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Nous sommes dans les coulisses de l’Olympia de Paris, en plein mois de juillet. Jack White vient de terminer son troisième concert dans la mythique salle parisienne, quand soudain apparaît, backstage, Daru Jones, ci-devant batteur de la formation « solo » qui accompagne le rocker… depuis 10 ans et le premier album de l’ex-White Stripes, Blunderbuss. Mieux encore, il a incontestablement contribué à définir le son solo du rocker, contribuant notablement à ajouter une dimension spectaculaire à ses shows d’une part et d’autre part, du fait de la position de son kit de batterie, apporté un côté fun et totalement décalé.

Mieux, avec Jack, il se sent membre du groupe à part entière : “Il s’est fait un devoir de mettre en valeur les talents de chacun des musiciens qui l’accompagnent, moi y compris, s’amuse le batteur. Il ne s’agit pas seulement d’un job ! Il a l’esprit d’équipe.” Ils se sont rencontrés par pur hasard, en studio, alors qu’il devait faire une séance au Third Man, puis jouer dans la salle du complexe du label à Nashville. “Jack White est batteur aussi, mais je crois que quand il m’a recruté, pour son tout premier album, il cherchait quelqu’un qui avait une culture différente de la sienne, la mienne est plus marquée par la soul, le hip-hop et le jazz, explique le musicien avant d’en expliquer le curieux contexte : Jack enregistrait une chanson avec RZA du Wu Tang Clan, et avait besoin de quelqu’un pour assurer la batterie”.

Jones se rendra alors à Nashville, mais RZA annulera la session à la dernière minute. Et White s’en voulait de l’avoir fait venir pour rien. “Jack a dit alors : ‘J’ai deux ou trois trucs à essayer en solo’. Le reste appartient désormais à l’histoire. Deux titres au départ, il accompagne Jack en solo d’abord sur d’autres chansons sur son premier album, puis ce sera la première tournée puis le second opus, puis le troisième et les deux derniers albums sortis ces derniers mois, avec à chaque fois, la tournée mondiale. L’association avec White marche à fond, son jeu convaincant et original a permis d’apporter une note groovy à la carrière du rocker où le jeu de batterie de Jones forme une part importante de l’esthétique musicale de White.
Daru Jones a commencé à jouer de la batterie à l’âge de quatre ans…. Aidé en cela par ses deux parents musiciens, “j’ai grandi immergé dans les sons des orgues gospel et des chants de la chorale d’une église du Michigan”, signale-t-il. “Mais j’ai aussi embarqué très tôt dans le monde du hip-hop, en passant bien sûr par le jazz !” Une formation complète donc, qui va de Bernard Purdie, le célèbre batteur d’Aretha Franklin à Vinnie Colaiuta qui a joué avec la planète rock entière. Et s’il a fait l’essentiel de sa carrière en accompagnant les stars du rap, aujourd’hui, avec son association avec un rocker pur jus comme Jack White, Daru Jones est entré dans une autre dimension.

Titulaire de deux Grammy Awards, Daru est aussi et avant tout l’un des batteurs les plus demandés et outre Jack White, on le retrouve aux baguettes derrière des artistes aussi divers que Gloria Gaynor, Dwight Yoakam, Nas ou Pee Wee Ellis, et toute une foule de stars du hip-hop ou membre à part entière de groupes comme les Soul Brothers. Soul, RnB, Country, rock, tout est bon pour ce musicien surdoué au jeu aussi excentrique que virtuose. Mais ce n’est pas la seule corde à son arc : il est aussi producteur recherché et dirige le label Rusic Records.
Multitâche, touche à tout, un look imparable et un sourire ineffaçable, Daru Jones est avant tout un bosseur, mais un bosseur inspiré : “Je laisse toujours la musique me dire quoi jouer”, conclut-il. Car après la tournée avec Jack, il se remet au boulot pour son compte : “Je bosse sur un album instrumental intitulé A Daru State Of Mind”, explique-t-il à propos de ce disque dont le titre n’est pas sans rappeler le « NY State Of Mind » de Nas ou de… Billy Joel. Quand on vous dit que Daru n’a pas de limite…
Belkacem Bahlouli

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Ses albums sont disponibles.

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Taylor Momsen présentera avec The Pretty Reckless l’album Death by Rock ‘n’Roll lors concert au Zénith de Paris le 18 novembre. Les places sont disponibles.
Taylor Momsen : C’est toujours étrange de sortir un album. C’est un peu comme emmener son enfant à l’école pour la première fois, et espérer que tout se passera bien. Mais quand on pense au chaos dans lequel on est plongé, c’est encore plus stressant… en particulier parce qu’on ne peut pas jouer nos morceaux à nos fans. C’est ça qui est le plus étrange ! Cela mis à part, on peut aussi se dire que c’est le meilleur moment pour sortir un album parce que les gens n’ont jamais autant eu besoin de musique. Donc si cet album peut donner le sourire à quelqu’un, on a accompli notre mission.
