Au début du chapitre consacré à Noël Le Graët, la mission d’inspection tient à mettre en avant le bilan positif du duo Le Graët-Hardouin. “Ce tandem va incontestablement redresser financièrement et sportivement la fédération. Une orientation politique affirmée, une dynamique sportive positive et un environnement financier favorable, caractérisé par une croissance conséquente des droits de retransmission télévisuels, permettant à la FFF de changer de modèle économique.”
La mission explique comment Noël Le Graët exerce son pouvoir au de la FFF, “davantage comme un gestionnaire d’entreprise assimilable à un PDG, que comme un président d’association”. Les “accès directs au président” de certains directeurs sont générateurs “de logiques claniques qui ont pu être à l’origine de plusieurs crises de la FFF”. “La relation entre le président de la FFF et la directrice générale est caractérisée par une grande variabilité dans le temps et par une forme de dépendance réciproque entre eux.”
La mission explique que “les dysfonctionnements se sont accentués au moment de la Coupe du Monde 2018, période pendant laquelle la directrice générale concentrera des pouvoirs supérieurs à ceux usuellement exercés pour des fonctions similaires dans d’autres fédérations sportives importantes.”
Concernant le comportement de Noël Le Graët, la mission souligne que “depuis deux ans, les prises de position de M. Le Graët sont en décalage avec les exigences d’exemplarité qui incombent à un président de fédération sportive bénéficiaire d’un contrat de délégation avec l’Etat. (…) Les auditions conduites par la mission ont mis en lumière une attitude problématique de M. Le Graët vis-à-vis des femmes qui peut être qualifié au minimum de sexiste.”
La mission considère que, “compte tenu de son comportement envers les femmes, ses déclarations envers les femmes, ses déclarations publiques et les défaillances de la gouvernance de la FFF, M. Le Graët ne dispose plus de la légitimité nécessaire pour administrer et représenter le football français.”
Selon la mission, le témoignage de Sonia Souid, le premier à visage découvert sur BFMTV, a été déterminant dans la mesure où il a libéré la parole. Certaines personnes déjà entendues par la mission ont alors souhaité compléter leur déclarations.
LB
Dans le chapitre consacré à la “défaillance de la gouvernance de la FFF”, la mission relève qu’une “ambiance sexiste et violente a régné au sein du comité directeur de la FFF jusqu’en 2020. Elle s’exprime par des blagues sexistes, lourdes et récurrentes, par des manifestations de mépris entre directeurs, par l’usage d’un vocabulaire grossier et par l’échange d’injures. La passivité de la directrice générale a marqué les personnes présentes.”
Durant ses auditions, la mission a remarqué que les personnes interrogées mettent en avant les compétences globales de madame Hardouin mais “se montre plus réservée sur sa compétence transversale nécessaire à un exercice équilibré de la fonction de directrice générale”. Elle ajoute que madame Hardouin “s’intéresse peu à certains domaines comme le foot amateur et la formation et ne cherche pas à améliorer ses compétences dans ce domaine”.
Lors de l’audition de Florence Hardouin, le 13 octobre 2022, la DG mise à pied reconnait “une personnalité directive” mais la mission tient à nuancer en écrivant que “si le management de madame Hardouin peut être qualifié de brutal, il n’y a pas lieu de le qualifier de harcelant”.
Concernant le poste d’Hardouin au sein du comité exécutif de l’UEFA, la mission d’inspection estime qu’elle dispose “d’une forme d’autorité sur son employeur”, ce qui peut s’apparenter à un “croisement d’intérêts inopportun”.
LB
Dans la partie destinée à Noël Le Graët, la mission considère que, “compte tenu de son comportement envers les femmes, ses déclarations envers les femmes, ses déclarations publiques et les défaillances de la gouvernance de la FFF, M. Le Graët ne dispose plus de la légitimité nécessaire pour administrer et représenter le football français.”
Dans le chapitre relatif à la politique de lutte contre violences sexistes et sexuelles qui n’est selon le rapport “ni efficace ni efficiente”, on peut lire que les auditions ont permis de constater qu’aucun signalement de violence sexuelle ou sexiste n’a été révélé tant au niveau des directeurs de la FFF notamment du DRH qu’auprès des deux référents “harcèlement” désignés depuis 2019. Cependant le rapport confirme un “climat de machisme ambiant principalement par les personnels les plus anciens de la FFF”. Les enquêteurs ont relevé ce climat dans plusieurs auditions.
Le rapport souligne que le processus de signalement se trouve impacté en raison de la forte implication tant du DRH que de la directrice générale. De fait, cela limite la libération de la parole au sein de la fédération où règne “une omerta”. En région, l’inspection juge, suite à ses auditions, “un niveau très hétérogènes d’informations des responsables de Ligue de district ou autre concernant les violences sexistes et sexuelles”.
Concernant le site de Clairefontaine, le rapport revient sur le “lourd passif” de faits de violences sexuelles s’étalant de 2005 à 2013. La mission d’inspection relève plusieurs manquements du fonctionnement de l’institution de Clairefontaine dans “cette affaire emblématique”. Parmi eux, “une gestion du site qui à l’époque des faits n’étaient pas adaptés à l’accueil des mineurs”. Les rencontres se faisaient dans les chambres des mineurs ou les hébergements des majeurs, en l’occurrence pour Madame X (Partie non communicable) dans son “bureau-chambre” situé dans le bâtiment des mineurs.
