Guerre en Ukraine en direct : l'ONU lance une enquête sur les explosions à la prison d'Olenivka – Le Monde




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L’Ukraine et la Russie ont toutes les deux réclamé cette enquête. Vendredi 29 juillet, des explosions dans la prison d’Olenivka, située dans une zone séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine, ont fait plusieurs dizaines de morts.
Notre nouveau live est à retrouver ici.
Le Sénat américain a approuvé, mercredi, une résolution ratifiant les protocoles d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), après la décision historique de ces deux pays de renoncer à leur neutralité en raison de l’invasion russe en Ukraine.
Le Sénat a approuvé cette résolution soutenue par l’administration Biden lors d’un vote à une très large majorité, avec les élus des deux partis (95 voix pour, 1 contre). Il fallait au moins les deux tiers des sénateurs pour approuver le texte.
Mardi, le Parlement français avait lui-même ratifié les protocoles d’adhésion des deux pays à l’OTAN, rejoignant « vingt alliés », s’était félicitée la ministre des affaires étrangères française, Catherine Colonna.
En comptant les Etats-Unis et l’Italie, qui s’est exprimée peu après la France, 23 Etats ont déjà ratifié l’adhésion des deux pays sur les trente nécessaires, selon le décompte de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. La décision historique de Stockholm et d’Helsinki doit être approuvée par les trente Etats membres, afin de bénéficier de l’article 5 du traité de l’Alliance de l’Atlantique nord, fondée en 1949 au début de la guerre froide.
Cet article 5 déclenche une riposte commune en cas d’attaque contre l’un des membres de l’OTAN.
Malgré les sanctions prises contre la Russie et son entrée prochaine au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), la Suisse « est toujours neutre », a assuré, mercredi, son président Ignazio Cassis, distinguant « neutralité » militaire et condamnation d’une violation du droit international.
« Bien sûr qu’il y a en Europe un sentiment d’une unité plus forte contre cette agression [de l’Ukraine par la Russie] qui nous a tous réveillé d’une situation de paix dont on bénéficiait depuis 70 ans », a déclaré le président en exercice de la Confédération, lors d’un entretien avec quelques journalistes au siège de l’ONU à New York.
Mais « la Suisse est toujours neutre, la neutralité de la Suisse n’est pas en question », a-t-il assuré, rejetant notamment l’idée d’un rapprochement avec l’OTAN. « Rapprocher dans le sens d’un pas intermédiaire pour demander un jour de devenir membre, non, pour l’instant ce n’est pas une discussion politique en Suisse ».
« La neutralité est assez simple : on ne prend pas part à une guerre, on n’envoie pas d’armes ou de troupes dans une guerre, et on ne donne pas son territoire pour des armes ou des troupes de parties en guerre, ni on ne participe à une alliance militaire comme l’OTAN », a-t-il développé. Mais « autour de cette neutralité, il y a une politique extérieure et de sécurité », et « condamner la violation du droit international par cette agression militaire russe est une obligation axée sur la Constitution et qui ne lèse en rien la neutralité », a-t-il insisté.
La Suisse a repris les sanctions contre des responsables russes décidées par l’Union européenne après l’invasion de l’Ukraine. Selon certains observateurs, pour cette raison, Moscou semble estimer que la Suisse n’est plus neutre, position qui serait à l’origine de la pause forcée des pourparlers syriens dont une nouvelle session devait avoir lieu fin juillet à Genève.
« On s’attendait à ce que les Russes ne nous remercient pas des sanctions, c’est une réaction qui était amplement prévisible mais qui ne change en rien la position de la Suisse », a commenté Ignazio Cassis.
Pour la première fois depuis son adhésion aux Nations unies il y a 20 ans, la Suisse a été élue en juin pour occuper à partir de janvier un des sièges de membres non permanents du Conseil de sécurité. Plaidant pour un « renforcement » du traité de non-prolifération des armes nucléaires dont les Etats signataires sont réunis à l’ONU depuis lundi, le président suisse a indiqué que son pays essaierait au sein du Conseil de sécurité de « faire le pont » entre puissances nucléaires et non nucléaires, « avec la crédibilité d’un pays neutre ».
Kherson, grande ville du sud de l’Ukraine, est sous le contrôle de l’armée russe depuis le 3 mars. Mais depuis le 30 avril, une autre forme d’occupation s’est ajoutée à celle des soldats russes arpentant les rues : une coupure brutale du trafic Internet a alors été observée dans la localité, avant de revenir à la normale le lendemain. Entre-temps, Kherson Telecom, principal fournisseur d’accès Internet (FAI) de la région, a été remplacé par Miranda-Media, opérateur de Crimée, territoire annexé par la Russie depuis 2014.
La stratégie de la manipulation des réseaux consiste à « créer une dépendance » et à s’assurer « le contrôle de l’information », observe Louis Pétiniaud, docteur en géopolitique et chercheur au centre Géode, centre de recherche et de formation consacré aux enjeux stratégiques et géopolitiques du cyberespace.