Pas vraiment. Je m’en fiche un peu, pour tout vous dire. Si je fais de la musique c’est avant tout pour moi, parce que j’en ai besoin et parce que j’aime ça. Et j’ai la chance de partager ce que j’aime avec le monde entier, certes, mais je ne m’attends pas à ce que tout le monde y trouve son compte. Mais moi, je suis fière de ce que j’ai fait.
Difficile de répondre à cette question… Je suis fière de tous nos albums, mais on a eu de sacrés obstacles à surmonter pour enregistrer Death By Rock’n’Roll. On a vécu plusieurs deuils et combattu pas mal de nos démons pour en arriver là… donc c’est comme une renaissance pour le groupe. C’est comme si on enregistrait un nouveau premier album ! Je ne veux pas parler pour tous les membres du groupe, mais il a sauvé ma vie et oui, c’est sûrement le meilleur qu’on ait enregistré.

Jamais. Pour moi, la censure c’est la mort de l’art. Composer peut parfois être très difficile, mais cette fois l’album s’est imposé à moi. Je n’ai pas eu à essayer de l’écrire. Je devais simplement me libérer d’un poids. En ce sens, Death By Rock’n’Roll est diffèrent des précédents albums de The Pretty Reckless parce qu’il est très… à vif.
Beaucoup de gens souffrent de problèmes de santé mentale, et c’est bien qu’on en parle. On se sent moins seul quand on partage ce qui nous pèse… Et c’est d’autant plus vrai pendant cette pandémie, il n’y a plus de raison d’avoir honte !
Je me considère comme une auteure-interprète, et je mets ma voix au service de nos chansons. C’est plus grand que moi, et c’est ça qui est beau avec la musique. Je dis toujours que c’est ma meilleure amie parce que c’est la seule chose dans ma vie qui ne m’a jamais laissée tomber. Ça nourrit mon âme. Le rock’n’roll nourrit mon âme.
Peu importe l’année, être rock c’est être en vie. C’est qui me fait me lever le matin. C’est une religion, un style de vie, une mentalité. C’est être libre, tout simplement. Et à ceux qui s’obstinent à vouloir tuer le rock, je leur réponds que, certes, il ne truste pas le sommet des charts mais il ne mourra jamais. Le rock, c’est la musique.
Les Beatles, bien sûr ! C’est le premier groupe que je me rappelle avoir écouté, et ils ont tout fait, tout inventé, tout perfectionné… C’est juste incroyable ! Quand j’étais jeune, j’écoutais aussi beaucoup Bob Dylan, Jimi Hendrix, Eric Clapton, Led Zeppelin, The Who et Pink Floyd. Plus tard, j’ai découvert la scène grunge et Soundgarden a eu un impact profond sur moi.
Je ne sais pas trop… Ce n’est pas un but en soi – surtout que j’ai fait mon lot d’erreurs – mais si je peux inspirer des gens à se mettre à la musique et à exprimer ce qu’ils ont au fond d’eux, ce serait un honneur. Mais ce n’est pas pour ça que je fais de la musique ! Si je peux influencer quelqu’un de la manière dont les Beatles m’ont influencé, ce serait incroyable… mais ce n’est pas une fin en soi.
Aucunement. Jouer la comédie, c’était juste un travail pour moi… et un que je faisais depuis mon plus jeune âge ! Mais dès que j’ai pu prendre mes propres décisions, j’ai tout laissé derrière moi et je me suis concentrée sur la musique. J’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment et tout s’est emboîté. C’est la meilleure décision que j’ai prise de toute ma vie !
Pourquoi pas ! Tout est possible, après tout ! Composer la bande-originale d’un film, écrire pour d’autres artistes… Je suis ouverte à tout, mais cela doit rester naturel. Les étoiles doivent être alignées pour que je me tourne vers ce genre de projets, ça ne doit pas être forcé.
Jessica Saval

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Ce n’était pas un concert comme les autres. C’était la première fois qu’Harry Styles interprétait son troisième album, Harry’s House, dans son intégralité. Cette nuit de mai, l’UBS Arena de Long Island était couverte de plumes, de paillettes et de larmes… une sorte de mue rituelle, comme à chaque passage de l’artiste. Lors du rappel, Styles n’a pas joué son morceau habituel, « Kiwi », mais a choisi de terminer la soirée avec une seconde interprétation de son single « As It Was », une réflexion sur l’isolement et le changement. Et là, la foule a explosé.
Par Brittany Spanos, photos d’Amanda Fordyce. Traduit par la rédaction
Harry Styles n’avait jamais connu ça. Il a quitté la scène quelque peu ébranlé. « Je suis allé dans ma chambre pour m’asseoir seul une minute, me raconte-t-il deux mois plus tard. Après One Direction, je ne m’attendais pas à vivre quelque chose de nouveau. J’avais l’impression d’avoir déjà vu à quel point tout ça pouvait devenir fou. Après [ce concert], j’étais… pas terrifié, mais j’avais juste besoin d’une minute. Parce que je n’étais pas sûr de ce que c’était. L’énergie était démente. »
À 28 ans, Harry Styles a atteint un nouveau niveau de célébrité. Il y a quelques années, il remplissait régulièrement les stades en tant que membre de One Direction. Aujourd’hui, il les remplit tout seul. « As It Was » est sa chanson la plus importante jusqu’à présent, établissant des records de streaming et se plaçant en tête des ventes dans plus d’une vingtaine de pays, avec 10 semaines consécutives aux États-Unis.
