion « noble », mais c’est comme ça. » Si vous vous en voulez d’être vexé, vous vous insultez intérieurement, ce qui ne fait qu’aggraver la situation puis que vous ajoutez une deuxième vexation. Alors autant juste se dire « je suis vexé, mais c’est ok. »

ÉTAPE 4. La dernière étape consiste à exprimer ses émotions verbales, mais elle est facultative. Faites-le uniquement si vous en avez besoin. « Ceux qui n’ont pas de mal à exprimer leur émotion ont tendance à le faire à chaud en pensant qu’ainsi, ils la régulent, explique la psychiatre. Au contraire, en parler a plutôt tendance à la renforcer. » Plus vous dites que vous êtes énervé, plus vous le serez.
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