Des agriculteurs créent leur PSE et s'engagent pour la gestion des haies – Web-agri

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Quatre agriculteurs du Nord-Sarthe ont créé leur système de paiement pour services environnementaux (PSE). Ils s’engagent dans un plan de gestion de leurs haies et sont rémunérés 92 euros la tonne de carbone stocké, soit 600 à 2 000 euros par an. Chez Béatrice Cherrier, à l’origine du projet, la haie constitue un vrai complément de revenu.

Voilà une agricultrice assez atypique : 20 hectares seulement, une vingtaine de vaches limousines en système naisseur et tout le produit écoulé en circuit long. Sur son exploitation de Villeneuve-en-Perseigne, dans le Nord-Sarthe, les charges sont réduites au minimum, à commencer par le matériel. Mais la ferme, sur cette commune qui n’a pas subi le remembrement, a une autre richesse : ses haies. Elle a pas moins de 3 800 mètres linéaires, sur ses 20 hectares. « On considère souvent que la haie est une contrainte, mais pour moi c’est tout l’inverse ! On a perdu cette culture-là, il faut apprendre à remettre cela en place », propose cette ancienne cuisinière.
Les haies sont des abris pour les auxiliaires, de véritables réservoirs à biodiversité, elles servent de brise-vent, d’abris pour les animaux l’été, … mais pas seulement.  Il y a quelques années, Béatrice Cherrier a trouvé une valorisation à son bois de haies : de la litière pour ses vaches. Cette année, elle a produit 120 m3 de copeaux. Au final, c’est à la fois une économie de temps et d’argent : peu d’interventions dans le bâtiment, et un coût très inférieur à celui de la paille.
Et puis il y a deux ans, l’éleveuse sarthoise a voulu aller plus loin, avec un projet de paiements pour services environnementaux. Objectif : se faire rémunérer pour le carbone stocké par les haies de la ferme.
Voyant que des coopératives et structures privées se lançaient dans de tels projets, Béatrice Cherrier craignait que la rémunération ne revienne pas en totalité aux exploitations. « Je recherchais un complément de revenu qui ne me fasse pas travailler davantage ». Elle a donc tenté de mobiliser tous les agriculteurs du secteur.
Ici, en lisière de la forêt de Perseigne, le maillage bocager est particulièrement dense : 110 mètres linéaires de haies par hectare contre 70 pour la moyenne du département. On est en zone Natura 2000, on ne fait pas ce que l’on veut avec les arbres, qui sont un lieu d’habitation du pique-prune, insecte protégé. 28 % des agriculteurs sont en MAEC.
40 invitations ont été envoyées pour la première réunion, 20 personnes étaient présentes, et au final 4 seulement se sont engagées dans un Contrat de paiements pour services environnementaux (CPSE), pour cinq ans.
D’un côté, des agriculteurs qui stockent le carbone grâce à leur biomasse, à leurs haies. De l’autre, une structure qui veut « compenser ses émissions de CO2 » les rémunère pour ce service rendu. Ce devait être une entreprise, et puis finalement c’est avec le Conseil départemental de la Sarthe que le projet s’est finalisé. Entre les deux, l’association Solenat sert d’interface. Mais cela reste bien un PSE privé, il ne s’agit pas là d’une subvention.
Ces CPSE s’appuient sur la méthodologie Carbocage. Un technicien spécialisé en agroforesterie de la chambre d’agriculture vient sur l’exploitation, dresse un inventaire et l’agriculteur élabore ensuite un plan de gestion (PGDSAF), selon un cahier des charges national. La gestion de la haie, organisée et méthodique, suit le calendrier des travaux qui a été élaboré.
« On regarde ce que l’agriculteur a le droit d’exploiter ou non, c’est basé sur les typologies de haies, explique Pauline Gautier, chargée de mission agriculture biodiversité à la chambre d’agriculture des Pays-de-la-Loire. Il peut choisir le maintien de la haie, il peut aussi choisir de la faire évoluer ».
Chez Damien Gaignard, l’un des quatre exploitants, les haies sont essentiellement arbustives, l’itinéraire de gestion va donc consister à faire du recépage. Certaines essences sont sélectionnées et sur la cépée un brin est conservé pour créer un arbre de haut jet. Si aucune essence ne convient, il peut en replanter (regarnissage).

Béatrice Cherrier, elle, va créer des arbres têtards dans les haies existantes : ormes, charmes, frênes, chênes, érables. Elle va aussi gérer l’existant, replanter pour regarnir les haies lorsqu’il y a des espaces vides, entretenir les arbres têtards tous les 12 ans. Des visites régulières de techniciens sont prévues, ainsi que des audits.
Le CPSE signé par chacun des exploitants rémunère le progrès, c’est-à-dire l’amélioration de la haie, mais aussi l’existant pour ne pas pénaliser les exploitations qui auraient des haies déjà denses et très entretenues, et dont la marge de progrès serait moindre.

« L’agriculteur s’engage dans un plan de gestion de ses haies. Il peut choisir de la maintenir ou de la faire évoluer, le calcul de la rémunération prend en compte l’implantation, l’entretien, le temps de travail », explique Pauline Gautier.

La rémunération a été fixée à 92 € la tonne de carbone stocké. Un montant calculé « par rapport au coût d’une gestion durable, qui prend en compte l’implantation, l’entretien, le temps de travail », explicite Pauline Gautier. Et la gestion d’une haie, « cela prend plus de temps qu’une simple coupe au lamier ».
La rémunération perçue par les agriculteurs variera donc entre 600 € et 2 000 € par an, proportionnellement à leurs linéaires de haies. Un montant auquel s’ajoute un bonus d’environ 1 800 euros que le financeur, le Conseil départemental de la Sarthe, a choisi de leur verser pour l’ensemble des cinq années de contrat. Au final, « la somme totale de carbone additionnel stocké est relativement faible mais bien rémunérée », commente Pauline Gautier.
Ce modèle de PSE créé par des agriculteurs pourrait désormais être reproduit ailleurs. Mais attention à ne pas mettre la charrue avant les bœufs : « Il ne faut pas se dire “je vais partir là-dessus pour gagner de l’argent”, il faut d’abord voir les co-bénéfices de ses haies », met en garde Pauline Gautier. Avis aux opportunistes.
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