© Amanda Fordyce pour Rolling Stone
Parce que ses fans sont en majorité des adolescentes, beaucoup ont refusé de le prendre au sérieux (est-il nécessaire de rappeler des décennies d’histoire de la musique pour montrer à quel point ce point de vue est erroné ?). Mais aujourd’hui, il sent que le vent tourne. « C’est certainement avec “As It Was” que j’ai eu le plus grand nombre d’hommes qui sont venus m’en parler, note-t-il. Ça paraît bizarre de dire ça, parce que ce n’est pas comme si mon but était de toucher les hommes. C’est juste quelque chose que j’ai remarqué. »
Avant son concert en tête d’affiche à Coachella en avril, je l’ai surpris en coulisses entouré de James Corden, de Shania Twain (son invitée sur scène) et de sa petite amie, Olivia Wilde. Plus tard, j’ai assisté à des concerts à guichets fermés à New York et au stade de Wembley à Londres. Impossible d’ignorer l’immense amour dont Styles fait l’objet : cela se voit sur le visage de tous les fans qui le soutiennent depuis « un, deux, cinq, ou douze ans », comme il le dit souvent à la fin de ses concerts. En chemin, j’ai entendu du Harry Styles partout. « As It Was » dans tous les taxis. « Watermelon Sugar » au petit-déjeuner. « Golden » dans une pharmacie de Londres. « Late Night Talking » dans un bar de Brooklyn, ce qui a conduit un homme à proclamer : « J’aime bien Harry Styles. Je l’avoue », comme s’il s’agissait d’un acte radical.
Harry Styles est omniprésent en 2022. Mais en ce moment-même, il est en face de moi, assis dans le fauteuil d’une suite d’hôtel à Hambourg, en Allemagne, par un après-midi moite de juin. Après un plongeon dans la mer d’Irlande ce matin, il a pris l’avion pour venir profiter d’un jour de repos au milieu de sa première tournée européenne depuis 2018. En personne, Styles ressemble plus au grand frère sportif et mignon de votre meilleure amie qu’à la star qui détourne les conventions du genre. Ses boas et combinaisons à paillettes sont restés au vestiaire, remplacés par une veste de survêtement Adidas bleu, un short de sport et des baskets Gucci. Ses cheveux, souvent décrits comme « ébouriffés », sont ramenés en arrière avec une pince, accessoire caractéristique des jours de repos.
Harry Styles est une sorte d’ovni dans sa génération : il branche son téléphone à l’autre bout de la pièce sans jamais jeter un coup d’œil à ses notifications. Il maintient le contact visuel pendant qu’il laisse ses pensées se dérouler. Il est plus zen qu’il ne l’a été : l’énergie de clown loufoque qu’il dégageait lorsque le monde est tombé amoureux de lui au sein de One Direction il y a 12 ans s’est estompé naturellement. Mais il est toujours aussi affable et charmant, me rappelle les détails des conversations que nous avons eues dans toutes les autres villes où je l’ai harcelé (professionnellement), et se montre sincèrement curieux au sujet de mes projets à Hambourg. « Mon grand-oncle vit ici, m’explique-t-il. Il a épousé une Allemande, donc j’ai une cousine allemande. Ils venaient toujours me rendre visite quand j’étais enfant, et le seul mot d’anglais qu’elle connaissait était “lemonade”. Je ne savais pas si elle voulait vraiment de la limonade ou si elle essayait de dire “Donne-moi de l’eau, s’il te plaît” »
Il n’était pas prévu qu’il mette autant de temps à revenir à Hambourg, où il jouera devant plus de 50 000 fans demain soir au Volksparkstadion. Sa tournée Love on Tour était censée être lancée au printemps 2020, quelques mois après la sortie de son deuxième album, Fine Line. Mais nous savons tous ce qui s’est passé à la place… Styles n’a pas pu rejouer sur scène avant l’automne dernier, mais quelque chose s’est produit entre-temps. En plein confinement, il a connu son premier numéro un avec « Watermelon Sugar » de Fine Line, un morceau si doux qu’il faut un moment pour comprendre qu’il y parle de cunnilingus. Moins d’un an plus tard, il remporte son premier Grammy pour cette chanson.
