Exposition : la pédagogie, tout un art, au Centre Pompidou-Metz – La Croix

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L’exposition « L’art d’apprendre. Une école des créateurs » est à voir au Centre Pompidou-Metz (1). Alors que l’école a été si chamboulée ces deux dernières années, cette exposition sur l’enseignement de l’art arrive à point nommé. Le musée pousse l’expérience jusqu’à héberger de vraies classes in situ.
Lecture en 3 min.
Exposition : la pédagogie, tout un art, au Centre Pompidou-Metz
Yto BARRADA, Tectonic Plate [Tectonique des plaques], 2010
Bois et peinture, 122 x 200 x 3cm
Collection of Andrée Sfeir-Semler. Courtesy the artist and Sfeir-Semler Gallery Beirut / Hamburg
Civilian Defense, de Dan Peterman, 2007.
PERRY VAN DUIJNHOVEN/2007 BE(COM)ING DUTCH : DE CAUCU
Ecoletopie, de Stéphanie Marin, 2021.
Stéphanie Marin
Des rires et des bruits de jeux d’enfants montent de l’espace extérieur du Centre Pompidou-Metz, sous sa toiture « champignonesque », entre arbres et transats. Ce n’est pas une classe en sortie se défoulant avant de reprendre le bus, c’est la récréation ! Chaque vendredi pendant huit semaines, les CM1 d’Ars-Laquenexy, à 6 km de là, ont école au musée. Deux autres classes de l’agglomération viennent, elles, un autre jour de la semaine. Une salle de cours a été aménagée à l’extrémité de l’une des galeries, avec vue sur la cathédrale. Une place de choix, conforme au sujet de l’exposition qui occupe le reste de la galerie : l’art d’apprendre.
Elle s’intéresse à la façon dont les artistes se sont emparés des questions de pédagogie, dans les années 1960 et 1970 – et en écho plus récemment –, dans l’enseignement en école d’art, et par ricochet dans le cursus général. Une époque où la notion d’œuvre s’ouvre à la performance et où la prolongation de l’instruction obligatoire, le boom démographique, le développement du concept de formation tout au long de la vie, le lever de certains carcans et une vision nouvelle d’une école émancipatrice inventent des méthodes plus participatives.
Une foule de tentatives sont alors au programme, de la longue ligne méditative réalisée du sol au plafond par le poète Bazon Brock, le peintre Friedensreich Hundertwasser et les étudiants de l’école d’art de Hambourg en 1959, aux terrains d’aventures, en passant par l’atelier de sérigraphie contestataire de la religieuse américaine Mary Corita invitant ses étudiants à rejeter les règles préétablies, ces « inhibiteurs de la créativité ».
La médiation autour de l’exposition est, elle aussi, repensée de manière fort réussie par l’artiste Nayel Zeaiter. Car l’expérimentation est le fil rouge de cette passionnante exposition documentaire : « Je voulais que les enfants vivent une relation au musée et à l’art plus quotidienne, plus banale, mais aussi que nous leur accordions plus de temps que lors des visites scolaires, afin de profiter de leur façon de voir les choses, en encourageant une parole décomplexée sur les œuvres », indique Hélène Meisel, la commissaire. « C’est bien, parce qu’on peut revoir les œuvres même si on les trouve bizarres, on les comprend mieux, et on aime de plus en plus l’endroit », commente une fillette.
Civilian Defense, de Dan Peterman, 2007. / PERRY VAN DUIJNHOVEN/2007 BE(COM)ING DUTCH : DE CAUCU
La conception de la salle de classe, in situ, a été confiée à la designeuse Stéphanie Marin, autrice d’un mobilier modulable, déménageable à l’infini, en matériaux naturels. Les assises des chaises sont en élastique, laissant les corps exprimer des émotions. D’énormes coussins s’empilent et se réagencent… Stéphanie Marin s’inscrit ainsi dans la lignée des artistes exposés : « Mon objectif est, dans une époque où l’environnement est très technologique, de les aider à faire le vide en eux pour développer leurs capacités intérieures, pour augmenter leur sensibilité », indique-t-elle. Elle a invité les jeunes à se filmer pour traduire en gestes les émotions ressenties à l’école, du stress à la fierté, de l’ennui à la curiosité. Objectif : une vidéo qui intégrera l’exposition.
Durant leurs journées au musée, les élèves travaillent – le programme est respecté – mais autrement. « L’architecture amène à expliquer les droites parallèles et perpendiculaires, les questionnements sur le beau et l’art sont une initiation à la philosophie… Et toute la semaine, dans notre classe habituelle, nous continuons », se réjouit l’enseignante, Karine Giemza, qui a préparé ce cycle depuis un an. Elle bénéficie de l’intervention de nombreux professionnels du Centre et d’ailleurs.
Yto BARRADA, Tectonic Plate [Tectonique des plaques], 2010Bois et peinture, 122 x 200 x 3cm / Collection of Andrée Sfeir-Semler. Courtesy the artist and Sfeir-Semler Gallery Beirut / Hamburg
Chaque fois, les élèves découvrent une facette du Centre Pompidou-Metz : son architecture, son quartier, ses métiers. Ils ont parcouru le chemin d’une œuvre, de sa réception, à la sortie du camion, à son accrochage, faisant la connaissance du « régisseur d’œuvre », grimpant dans le monte-charge, apprenant ce qu’est un cartel ou un capot, pourquoi il faut assurer les œuvres ou surveiller les salles !
« Cette expérience est une utopie, au vu des moyens mobilisés, mais elle n’est pas irréelle. De nombreux enseignants aujourd’hui pratiquent d’autres pédagogies », souligne la commissaire Hélène Meisel. Pour les pédagogues, un détour par Metz promet en tout cas de renouveler l’inspiration.

(1) Jusqu’au 29 août 2022.
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