Bonjour Tibo,
Vous tombez très bien : l’université de Yale a publié hier une étude concernant les conséquences des sanctions prises par l’Occident contre la Russie.
En version courte : ces sanctions pèsent lourdement sur l’économie russe, contrairement à ce que le Kremlin et le Rassemblement national en France affirment.
En version longue, si vous êtes en forme : selon la propagande russe, les sanctions économiques imposées par les pays occidentaux contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine, auraient créé une « guerre d’usure économique qui fait des ravages à l’Ouest », à laquelle s’opposerait la supposée « résilience » voire « prospérité » de l’économie russe. Ce récit est « tout simplement faux », expliquent ces experts, qui dénoncent des « statistiques sélectionnées » par le président russe, Vladimir Poutine.

Selon leur analyse, « les départs des entreprises et les sanctions paralysent l’économie russe, à court et à long terme ». Les sanctions économiques, ainsi, dissuadent de nombreuses entreprises et pays de continuer à commercer avec la Russie. Et le pays peine à se fournir en pièces détachées et matières premières, ou à obtenir certaines technologies essentielles.

Le tableau est sombre : « Malgré les illusions d’autosuffisance et de substitution des importations (…), la production intérieure russe s’est complètement arrêtée et n’a pas la capacité de remplacer les entreprises, les produits et les talents perdus. » Les entreprises qui ont quitté le pays « représentent environ 40 % de son PIB, annulant la quasi-totalité des trois décennies d’investissements étrangers », avancent également les auteurs de cette enquête.

Pour pallier ces faiblesses, Vladimir Poutine « a recours à une intervention budgétaire et monétaire insoutenable », et les finances du Kremlin « sont dans une situation bien plus désespérée que ce qui est admis ».

Quant au « pivot vers la Chine » voulu par Vladimir Poutine, il pourrait se fonder sur « des hypothèses optimistes irréalistes ». « La Russie représente un partenaire commercial mineur pour la Chine, (…) et la plupart des entreprises chinoises ne peuvent pas risquer d’enfreindre les sanctions américaines », décrivent ainsi les auteurs de l’étude. Ils soulignent aussi que les entreprises chinoises « manquent en amont de nombreuses technologies nécessaires pour maintenir et entretenir l’approvisionnement pétrolier et gazier russe. »

Selon le Fonds monétaire international, la Russie connaîtra une récession de son produit intérieur brut (PIB) de 6 % en 2022, selon ses dernières prévisions publiées mardi.
Selon le premier ministre roumain C, « il faudrait être un doux rêveur » pour croire que les relations entre la Russie et l’Occident reviennent à leur état d’avant-guerre dès que les combats auront cessé en Ukraine.

