Déploiement de la fibre : l'Avicca grogne et distribue les mauvais points – Next INpact

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Le déploiement de la fibre en France suit son cours, sous l’impulsion du plan France THD. Les écarts se creusent entre les zones, et l’Avicca souhaiterait que l’Arcep et/ou l’État sévissent davantage afin de faire respecter les engagements des uns et des autres. L’ombre de la pénurie des poteaux plane toujours.
Suite à la publication par l’Arcep de l’observatoire du déploiement de la fibre optique en France, l’Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel (Avicca) revient sur ce sujet, zone par zone. Comme nous l’avions expliqué dans notre analyse, le déploiement dans les RIP (Réseaux d’Initiative Publique) monte en puissance, il a même pris le dessus sur les zones privées au second trimestre.
L’association s’en félicite d’ailleurs : « avec 850 000 prises déployées sur les seuls réseaux d’initiative publique (RIP), soit un doublement par rapport au T2 2020, la filière professionnelle prouve qu’elle est en capacité de déployer massivement des prises “consommant” 9 fois plus de supports aériens et 2 fois plus de génie civil qu’une même prise en zone d’initiative privée ». En effet, les lignes sont généralement plus longues et nécessitent de recourir à des supports extérieurs dans les zones rurales, par rapport aux grandes villes. 
Elle en profite pour dénoncer la « passivité » de Bouygues Telecom, Free et SFR qui ne se contentent « même plus de faire de la figuration ». En effet, « Orange reste de plus en plus seul à déployer (115 000 prises sur les 117 000 déployées) ». De manière générale, de nouvelles prises sont installées partout sur le territoire, mais cela n’est pas forcément suffisant face aux nouvelles constructions et donc à l’augmentation du nombre de locaux à raccorder.
L’Avicca donne plusieurs chiffres pour étayer son propos et remet quelques pendules à l’heure au passage.
Dans les zones très denses (ZTD) où les quatre opérateurs se livrent une guerre commerciale, « 239 000 nouvelles prises FTTH ont été construites » sur le semestre, alors que sur la période « l’Arcep a décompté 201 000 nouveaux locaux à rendre raccordables ». Bref, à peu de choses près « les déploiements FTTH font du surplace en ZTD ».
Conséquence de ce réajustement, « plus aucune commune n’est raccordable à plus de 97 % ». Pour l’Avicca, « il faut donc sortir vite le plus grand nombre possible de communes de cette zone d’impasse réglementaire où les opérateurs n’ont aucune obligation de complétude ».
Pour rappel, la complétude consiste en une obligation de rendre raccordables « l’ensemble des locaux d’une zone technique prédéfinie dans un délai raisonnable », avec une faible proportion de raccordables « à la demande » (délai de 6 mois maximum après la demande) pour ne pas laisser quelques prises de côté une fois la zone fibrée. 
Selon les données de l’Avicca et de l’Arcep, sur les 106 communes ZTD, 100 % dispose d’au moins 50 % de lignes éligibles à la fibre optique (105/106 le trimestre précédent). On descend à 89 % (+5 points en trois mois) qui ont au moins 80 % de prises FTTH. Seulement 22 % (-5 points) avec 95 % des prises éligibles au FTTH ou plus :
Dans le dernier cas, la baisse s’explique par la prise en compte des nouveaux logements dans les calculs. Mais de manière générale, les exemples de grandes villes avec un « faible » taux de couverture sont nombreux : « Marseille, Nantes, Strasbourg, Lille, Nancy, Clermont-Ferrand, Toulon, Rouen restent, 12 ans après leur classement d’office par l’Arcep en ZTD, mal couvertes en FTTH (de 50 à 76% de raccordabilité) » précise l’Avicca.
Le réajustement du nombre de locaux permet de remettre les choses à plat : le taux de logements raccordables dépassait parfois les 100 % (ce qui ne peut pas correspondre à la réalité) : « Boulogne-Billancourt, Cergy, Colombes, Évry (qui passe de 131 % selon les opérateurs à 92 % après corrections des bases de locaux par l’Arcep), Issy-les-Moulineaux, Le Plessis-Robinson, LevalloisPerret, Romainville (qui passe de 135 % à 88 %), Rosny-sous-Bois (de 100 % à 75 %) et Vénissieux (108 % à 69 %) ». Ces villes sont désormais à moins de 95 % de complétude.
À contrario, cinq communes dépassent désormais ce seuil : Bagneux, Cachan, Garches, La Garenne-Colombes et Villeneuve-la-Garenne. L’Avicca ajoute une « petite note positive » doublée d’une pointe de sarcasme : « Lille passe enfin la barre des 50% de raccordables. En théorie, les Lillois devraient ainsi tous être raccordables vers 2033… ».
Le plan France THD (que nous avons détaillé dans notre second magazine) prévoit pour rappel que 100 % de la France métropolitaine dispose d’une couverte en très haut débit, dont 80 % des lignes avec de la fibre optique, d’ici 2022. Un nouvel objectif d’atteindre 100 % en FTTH a ensuite été ajouté à l’horizon 2025. 
Après les ZTD, l’Avicca analyse le déploiement dans la zone AMII (Appel à Manifestation d’Intention d’Investissement), des zones moins denses d’initiative privée du territoire où Orange et SFR déploient de la fibre.
