Deon Meyer, Colin Niel, Roxane Bouchard… Les choix de la librairie La Tache noire à Strasbourg – Le Journal du dimanche

LES LIBRAIRES ONT LA PAROLE – Le polar a le vent en poupe. Il a ses festivals et ses librairies. L’une des plus réputées, La Tache noire, est à Strasbourg. Éric Schultz, le maître des lieux, nous donne ses choix. 
Éric Schultz était maire adjoint de Strasbourg lorsqu’il a décidé d’abandonner la politique et de se reconvertir. Le 1er ­septembre 2018, il ouvrait La Tache noire* (un nom inspiré par L’Île au trésor de Robert Louis Stevenson), avec une ancienne libraire qui l’aida à débuter. La ville n’étant pas dépourvue d’enseignes, il choisit de consacrer son espace au polar, un genre qu’il apprécie depuis près de quarante ans. Les Gilets jaunes puis le Covid comme cadeaux de bienvenue ne réussirent pas à le décourager, mais l’obligèrent à officier désormais seul, pour un « plus que ­plein-temps », même s’il s’appuie sur un comité de lecture composé d’une dizaine de bénévoles qui se partagent la lecture des nouveautés.

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Une communauté s’est créée peu à peu, composée d’amateurs de conseils éclairés ou de rencontres. La première année, une cinquantaine d’auteurs sont passés par là. Après une période plus calme pour cause de pandémie, Éric Schultz prévoit une année 2023 riche en séances de dédicaces. Son rêve (peu réaliste) ? Accueillir ­l’écrivain américain James Lee Burke… qui ne se déplace pas car il a peur de l’avion !

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Les fans de l’auteur sud-africain qui avaient été déçus par son livre précédent, La Femme au manteau bleu, sont enchantés de retrouver Benny Griessel et Vaughn Cupido dans ce nouveau roman, Cupidité, même si les deux hommes sont rétrogradés au rang d’enquêteurs de base pour avoir enfreint les ordres. Ils sont embarqués, et le lecteur avec eux, dans une intrigue très efficace, culturellement ancrée dans l’Afrique du Sud post-apartheid. D’ailleurs le genre noir est une littérature de crises : le polar américain est né de la crise de 1929, le polar nordique de celle de l’État providence. Deon Meyer décrit une société en pleine mutation, travaillée par ses vieux démons : la corruption et ­l’apartheid. C’est un terreau extraordinaire pour déployer son talent, et il y parvient en suivant ses personnages récurrents sur la durée (il s’agit de son huitième titre), auxquels il a donné de l’épaisseur, de la consistance.
C’est un auteur qui nous avait déjà complètement bluffés avec son livre précédent, Entre les fauves. Il a une manière extraordinaire de construire son intrigue sans manichéisme. Avec Darwyne, il nous plonge dans l’ambiance d’un roman social. Le livre, qui se déroule dans un bidonville situé au bord de la jungle amazonienne, raconte l’histoire d’une femme un peu dépravée qui élève seule son enfant. Elle est signalée à la protection de l’enfance, ce qui déclenche une enquête. Darwyne entretient un rapport particulier à la forêt, entre rêve et réalité. C’est le lieu où tout devient possible, le pire comme le meilleur. Il y a une dimension fantasmagorique présente. Le titre est sorti il y a trois mois et le bouche‑à-oreille fonctionne. Nous ne sommes plus dans les enquêtes policières de ses débuts, mais davantage dans le roman noir social environnemental.

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Ce roman a été publié au Québec en 2015, où il remporta un vrai succès. Il se passe en Gaspésie, dans un village de pêcheurs, des gens durs, frustes. La trame est simple : une jeune femme arrive dans ce port pour chercher sa mère, qui l’a abandonnée à la naissance. Mais un corps est repêché et c’est celui de cette mère. On ne sait pas ce qui s’est passé. Un policier arrive pour enquêter. Ce beau texte est enrichi de parler québécois (Roxanne ­Bouchard a dû changer 25 mots pour la version française !). Ce début d’une trilogie a mis quelque temps à arriver en France, alors qu’il avait déjà été traduit dans d’autres pays. Les recherches sur cette femme disparue sont un prétexte pour observer la communauté. Nous étions le sel de la mer démontre que même un roman noir peut faire rêver. La suite devrait paraître l’année prochaine.
* 1, rue de Zurich, 67000 Strasbourg. latachenoire.com
LES LIBRAIRES ONT LA PAROLE – Le polar a le vent en poupe. Il a ses festivals et ses librairies. L’une des plus réputées, La Tache noire, est à Strasbourg. Éric Schultz, le maître des lieux, nous donne ses choix. 
Dans ce roman est bâti en trois parties, « Plaine », « Vallon », « Montagne »,  le narrateur cherche son chat à vélo à travers la France rurale.
La biographie fleuve de Blake Bailey nous immerge dans l’univers fascinant de Philip Roth.
Le navigateur livre sa vision sans concession de la société dans un essai sur le monde environnant​.
Disparu en 2020, John le Carré dénonce dans ce roman posthume les failles du renseignement britannique. 
LES LIBRAIRES ONT LA PAROLE – Les amoureux des livres ont rendez-vous chaque semaine dans le JDD avec un libraire qui nous fait partager ses passions. Sur terre comme sur le Web, la librairie Charlemagne pourvoit les côtes varoises en livres et bons conseils. La preuve par trois.

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