Alors que la pandémie s’aggrave, Styles retourne à Los Angeles avec trois amis. « On se promenait, on préparait le dîner, on lavait la salade, ce genre de choses », explique-t-il. Et puis il a décidé d’utiliser son temps de manière productive et a commencé à écrire de nouveaux morceaux. Shangri-La, le studio de Rick Rubin à Malibu, était disponible. Styles s’y est donc installé avec Kid Harpoon et Tyler Johnson, producteurs et co-auteurs de longue date. « On ne savait pas vraiment ce qui nous attendait. On s’est dit que quitte à rester chez soi à ne rien faire, autant emménager tous ensemble et essayer de faire de la musique. » En un rien de temps, ils ont créé Harry’s House, qui s’avère être son album le mieux taillé pour la radio à ce jour. Il s’est inspiré du disque de 1973 de Haruomi Hosono, Hosono House, qu’il a découvert lorsqu’il vivait au Japon il y a des années, et a traité les chansons comme s’il s’agissait d’un monologue intérieur.
Lorsqu’il est redevenu possible de prendre l’avion, Styles est rentré à Londres. Plus tard, il s’est rendu en Italie. À la fontaine de Trevi, il n’y avait que quatre personnes au lieu de la foule habituelle autour de ce site historique : « Tous les jours, on se disait : “Drôle d’époque, non ? C’est complètement dingue !” ». Il attribue à ses nombreux colocataires (amis, collaborateurs) le mérite de l’avoir aidé à tenir le coup pendant cette période. « J’aurais vraiment eu du mal si j’avais fait tout ça tout seul », reconnaît-il. Après l’Italie, Styles a rendu visite à des amis en France, puis est retourné au travail aux Real World Studios, en Angleterre. L’automne dernier, alors qu’il parcourait les États-Unis en tournée, Harry’s House était secrètement terminé.
© Amanda Fordyce pour Rolling Stone
Outre les singles et la tournée mondiale, d’autres indicateurs prouvent que la célébrité de Harry Styles a atteint un niveau supérieur : sa ligne de cosmétiques et de vêtements, Pleasing, et une collection de mode avec Gucci, sans oublier sa carrière florissante au cinéma. Il est à l’affiche du thriller psychologique Don’t Worry Darling et du drame intime My Policeman, et il a décroché un contrat avec Marvel Studios pour jouer le rôle d’Eros dans au moins un des films Les Éternels. « Tout dans ma vie ressemble à du bonus depuis X-Factor, dit-il, en faisant référence au concours qui l’a mené à One Direction. Passer à la télé et chanter. Je ne m’y attendais pas et je n’ai jamais pensé que ça arriverait. »
Aujourd’hui, dans un hôtel de Hambourg, Harry Styles essaie toujours de donner un sens à tout cela. Il réfléchit à l’amour, à la honte, à l’honnêteté et à l’importance de la gentillesse. Et il s’inquiète de savoir comment il peut être l’une des plus grandes pop stars du monde tout en étant un fils, un frère, un ami et un partenaire pour les gens qui se trouvent à ses côtés. Tout devient plus grand, et Harry Styles s’imagine une vie plus petite. Comment l’homme le plus désiré du monde peut-il garder le meilleur pour lui-même ?
Lorsque Harry Styles a donné deux concerts au stade de Wembley en juin dernier, la première chose qu’il a faite après être descendu de scène a été de prendre une douche. C’est même devenu un rituel. Une nécessité hygiénique, certes, mais aussi un moment crucial de clarté et de réflexion. Il se lave des cris d’amour, du désir de ses fans d’être simplement en sa présence. N’importe qui serait bouleversé par cela. « C’est vraiment contre nature de se tenir devant autant de personnes et de vivre cette expérience. En se lavant, vous êtes juste une personne nue, dans votre forme humaine la plus vulnérable. Comme un bébé nu. »
Styles avait déjà joué dans ce stade en 2014 avec One Direction (qu’il appelle simplement « le groupe »), mais avait eu une angine le jour du concert. « J’étais tellement triste. Je me souviens que je suis sorti, je suis monté dans la voiture, et j’ai commencé à pleurer tellement j’étais déçu ». Ses concerts solo à Wembley ont corrigé cela. Dans le public, des membres de sa famille et des amis de tous les moments de sa vie et de sa carrière. Sa mère, Anne Twist, sa sœur Gemma, ses amis et son équipe ont tous dansé dans les tribunes à côté de Wilde et de ses deux jeunes enfants. Même son ancien compagnon de groupe Niall Horan était là, tout sourire pendant « What Makes You Beautiful ».
Au fur et à mesure qu’il devenait l’une des plus grandes pop stars du monde, le besoin d’intimité de Styles a augmenté. Ce côté secret lui a permis d’éviter les interrogations constantes sur sa vie sexuelle, le genre de questions qu’on lui a posé dès qu’il a eu l’âge légal. Ces deux dernières années, il a commencé à suivre une thérapie de façon plus régulière. « Je me suis engagé à le faire une fois par semaine, explique-t-il. J’avais l’impression de faire de l’exercice tous les jours et de prendre soin de mon corps, alors pourquoi ne pas le faire avec mon esprit ? » Cela lui a permis de comprendre des parties de lui-même jusque-là incomprises. « Tant de vos émotions sont étrangères avant que vous ne commenciez à les analyser correctement. J’aime vraiment me pencher sur [une émotion] et la regarder en face. Je ne me dis pas : “Je ne veux pas ressentir ça”, mais plutôt : “Qu’est-ce qui me fait ressentir ça ?” ».