Bien qu’il ait déclaré qu’il ne pensait pas que la Russie attaquerait un pays de l’OTAN, la guerre actuelle a confirmé plus d’une décennie d’avertissements des membres orientaux de l’alliance selon lesquels Poutine est déterminé à reprendre le territoire autrefois contrôlé par l’Union soviétique.
Bonjour Luc,
Nous ne connaissons pas le nom des destinataires finaux des 26 000 tonnes de maïs à bord du Razoni. Ce que nous savons en revanche, c’est que la cargaison de ce navire attendu au port de Tripoli, au Liban (à ne pas confondre avec la capitale libyenne), dans quelques jours, doit être distribuée dans le pays et n’est pas censée être ré-exportée.
Ce pays méditerranéen est très dépendant des cultures ukrainiennes et connaît actuellement une grave crise financière, politique et alimentaire. A titre d’exemple, le Liban importait en 2020 plus de 60 % de son blé d’Ukraine, selon l’Observatoire de la complexité économique du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Lors de cette même conférence de presse, le secrétaire général de l’ONU a annoncé « lancer une mission d’enquête » après avoir « reçu les requêtes de la Fédération de Russie et de l’Ukraine » concernant les explosions la semaine dernière dans la prison d’Olenivka, tout en rappelant que les Nations unies n’ont pas l’autorité pour conduire des « enquêtes criminelles ».
« Nous espérons obtenir toutes les facilités d’accès de la part des deux parties et l’obtention des données nécessaires pour établir la vérité sur ce qui s’est passé », a-t-il ajouté, précisant être en train de chercher les personnes adéquates, « indépendantes et compétentes », pour intégrer cette mission.
La semaine dernière, les explosions dans la prison d’Olenivka, dans une zone séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine et où étaient détenus des soldats ukrainiens faits prisonniers à Marioupol, ont fait des dizaines de morts, selon l’armée russe. Moscou accuse Kiev d’avoir bombardé ce camp de prisonniers, ce que nient les autorités ukrainiennes, qui affirment à l’inverse que ces détenus ont été massacrés par les forces russes.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé aujourd’hui la « cupidité » des grandes entreprises pétrolières et gazières qui réalisent des profits record grâce à la crise provoquée par la guerre en Ukraine. « Il est immoral que les entreprises pétrolières et gazières fassent des profits record grâce à cette crise énergétique, sur le dos des populations et des communautés les plus pauvres, avec un coût massif pour le climat », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, donnée à l’occasion de la publication du troisième rapport de l’ONU sur les conséquences mondiales de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
« J’appelle tous les gouvernements à taxer ces profits excessifs et à utiliser ces fonds pour soutenir les plus vulnérables en ces temps difficiles », a-t-il ajouté, mettant en balance les 345 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire dans 82 pays d’ici fin 2022 – soit 47 millions de plus à cause de cette guerre – et les près 100 milliards de dollars les profits réalisés en 2022 par les majors des hydrocarbures, dont BP, ExxonMobile, Chevron, Shell ou encore TotalEnergies.
L’ambassadeur d’Ukraine au Liban, Ihor Ostash, a demandé aujourd’hui au gouvernement libanais que le Laodicea, un navire syrien amarré dans le port libanais de Tripoli, soit empêché de partir des côtes libanaises. Selon Kiev, ce navire transporte 10 000 tonnes de farine et d’orge volées en Ukraine par les Russes.
Lors de sa conférence de presse, M. Ostash a montré des documents montrant le chargement du Laodicea, dans la péninsule de Crimée annexée par la Russie. Ces preuves que le navire contenait des marchandises volées ont été transmises à Beyrouth, a-t-il ajouté. « Bien sûr, il est important de comprendre que nous aimerions passer par des procédures légales pour fournir toutes les preuves possibles du côté ukrainien », a déclaré M. Ostash.
Ce navire avait été saisi lundi, le temps d’une investigation par la justice libanaise, puis autorisé à repartir hier par le procureur Ghassan Oueidat, après que les investigations n’ont pas permis d’établir que les marchandises transportées étaient volées. Kiev espère donc obtenir une révision de cette décision grâce à la communication de ces preuves.
Bonjour Lolxd,
La mer Noire est effectivement criblée de mines marines, disséminées par les forces ukrainiennes pour se prémunir d’un assaut amphibie russe.
Un déminage a eu lieu cette dernière semaine « dans le couloir nécessaire pour les exportations », a fait savoir Kiev, afin de permettre le passage des bateaux chargés de céréales. Ces derniers suivront un chemin bien précis, en convoi, et seront accompagnés de navires ukrainiens lors de leur entrée et de leur sortie des ports, afin d’éviter tout accident.