« Les chiffres du T2 2021 confirment l’arrêt progressif de l’outil de production de prises FTTH en zone AMII par Orange et SFR. Déjà divisé par deux au premier trimestre, le rythme de construction de nouvelles prises baisse encore de 20 % ». Pourtant cette zone est aussi confrontée à une hausse du nombre des locaux : « Cette chute est d’autant plus critique que les 474 000 prises rendues raccordables au second trimestre sont à rapprocher des 370 000 nouveaux locaux à rendre raccordables ». Résultat des courses, l’ajustement conduit à une baisse importante des communes à plus de 95 % de complétude : on passe de 682 au premier trimestre à 608 au second.
Voici quelques exemples des corrections avec des villes qui étaient à plus de 100 % : « Chessy (Seine-et-Marne) qui passe ainsi de 172 % (!) de raccordables à 82 %, Villenave-d’Ornon (Gironde) de 131 % à 80 %, Dardilly (Rhône) de 121 % à 80% également, ou encore Sarrola-Carcopino (Corse) qui chute de 137 % à 68 % ! ».
L’association en profite pour lancer un appel du pied aux autorités : « S’il prenait un jour l’envie folle à l’État et/ou à l’Arcep de faire respecter les engagements L.33-13 des opérateurs, encore faudrait-il que ce soit sur des bases statistiques solides ». L’Arcep explique qu’Orange et SFR s’étaient engagés à rendre raccordable ou à la demande (dans un maximum de 8%) 100 % des lignes en 2020 (près de 3 000 communes pour Orange, 641 pour SFR). 
Problème pour l’Avicca, les chiffres de 2018 du nombre de locaux sur lesquels se basent les calculs sont inférieurs à ceux d’aujourd’hui. D’autres « joyeusetés » doivent être prises en compte : « Il faudra donc disposer d’un référentiel fiable, nettoyé « des prises “gelées”, des locaux retirés de la commercialisation après plusieurs échecs de raccordement (qui restent pourtant identifiés comme logements raccordables) ».
Se pose aussi la question des « locaux raccordables à la demande toujours non raccordables (à date) et d’autres variants utilisés çà et là pour gonfler artificiellement les statistiques ».
Sur les zones AMEL (Appel à Manifestation d’Engagement Local), l’Avicca n’est pas plus tendre et regrette que l’Arcep ne donne pas des chiffres détaillés, autres que « 150 000 locaux éligibles » fin juin 2021.
« Rien sur l’absence d’atteinte ne serait-ce que d’un seul des objectifs intermédiaires des AMEL pris individuellement. Rien sur le rythme de production de prises FTTH en zone AMEL. Le déploiement recule pour le quatrième trimestre consécutif. Il n’est plus que la moitié de ce qu’il était il y a un an. Rien sur les 3 AMEL qui ne comptent toujours aucune prise FTTH, à date, parmi les 10 AMEL validés par l’État ! ».
Là encore, l’association ne mache pas ses mots : « L’État a cependant le mérite d’être constant : il n’assure pas plus le service après-vente des “engagements” L.33-13 en zone AMII qu’en zone AMEL. Certains silences sont assourdissants… ». 3 426 communes sont dans une zone AMEL. Sur ce lot, les travaux ont commencé dans seulement 785 (+169 en trois mois) d’entre elles. Elles sont au dernier décompte 547 (+106) à disposer d’au moins 50 % de prises raccordables à la fibre, et 148 seulement (+10) avec un taux de complétude supérieur à 95 % :
Enfin, et sans surprise, l’Avicca se félicite du déploiement dans les RIP, qui font office de locomotive depuis plusieurs mois : « En un seul trimestre, les RIP auront déployé plus de prises FTTH que durant toute l’année 2018 ! ».
Il n’en reste pas moins qu’il s’agit des zones avec le plus faible taux d’éligibilité à la fibre : 42 % seulement. En ZTD on est à 87 % en moyenne, contre 81 % pour les zones moins denses d’initiatives privées, selon les derniers chiffres de l’Arcep. On retrouve cette situation sur les communes : elles sont seulement 13 671 sur les 28 105 où les travaux ont ne serait-ce que débuté. 10 720 avec au moins 50 % de lignes éligibles, 9 010 à 80 % et 5 799 à 95 % :
Au rythme actuel, il faudra encore deux ans pour que les travaux débutent dans toutes les communes des RIP, et près de cinq ans pour atteindre 80 % de locaux éligibles à la fibre optique. Notons tout de même que la tendance est à la hausse trimestre après trimestre. Pourvu que cela dure !
« Même si certains territoires restent parfois encore un peu en retrait, l’Avicca considère que les indicateurs de déploiement de la zone RIP sont presque* tous au vert ». La petite étoile renvoie à un sujet en deux parties dont nous avons déjà parlé et qui peut jouer les trouble-fêtes dans les mois à venir : les poteaux.
Les perspectives d’utilisation de ceux d’Enedis pour les raccordements FTTH « restent bonnes, même si elles tardent un peu à se concrétiser ». Par contre, « aucune perspective côté Orange de régler la pénurie de poteaux avant la fin de l’année. Quand bien même la situation s’est stabilisée, de trop nombreux chantiers de RIP sont à l’arrêt ou en mode “stop and go” », ajoute l’Avicca.
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