L’un des sentiments dont il devait se débarrasser était la honte, celle qu’on éprouve lorsque sa vie sexuelle est observée à la loupe alors qu’on essaie encore de lui donner un sens. Au fil des ans, il a appris à ne plus s’excuser. Il a appris qu’il pouvait être vulnérable en privé tout en se protégeant du public. Pourtant, il s’inquiétait parfois d’être « hypocrite ». Ses concerts sont devenus des espaces d’expression pour ses fans. Sur scène, il a aidé des gens à faire leur coming-out auprès de leurs parents et a facilité des demandes en mariage. Séparer sa vie personnelle de sa vie publique n’est pas un choix qu’il prend à la légère. « Quand je travaille, je travaille très dur et je pense que je suis très professionnel. Alors quand je ne travaille pas, je ne travaille pas. J’aime penser que je suis ouvert, et probablement assez têtu aussi, et prêt à être vulnérable. Je peux être égoïste parfois, mais j’aime me dire que je suis une personne attentionnée ». Son équilibre, il l’a trouvé en mettant des barrières.
« Je n’ai jamais parlé publiquement de ma vie en dehors du travail et j’ai constaté que ça m’a été bénéfique. Il y aura toujours une version d’un récit, j’ai juste décidé que je n’allais pas passer mon temps à essayer de le corriger. »
Tirer le rideau sur sa vie n’a fait qu’attiser les curiosités. Sa sexualité, par exemple, est une obsession depuis des années. Il a adopté la fluidité des genres dans son style, comme Mick Jagger et David Bowie avant lui, et a souligné à plusieurs reprises combien il était rétrograde d’exiger des étiquettes et des cases pour l’identité de chacun. Les détracteurs de son approche l’ont accusé de profiter de l’esthétique queer sans se réclamer explicitement de cette communauté. Ses défenseurs estiment qu’il est injuste de forcer quiconque à se donner une étiquette pour valider son expression créative. « Parfois, les gens me disent : “Tu n’as été publiquement qu’avec des femmes”, et je ne pense pas avoir été publiquement avec qui que ce soit. Si quelqu’un prend une photo de vous avec quelqu’un d’autre, ça ne veut pas dire que vous choisissez d’avoir une relation publique. »
© Amanda Fordyce pour Rolling Stone
Ceci est peut-être un peu moins vrai ces derniers temps. Si Harry Styles est partout, Olivia Wilde n’est jamais loin. Le couple s’est rencontré sur le tournage de Don’t Worry Darling, qu’elle a réalisé (nous y reviendrons plus tard) et les paparazzi les ont pris en photo en train de se tenir la main au mariage de son manager et ami proche Jeffrey Azoff en janvier 2021. Wilde et Styles ont peu parlé de leur relation, et les rumeurs ont occupé l’espace.  Certains ont critiqué leur différence d’âge (Styles a 28 ans, Wilde en a 38) et la dynamique des rencontres entre réalisateurs et acteurs (comme si c’était quelque chose de nouveau).
 Mais le plus dur, c’est qu’une partie du public de Styles s’en est pris à Wilde et a glosé sur certaines mauvaises blagues faites il y a dix ans. Si Styles est tenu à un haut niveau d’exigence par ses fans, ceux-ci exigent l’impossible de ses partenaires. Styles n’est pas une personne très connectée (il utilise Instagram pour regarder des plantes et des posts d’architecture, n’a jamais eu TikTok et qualifie Twitter de « merdier plein de gens qui essaient d’être horribles avec d’autres gens »), mais il est tout de même conscient de la façon dont ces recoins toxiques d’Internet traitent ses proches. Il veut voir le bon côté de ses fans, mais comme toute grande communauté en ligne, celle-ci comporte une fange qui se nourrit de haine. Même avec les limites qu’il a fixées entre vie publique et vie privée, il arrive que « d’autres personnes brouillent les pistes pour vous », dit-il. Au début d’une relation, il doit avoir une conversation assez particulière : « Vous imaginez aller à un deuxième rendez-vous avec quelqu’un et lui dire : “Bon, il y a ce groupe à la marge, et ils vont dire ceci, et ça va être vraiment fou, et ils vont être vraiment méchants, et ce n’est pas réel… Enfin bref, tu veux manger quoi ? »
Styles se console en se disant que tous ses fans ne sont pas comme ça, mais se demande encore comment réagir lorsque tout prend d’énormes proportions. « C’est évidemment difficile de savoir qu’être proche de moi signifie être à la merci d’un recoin de Twitter ou quelque chose comme ça. Je voulais simplement chanter. Je n’avais pas envie de me lancer là-dedans si c’était pour blesser les gens. »
De son côté, Wilde se montre diplomate au sujet des fans de Styles. Comme lui, elle croit en ce qu’ils représentent en tant que collectif, les qualifiant de « personnes profondément aimantes » qui ont favorisé l’essor d’une communauté ouverte. « Ce que je ne comprends pas dans la cruauté à laquelle vous faites référence, c’est que ce genre de négativité toxique est l’antithèse de Harry, et de tout ce qu’il met en avant, me dit-elle. Je ne crois pas que l’énergie de la haine définisse ses fans. La majorité d’entre eux sont de véritables champions de la gentillesse ».