« Les régimes de sanctions au Canada, dans l’Union européenne et au Royaume-Uni, ainsi que les incohérences de la situation actuelle concernant les obligations contractuelles de Siemens, rendent impossible la livraison » d’une turbine Siemens présentée comme essentielle au fonctionnement du gazoduc Nord Stream, a déclaré ce mercredi le géant gazier russe Gazprom. Ce gazoduc, d’une capacité selon Gazprom de 167 millions de mètres cubes quotidiens, relie la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique. Il est stratégique pour les approvisionnements en gaz des Européens, surtout ceux des Allemands, très dépendants des ressources énergétiques russes.
De leur côté, les Européens accusent Moscou de chercher un prétexte pour retarder le retour de cette turbine et réduire encore ses livraisons de gaz, dans le contexte des tensions autour de l’Ukraine. Ce matin, le chancelier allemand, Olaf Scholz, avait accusé la Russie d’être responsable du blocage de la livraison de cette turbine actuellement en Allemagne. Moscou doit juste « fournir les informations douanières nécessaires pour son transport vers la Russie », avait-il dit lors d’une visite à l’usine de Siemens à Mülheim an der Ruhr (ouest), où se trouve cette turbine.
La Russie a réduit en juin et en juillet le volume de ses livraisons, en disant que le gazoduc ne pouvait fonctionner normalement sans la turbine partie en réparation au Canada et qui n’était pas, selon elle, revenue en Russie à cause des sanctions imposées par les Occidentaux à la suite de l’assaut russe contre l’Ukraine.
La Suisse, qui compte de nombreuses raffineries pour recycler et fondre des lingots d’or, interdit à son tour « d’acheter, d’importer ou de transporter de l’or et des produits en or en provenance de Russie », a annoncé aujourd’hui son conseil fédéral. « Tout service lié à ces biens est également interdit », précise ce dernier dans son communiqué.
La Suisse s’aligne ainsi de nouveau sur les sanctions de l’Union européenne, qui a ajouté le 21 juillet l’interdiction d’importer de l’or d’origine russe à la liste des restrictions après l’invasion de l’Ukraine. Traditionnellement neutre, la Suisse avait rompu avec son habituelle réserve dans les jours suivant le début de la guerre en Ukraine en s’alignant sur les sanctions économiques de l’Union européenne. Mais la reprise des sanctions concernant les importations d’or par la Suisse était très attendue.
En mai, trois tonnes d’or originaire de Russie avaient été importées depuis le Royaume-Uni, sans qu’il soit possible d’identifier quelle entreprise les avait fait venir en Suisse, avait révélé l’agence Bloomberg. Face à ce mystérieux arrivage, l’Association suisse des fabricants et commerçants de métaux précieux, qui représente les plus grandes raffineries du pays, avait pris contact avec ses membres et assuré qu’aucun d’entre eux n’était à l’origine de ces importations. Cette organisation professionnelle avait insisté sur le fait que « l’or douteux » n’avait « pas sa place en Suisse » et recommandé à ses membres d’agir « avec la plus grande précaution ». Les douanes suisses avaient alors annoncé examiner ces importations à la lumière des sanctions, tout en insistant sur le fait que les importations d’or en provenance de Russie n’étaient pas interdites.
Si les exportations d’or étaient déjà frappées par des sanctions, les importations n’étaient, elles, pas interdites dans l’ordonnance instituant des sanctions contre la Russie, avaient expliqué les douanes.
L’ancien chancelier allemand proche de Vladimir Poutine, Gerhard Schröder, a déclaré au magazine Stern que le Kremlin était ouvert à des pourparlers pour mettre fin à la guerre en Ukraine. « La bonne nouvelle : le Kremlin veut une solution négociée », affirme-t-il. Vladimir Poutine serait prêt à négocier, et M. Schröder en tient pour preuve l’accord sur les céréales signé fin juillet, premier pas vers un « armistice ». « D’ailleurs, si vous regardez les problèmes qui sont vraiment centraux, on peut tout à fait les résoudre », assure-t-il.
Il estime par exemple « aberrant[e] » l’idée que l’Ukraine récupère la Crimée, annexée par la Russie depuis 2014, et avance l’hypothèse d’un pays neutre militairement et d’une solution sur le modèle des « cantons suisses » pour le Donbass, sans plus de détails. Une proposition alignée sur les exigences préalables à toute négociation de Moscou.
Mercredi, le conseiller présidentiel ukrainien Mykhaïlo Podoliak a répondu sur Twitter à Gerhard Schröder [orthographiant son nom « Shredder », soit « déchiqueteuse » en français], le qualifiant de « voix de la cour royale russe ». « Moscou fait monter le niveau de terreur d’une main, et invite à la capitulation de l’autre, a-t-il ajouté. Si [les Russes] veulent un dialogue, cela ne dépend que d’eux. [En commençant] d’abord [par mettre en place] un cessez-le-feu, puis le retrait des troupes ».