Aux termes des investigations conduites par la mission, les enquêteurs notent que “la politique de prévention et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles n’est pas une priorité déployée rationnellement par la FFF dans les territoire.”
Suite à ce travail, la mission d’inspection précise dans son rapport qu’elle transmettra d’autres éléments d’informations à la procureure de la République de Paris déjà saisi par le signalement du 13 janvier dernier.
LB
RMC Sport a eu connaissance du rapport d’audit envoyé ce jour à la FFF et au ministère des Sports. Comme prévu, ce rapport de 28 pages est amputé de plusieurs passages uniquement destinés à Noël Le Graët ou Florence Hardouin.
Les 3 enquêteurs ont effectué 56 auditions en interrogeant au total 103 personnes.
Le rapport résume ses recommandations en 18 points dont 7 n’apparaissent pas car elles concernent les 2 dirigeants. 5 de ces recommandations, toutes non dévoilées, sont directement à appliquer au niveau du ministère des Sports.
Concernant les 13 recommandations à la FFF, celles-ci touchent principalement à la gouvernance, puisque la recommandation 1 demande de réviser les statuts de la FFF en prévoyant des dispositions qui garantissent l’information et l’expression des oppositions à un haut niveau de gouvernance tout en permettant une gestion efficace par une majorité stable.
LB
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Comme indiqué dimanche par RMC Sport, Florence Hardouin se dirige vers un licenciement de la FFF pour faute grave. La directrice générale de la Fédération sera reçue le 21 février pour un entretien préalable à un licenciement, annonce L’Equipe.
Trois dirigeants de la FFF reçoivent ce lundi l’audit contenant de nombreux témoignages de salariés de l’instance sur le pilotage et la gestion des dirigeants. Particulièrement ciblés, Noël Le Graët et Florence Hardouin ont deux semaines pour apporter leurs observations.
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Alors que les enquêteurs remettent ce lundi l’audit commandé par le ministère des Sports à propos de la gouvernance à la FFF, le sort de Noël Le Graët semble se préciser. Le président de la Fédération française de football est pour l’heure en retrait. Mais son départ se profile.
Depuis son interview sur l’antenne de RMC début janvier, Noël Le Graët traverse une période de très fortes turbulences. Sa chute est inéluctable, reste à en connaître la date. En poste depuis 2011, le Breton de 81 ans s’accroche encore pour quelques jours à son siège. Depuis le début du mois de janvier, la pression est tellement forte que certains de ses proches sont inquiets concernant son état de santé.
>>> les informations sur le sort qui se profile pour Le Graët
Les inspecteurs en charge de l’audit à la Fédération Française de football remettent ce lundi, aux différentes parties prenantes, le document commandé par le ministère des Sports au mois de septembre. Les protagonistes auront dix jours pour apporter des commentaires afin de remplir cette partie “contradictoire”.
Ce rapport est très attendu et pourrait avoir de lourdes conséquences sur la première fédération sportive de France. En coulisses, dans tous les camps, se prépare la riposte médiatique.
>>> toutes nos informations sur ce qui attend Le Graët et la FFF ces 10 prochains jours
Si les défenseurs de Noël Le Graët défendent son bilan financier à la tête de la FFF, notre journaliste Daniel Riolo a une autre vision.
C’est par une déclaration lapidaire au détour d’un papier du Monde sur l’affaire que Dominique Rouch, porte-parole de Florence Hardouin, directrice générale mise à pied par le comité exécutif, explique que l’ancienne DG a elle été victime des agissements de Noël Le Graët: “La mise à pied de Mme Hardouin intervient quarante-huit heures après qu’elle a fait des confidences à plusieurs personnes concernant des faits de harcèlement sexuel et moral qu’elle a subis de M. Le Graët.” Elle explique aussi que Florence Hardouin a gardé le silence jusque là pour “afin de protéger l’institution, sa famille et son poste.
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Les inspecteurs en charge de l’audit ont fait savoir ce mardi à la FFF que le rapport provisoire serait bien envoyé lundi prochain le 30 janvier, comme attendu. Mais toutes les parties n’auront pas l’intégralité de ce rapport qui devrait faire moins de 40 pages au total.
Noël Le Graët recevra uniquement la partie qui lui est consacrée. Idem pour Florence Hardouin. Et Philippe Diallo, en tant que président par intérim de la FFF, ne recevra que la partie relative au fonctionnement de l’instance. Les autres membres du comité exécutif ne recevront donc pas lundi une copie de ce rapport.
À partir de lundi, Noël Le Graët et Florence Hardouin disposeront de 10 jours maximum pour communiquer leurs observations aux inspecteurs qui rédigeront alors le rapport définitif avec ces éléments. C’est donc autour du 15 février que le rapport définitif, officiel et contradictoire sera envoyé au président de la FFF qui pourra alors le transmettre aux membres du Comex. Un comité exécutif spécialement dédié à ce rapport se réunira alors rapidement après pour statuer sur la situation de Noël Le Graët.
Loïc Briley
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La crise à la Fédération française de football est encore loin d’être résolue. Après l’annonce de la mise en retrait de Noël Le Graët de ses fonctions de président, le rapport d’audit commandé par le ministère des Sports concernant la gestion de la FFF sera remis ce lundi.
EN DIRECT – Crise à la FFF et affaire Le Graët: les premiers éléments du rapport d'audit dévoilés
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