Styles a décroché son premier rôle principal à 4 ans, dans une pièce intitulée Barney the Church Man. Plus tard, il s’est transformé en Buzz l’Éclair dans une production de Chitty Chitty Bang Bang. Ses autres rôles au théâtre comprennent Razamatazz dans Bugsy Malone et le Pharaon inspiré d’Elvis dans Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat (il auditionnera plus tard pour le film Elvis de Baz Luhrmann, mais sera jugé trop célèbre par le réalisateur). Pourtant, jouer la comédie ne faisait pas vraiment partie de ses projets. C’était quelque chose qu’il appréciait, mais en commençant à se produire avec son groupe White Eskimo, il a découvert une excitation nouvelle. Lorsqu’ils ont fait leurs débuts dans une compétition Battle of the Bands (qu’ils ont remportée), il a ressenti « le changement » : ses professeurs le regardaient, et non plus l’inverse. « Je pense que j’étais juste un frimeur, dit-il, avec une pointe d’impertinence. Je dis ça comme si c’était du passé ».
Au moment où il préparait la sortie de son premier album solo en 2017, Styles faisait sa première incursion au cinéma, avec un second rôle dans Dunquerque, de Christopher Nolan (qui n’avait aucune idée de la notoriété de Styles lorsqu’il l’a engagé). Et quand Marvel l’a recruté pour devenir Eros, la réalisatrice Chloé Zhao n’avait personne d’autre que lui en tête pour le rôle. Le patron du MCU, Kevin Feige, a récemment annoncé que Styles allait revenir, même si jusqu’à présent, on ne l’a vu que dans la scène post-crédits des Éternels. « Ce serait drôle si ça s’arrêtait là, pas vrai ? » plaisante Styles à propos de son apparition.
Son travail dans Dunkerque a attiré l’attention de Wilde alors qu’elle commençait à élaborer Don’t Worry Darling. Il était l’un des premiers candidats pour le rôle de Jack, mari charmant mais secret de l’Alice de Florence Pugh. Ce deuxième long métrage de Wilde aurait déclenché des enchères entre 18 studios, après le succès de son premier film, Booksmart. Les discussions avec Styles n’ont pas été très loin : après tout, Styles avait prévu d’être en tournée mondiale pendant la majeure partie de 2020. C’est Shia LaBeouf qui a obtenu le rôle, mais à la fin de l’été, Wilde aurait renvoyé l’acteur pour mauvais comportement sur le plateau. « J’avais envie de jouer à nouveau », dit Styles, qui a passé une grande partie de son confinement à regarder des films avec son groupe d’amis. Il a revu ses films préférés, comme le drame belge de 2012 Alabama Monroe. Certains soirs, lui et ses amis tiraient au sort pour choisir, car « il y avait de goûts différents dans la maison, entre, par exemple, Parasite et Coyote Girls »).
© Warner Bros.
Un mois avant le début du tournage, il a été annoncé que Styles remplacerait LaBeouf. Il s’est révélé parfait dans le rôle de Jack qui, dans la ville fictive et isolée de Victory, travaille sur un projet secret dont les hommes de l’entreprise ne parlent pas à leur conjointe. « Nous cherchions quelqu’un avec une chaleur innée et un charme palpable, dit Wilde. Toute l’histoire dépendait du fait que le public croie en Jack. » Don’t Worry Darling a été tourné entre septembre 2020 et février 2021 à Los Angeles et à Palm Springs. Cela faisait 11 ans que Styles n’avait pas vécu aussi longtemps au même endroit. Il a songé à se déconnecter complètement pendant ce travail, mais « la réalité, c’est que vous arrivez le premier jour et 75 % du tournage consiste à attendre. On finit par se dire : “Je crois que je vais envoyer un message à mon pote” ».