« Pourquoi devrais-je m’excuser ? » Regard bleu glacial et demi-sourire aux lèvres, Gerhard Schröder nargue les Allemands en portrait serré. A la « une » du magazine Stern, il occupe, mercredi 3 août, tous les kiosques du pays. L’hebdomadaire a décroché une interview de cinq heures avec celui qui travaille comme lobbyiste pour des groupes énergétiques russes et qui revendique une proximité personnelle avec le président russe, Vladimir Poutine. La semaine dernière, à un journaliste allemand croisé par hasard dans un hôtel de la capitale de la Russie, il avait affirmé prendre tout simplement ses congés à l’ombre des tourelles du Kremlin : « Moscou est une jolie ville. »
Gregor Peter Schmitz, le rédacteur en chef de Stern, qui a mené l’interview à Hanovre, ne s’étonne pas de l’absence de mea culpa de la part de M. Schröder : « Il avait ce ton presque jovial qu’on lui connaît depuis toujours. Il a tout de suite annoncé qu’il avait rencontré Poutine, sans concertation avec le gouvernement fédéral allemand. » Le septuagénaire, visé par une procédure d’exclusion du Parti social-démocrate, privé de ses avantages d’ancien chancelier depuis le mois de mai, pense avoir un rôle à jouer comme intermédiaire avec la Russie.

Des experts turcs, russes et ukrainiens ont inspecté mercredi près d’Istanbul le navire transportant le premier chargement de céréales exporté par l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, le 24 février. L’inspection du Razoni a duré un peu moins d’une heure et demie. Le cargo a ensuite poursuivi sa route à destination du Liban, en s’engageant dans l’entrée nord du Bosphore en début d’après-midi.

Cette inspection marquait la fin d’une « phase de test » des opérations de mise en œuvre de l’accord international signé en juillet à Istanbul en vue d’enrayer la crise alimentaire mondiale, a souligné le secrétariat du centre de coordination conjointe. « L’équipe d’inspection a pu s’entretenir avec l’équipage et s’enquérir du trajet effectué dans le couloir maritime humanitaire dédié en mer Noire », a-t-il précisé avant d’ajouter que « les exportations de millions de tonnes de blé, de maïs et autres céréales doivent se poursuivre au départ de trois ports ukrainiens ».

