Depuis Toulouse, Mobilier Tournesol donne un avenir utile aux déchets des chantiers – La Tribune Occitanie Toulouse

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Récupérer les déchets de l’industrie du bâtiment pour les transformer en meubles ? C’est l’idée de l’entreprise toulousaine Mobilier Tournesol. La jeune société fondée en 2022 donne une seconde vie à des matériaux de seconde main, des surplus de chantiers et des chutes industrielles, généralement destinés à la benne pour quelques défauts ou des erreurs de commande. Elle transforme cette manière en mobilier entièrement fabriqué en France. Ce procédé permet à la petite marque d’afficher des prix près de 30 % moins chers que ceux du marché du mobilier neuf fabriqué en France. Le tout, en ne renonçant pas à la qualité et à partir de matériaux massifs, de grande qualité et neufs.
« À la base, nous sommes six architectes qui se sont rencontrés à l’école d’architecture de Toulouse en 2008. Nous avions commencé à faire des projets ensemble de manière informelle. En 2019, nous avons créé notre entreprise Collectif Tournesol. En 2021, on a fondé une seconde société d’architecture qui se nomme aussi Tournesol. Enfin, en 2022, nous avons créé Mobilier Tournesol. Nous sommes désormais quatre, François Bois, Arnaud JouanchicotPaul Chevalier et moi-même à travailler sur le sujet du réemploi, que ce soit à l’échelle du mobilier ou du bâtiment. Nous avons fait le choix des déchets du bâtiment car cela nous permet d’avoir un déchet standard avec des éléments que l’on récupère dans un état plus ou moins correct. De plus, nous avons une quantité de déchets déterminée à l’avance et qui va être régulière tous les mois », explique Thomas Combes, fondateur et associé de l’ensemble des sociétés Tournesol.
Aujourd’hui, Mobilier Tournesol upcycle principalement du fer à béton, généralement utilisé pour faire du béton armé ainsi que des plaques d’aluminium, normalement utilisée pour l’habillage de façades de bâtiments. L’entreprise se fournit en matières auprès de trois entreprises dans les communes de Fenouillet et Colomiers. Le dessin et le prototypage sont réalisés dans l’atelier de Tournesol situé au nord de Toulouse, dans le quartier Croix-Daurade. La production, elle, est sous-traitée à un partenaire installé lui aussi à Colomiers. Ainsi, tous les matériaux sont sourcés et achetés, à un prix avantageux, dans un rayon de 30 kilomètres autour de l’atelier de l’entreprise. La totalité de la conception, de la fabrication et de la logistique se fait dans un rayon de 10 kilomètres autour de Toulouse.
Grâce à ce procédé de fabrication, la société a sauvé quelques 1.500 kgs de fer à béton de la benne et évité le rejet de 4.000 kgs de Co2 depuis sa création. La fabrication se fait dans une logique de sobriété énergétique, car il n‘y pas de transformation de matière, seulement quelques soudures, de la finition et de la peinture.
« Étant donné que nous faisons du surcyclage ou du détournement, nous n’avons pas besoin de puiser beaucoup d’énergie pour la transformation de la matière. Le composite que l’on réemploie ne peut pas être recyclé. Il est habituellement enfoui, car il est composé de deux matières qu’il faut dissocier ce qui est très polluant et prend beaucoup de temps », affirme le jeune entrepreneur.
La jeune marque a d’ores et déjà lancé une première collection. Nommée « Zéro » pour le zéro carbone, zéro déchets, et zéro effort, elle est composée de trois modèles (S, M et L) d’étagères modulables et pliables. Sans clous ni vis, « Zéro » se fond dans tous les intérieurs, du bureau au logement. Ce mobilier en kit peut être envoyé « facilement par La Poste », car il est peu encombrant et lourd. De plus, la collection se démarque par sa très faible empreinte carbone, 12,3 kg Co2 équivalents rejetés, soit à peu près 10 fois moins qu’un meuble neuf !
« Comme un paravent ou un accordéon, le produit que l’on a développé est en zigzag et peut être plié et déplié facilement, il est simple dans son assemblage et démontable facilement et ne casse pas durant les déménagements ce qui le rend durable dans le temps. Les plateaux se clipsent sur les colonnes en fer ce qui fait qu’il est montable en moins de 10 minutes. »

Le prix de vente des étagères « Zéro » est compris 149 et 299 euros selon la taille sélectionnée. Ces tarifs de lancement sont 15 % moins élevés. Avec ces prix d’appel, la volonté de Mobilier Tournesol est de « communiquer fortement » sur son alternative écoresponsable aux marques d’ameublement classiques tout en engendrant des revenus, certes plus faibles que la normale.
« En effet, la matière est moins chère par la marge, mais nous produisons tout en France. Ce n’est pas le cas de beaucoup de fabricants sur lesquels nous pouvons comparer nos prix. Des enseignes comme Ikea ou Habitat fabriquent leur mobilier au mieux en Pologne ou au pire en Chine avec des matériaux pas toujours inscrits dans une démarche écologique. Fabriquer localement, consommer bio ou acheter des vêtements made in France coûte forcement plus cher. »
Aujourd’hui, en France, il n’existe quasiment pas d’offre de mobilier écoconçu. Tournesol est donc l’un des premiers acteurs de ce marché. Afin de mettre en lumière son projet et de le faire connaître au plus grand nombre, la marque a ouvert une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule du 12 septembre au 13 novembre dernier. Elle a permis à l’entreprise de réunir 7.800 euros, somme qui devrait servir à lancer une production. « Il nous faut un minimum de commandes pour travailler avec nos partenaires. La pièce au coup par coup risque de nous coûter plus cher. Cela va nous permettre de lancer une petite série et de correspondre aux prix que l’on annonce », précise Thomas Combes.
Lire aussiMobilier de bureau : la PME Louis se prépare pour l’Europe

Afin d’accélérer son développement, Mobilier Tournesol a développé une nouvelle gamme plus large composée de tabourets, de tables, etc. Principalement destiné aux professionnels, ce nouveau catalogue est idéal pour réaliser de l’aménagement de bureaux par exemple.
« Nous venons de signer un gros devis pour un espace de coworking. Pour les particuliers, nous allons mettre au point une gamme d‘assises, tables, tabourets, etc. Contrairement à la gamme Zéro, ces nouvelles créations vont être plus colorées et punchy. »
En parallèle, la marque devrait prochainement être référencée sur La Camif, un site multimarques, spécialisé dans l’aménagement et engagé pour une consommation responsable et made in France. En attendant, l’entreprise discrète sur ses objectifs financiers souhaite commercialiser une trentaine de mobilier par mois dès 2023. Aujourd’hui, Tournesol comptabilise 97 clients (particuliers, entreprises et institutions), 171 meubles sortis de ses ateliers et 282 tonnes de CO2 évitées.
« Nous avons de grandes ambitions. Nous avons envie de devenir une marque nationale de mobilier fait à partir de déchets, de proposer au plus grand nombre une alternative avec quasiment zéro impact environnemental », conclut l’architecte.

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