Au début, il était anxieux à l’idée de jouer un rôle aussi important aux côtés de stars comme Pugh, Chris Pine, Gemma Chan et Nick Kroll. « Dans la musique, il y a une réponse immédiate à ce que vous faites. Vous terminez une chanson et les gens applaudissent. Lorsque vous tournez et qu’on vous dit “coupez”, une partie de vous s’attend à ce que tout le monde se mette à applaudir. Ce n’est pas le cas. Chacun, évidemment, retourne à son travail, et vous vous dites : “Oh, merde, c’était si mauvais que ça ?” ». Le métier d’acteur lui évoque les musiciens de studio : « On vous appelle pour faire votre part du travail, puis quelqu’un d’autre assemble le tout et en fait quelque chose. »
Le risque peut s’avérer payant : lui et Pugh sont déjà en lice pour de nombreuses récompenses. Selon Wilde, un moment « nous a tous fait pleurer » : la scène où Jack est promu pendant un grand gala d’entreprise. « C’est une scène étrange, pleine de références fascistes et de rage masculine, dit Wilde. Il se tient aux côtés de Frank (Chris Pine) et ils scandent leur slogan effrayant : “À qui est ce monde ? À nous !”. Mais Harry a élevé la scène à un autre niveau. Il était tellement dedans qu’il s’est mis à hurler la phrase à la foule, dans ce rugissement primal, bien plus intense que ce que nous attendions de la scène. » Selon Wilde, Pine a reculé, comprenant que c’était le moment de Harry. « Le caméraman l’a suivi alors qu’il parcourait la scène comme une sorte d’animal sauvage, se souvient Wilde. Nous étions tous abasourdis devant le moniteur. Je crois que même Harry en a été surpris. Ce sont les meilleurs moments pour un acteur : quand vous êtes complètement en dehors de votre corps. »
DAVID DAWSON, EMMA CORRIN, and HARRY STYLES star in MY POLICEMAN Photo: Parisa Taghizadeh © AMAZON CONTENT SERVICES LLC
En quelques semaines, Styles est passé de ce tournage à celui, plus intime, de My Policeman. Il avait lu le scénario l’année précédente et avait été suffisamment touché par l’histoire pour contacter le réalisateur Michael Grandage. Styles joue le rôle de Tom, un policier qui développe des sentiments pour un conservateur de musée nommé Patrick (David Dawson). Le film se déroule dans les années 1950, alors qu’il était encore illégal d’entretenir une relation homosexuelle au Royaume-Uni. Le couple vit dans le secret pendant que Tom cherche à épouser une institutrice, Marion (Emma Corrin). Le film oscille entre le passé et le présent, lorsque le trio se retrouve dans des circonstances terribles.
« Il est évidemment assez incroyable aujourd’hui de dire : “Vous ne pouvez pas être gay. C’est illégal”, dit Styles.
« Je pense que tout le monde, moi y compris, suit son propre chemin pour comprendre la sexualité et chercher à être plus à l’aise avec elle ».
Pour lui, My Policeman est une histoire très humaine. « Ce n’est pas une histoire gay sur ces gars qui sont gays. Pour moi, c’est une histoire qui parle d’amour et de temps perdu. » Selon Styles, Grandage a voulu mettre en lumière ce qu’est réellement le sexe entre deux hommes dans les scènes entre Tom et Patrick. « Dans les films, le sexe gay, c’est souvent juste deux mecs qui le font, et ça enlève un peu de tendresse. Il y aura, j’imagine, des gens qui regarderont ce film et qui étaient là à cette époque où il était illégal d’être gay, et [Michael] voulait montrer le côté tendre, aimant et sensible. »
Ces deux longs-métrages feront leur grande première lors de prestigieux festivals de cinéma à Venise et à Toronto à la fin de l’été. Mais Styles n’a pas forcément envie d’aller plus loin pour l’instant : « Je n’imagine pas faire un film avant un certain temps ». Des rumeurs circulent sur le nombre de films Marvel pour lesquels il a signé et sur d’autres franchises pour lesquelles il serait secrètement en pourparlers. (En réponse à une rumeur selon laquelle il jouerait dans une future série Star Wars, il répond : « C’est la première fois que j’entends parler de ça. J’imagine que c’est… faux. ») Il n’exclut pourtant pas d’accepter de nouveaux rôles : « Il y aura à nouveau un moment où j’en aurai envie. Mais quand vous faites de la musique, il se passe quelque chose. On se sent vraiment créatif, et ça nourrit des choses. Une grande partie du métier d’acteur consiste à ne rien faire, à attendre. Si c’est ça la pire partie, alors c’est un assez bon travail. Mais je ne trouve pas cette partie si épanouissante. J’aime le faire sur le moment, mais je ne pense pas que je le ferai souvent. »
Bon prince, Styles m’invite à assister avec lui à un concert du philharmonique de Hambourg, huit heures avant son propre spectacle. Lors des tournées précédentes, dit-il, « j’arrivais dans des villes et j’avais l’impression d’être venu six fois et de n’avoir jamais rien vu ». Cette tournée lui a permis d’admirer l’architecture. « C’est quelque chose que je peux faire tout seul, m’asseoir quelque part et regarder des choses », dit-il.
Styles s’est découvert une passion pour la routine en tournée : dix heures de sommeil par nuit, des injections intraveineuses qui le gavent de nutriments et de vitamines, un régime strict pour éviter les reflux acides, qui exclut le café, l’alcool et certains aliments qui affectent la gorge dont dépendent 50 000 fans. La nuit dernière, il a dormi avec deux humidificateurs qui donnaient apparemment l’impression qu’il sortait d’un hammam lorsqu’il a ouvert la porte de sa chambre d’hôtel.
Nous sommes tous les deux en retard et ne pouvons pas entrer avant l’entracte. L’Elbphilharmonie de Hambourg (« Elphi » pour les intimes) est une structure étonnante, alors nous visitons tous les couloirs et empruntons tous les ascenseurs pour explorer ces pièces à l’acoustique incroyable et aux vues imprenables sur Hambourg. Tout cela l’émerveille. Dans une salle remplie de pianos, il demande à notre guide quel est le meilleur avant de s’asseoir à l’un d’eux et de jouer pendant deux minutes de rêve (il avait mentionné plus tôt avoir passé l’été dernier à jouer du piano tous les matins). Il a des questions sur les lambris. Et comme un vrai touriste, il prend des photos de tout.