Le cargo, battant pavillon de la Sierra Leone, avait quitté lundi le port ukrainien d’Odessa, sur la mer Noire, avec 26 527 tonnes de maïs à destination de Tripoli, au Liban. Selon Kiev, seize autres bateaux chargés de céréales sont en attente de quitter Odessa, le principal port ukrainien qui concentrait avant la guerre 60 % de l’activité portuaire du pays.

Dans son dernier rapport publié sur Facebook, le commandement militaire du sud de l’Ukraine a décrit la situation sur le terrain comme étant « tendue » et a affirmé que Moscou avait « commencé à rassembler des effectifs pour attaquer en direction de Kryvy Rih ». Cette ville sidérurgique, où le président ukrainien a grandi, se trouve à environ 50 kilomètres de la ligne de front située au sud du pays.
« Il est également fort probable que l’ennemi prépare une contre-offensive avec pour projet ultérieur d’atteindre la limite administrative de la région de Kherson » a ajouté le commandement militaire régional ukrainien, qui précise que, selon ses informations, les forces russes examinaient les sous-sols de la région pour y créer des abris antibombes et y stocker du matériel militaire.
L’Ukraine a tenté d’accroître la pression sur les positions russes dans la région de Kherson, stratégiquement importante pour la mer Noire, et a utilisé des armes à longue portée fournies par l’Occident pour frapper les lignes d’approvisionnement et les dépôts de munitions russes.
L’armée russe a bombardé ce mercredi la ville de Tchouhouïv, dans le nord-est de l’Ukraine, faisant un mort et deux blessés, a annoncé sur Facebook un responsable de la police de la région de Kharkiv, Serhi Bolvinov. Il a précisé que la personne tuée et un des blessés sont « des citoyens russes ». Kharkiv, proche de la frontière, a été la cible de deux frappes dans la nuit de mardi 2 à mercredi 3 août depuis le territoire russe, selon les autorités régionales.
Dans le bassin du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, Pavlo Kyrylenko, le gouverneur de la région de Donetsk, a fait état mercredi de quatre civils tués au cours des dernières vingt-quatre heures. Les forces russes concentrent leurs attaques vers Bakhmout, au nord de la capitale régionale, a rapporté l’état-major ukrainien. Elles ont lancé, par ailleurs, deux assauts dans le nord de la région de Kherson et continuent de redéployer des troupes vers le sud, selon la dernière évaluation de l’Institut pour l’étude de la guerre.
L’Ukraine, qui mène actuellement une contre-offensive dans le sud de l’Ukraine, a pour sa part annoncé mardi avoir repris cinquante-trois localités dans le région de Kherson, la première ville d’importance tombée aux mains de l’armée russe, le 3 mars.

Les douanes finlandaises ont annoncé la saisie, à la frontière avec la Russie, de marchandises pouvant renforcer « les capacités industrielles et militaires » de Moscou et d’autres faisant l’objet de sanctions internationales : différents produits de luxe frappés par les sanctions européennes ainsi que des marchandises pouvant avoir un usage militaire, « tels que des outils utilisés dans le trafic maritime » ont été décelés, a précisé l’autorité douanière. « Il y a également des drones ainsi que des objets que nous ne pouvons pas commenter pour l’instant », a déclaré à l’Agence France-Presse le directeur de l’application des lois douanières, Mikko Grönberg.
Ces saisies surviennent alors que la Finlande réfléchit à d’éventuelles restrictions des visas russes, dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et des sanctions occidentales qui ont suivi. Plus de 2 500 contrôles ont été effectués entre le 22 et le 27 juillet et près d’une centaine de cas similaires se sont présentés, dont une vingtaine sont « en cours d’examens préliminaires », a déclaré l’administration douanière dans un communiqué.

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