La première fois que j’ai rencontré Styles, il était un peu comme ça. Lors de sa première tournée en tête d’affiche en 2017, je suis allée en coulisses interviewer Kid Harpoon. Styles a déboulé dans la pièce où j’attendais. On aurait dit le gars qui s’occupait de l’éclairage. Voilà quelqu’un qu’il est inexplicablement difficile d’apprécier en toute décontraction (en regardant une vidéo des moments les plus drôles de l’interview de One Direction sur YouTube, vous vous demandez soudain combien de leurs silhouettes en carton vous pouvez faire entrer dans votre dortoir) qui se comporte de manière parfaitement décontractée. Il m’a parlé comme si j’étais une vieille amie, pas quelqu’un qui refusait encore de lâcher son porte-clés One Direction à l’époque. Il m’a demandé ce que je devenais, ce que je faisais à San Francisco. Je me souviens de chaque seconde de cette conversation. Styles a le don de faire en sorte que ceux qui sont en sa présence se sentent vus. Il suffit de demander aux fans qui le croisent lors de promenades dans Central Park ou Hampstead Heath, et qui détaillent ensuite ces moments comme s’ils avaient rencontré le pape.
© Amanda Fordyce pour Rolling Stone
C’est l’entracte. Styles passe inaperçu dans la foule venue se rafraîchir (le masque aide). C’est amusant de voir l’une des plus grandes pop stars du monde se déplacer avec une telle aisance, comme s’il n’avait pas conscience de sa notoriété. « Si vous décidez que vous ne pouvez aller nulle part et que tout doit être une affaire d’État, alors c’est ce que devient votre vie, dit-il. Maintenant, à Londres, je fais tout à pied. C’est difficile de tomber sur des choses, des restaurants ou des endroits si vous vous contentez de conduire partout, et ce n’est pas aussi amusant. »
Styles m’offre un aperçu de ses prochains mois : en août, après avoir bouclé sa tournée européenne à Lisbonne, il partira en vacances avec quelques amis, rattrapera peut-être la saison de Love Island qu’il a été « dégoûté » de manquer, ou verra si The Bear est aussi génial que tout le monde le dit. Ensuite, sa tournée s’arrêtera à Los Angeles, New York, Austin et Chicago avec des résidences prolongées, décision qui répond à son besoin personnel d’un calendrier de tournée moins épuisant et à son besoin professionnel de pouvoir assister à des festivals de cinéma et de louer des studios pour écrire et enregistrer la musique de son quatrième album. « Je suis toujours en train d’écrire », dit-il. Lui et ses collaborateurs lancent déjà des idées. « Nous sommes tous très excités à l’idée de nous y remettre, ce qui paraît insensé, car on vient de sortir un album. »
Plus que jamais, il pense à l’avenir. Il veut prendre un temps de repos à un moment donné pour s’assurer d’être une figure plus présente pour sa famille et ses amis. Lui aussi a trouvé sa définition du véritable amour. « Le fantasme ou la vision que les gens construisent de vous vous donne l’impression d’être une personne qui n’a pas de défauts, explique-t-il. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis, c’est qu’on me rappelle constamment qu’il est normal d’être imparfait. Je suis assez désordonné et je fais parfois des erreurs. Je pense que c’est ça, l’amour : on peut voir les imperfections de quelqu’un, et ce n’est pas [qu’on] l’aime malgré ça, mais c’est [qu’on] l’aime avec ça. […] Si j’ai des enfants à un moment donné, je les encouragerai à être eux-mêmes, à être vulnérables et à partager. »
Styles n’était pas intéressé par la politique lorsqu’il était adolescent et n’avait pas conscience des choses qui ne le touchaient pas personnellement. Mais cela a changé avec la célébrité. « Je me suis regardé en face, et je me suis dit que je n’en faisais pas assez ». Lorsque le débat autour du racisme anti-Noir a atteint un pic en 2020, Styles a défilé dans les rues et a lu des livres comme How to Be an Anti-Racist, d’Ibram X. Kendi, et The Will to Change, de bell hooks. Il a commencé à réfléchir à l’égalité raciale et de genre, surtout en tant qu’employeur de nombreuses personnes en tournée. « Prétendre qu’en tant que Blanc, vous n’avez pas une longueur d’avance, ce n’est tout simplement pas vrai », dit-il.
Notre rencontre a eu lieu juste après l’abrogation de l’arrêt Roe v. Wade en Amérique.
« Je ne peux pas imaginer à quel point il est terrifiant d’être une femme en Amérique en ce moment », dit-il.
Lors du concert de Hambourg, il a saisi la pancarte d’une fan sur laquelle on pouvait lire « Mon corps, mon choix » et l’a fièrement montrée sur scène. Il y a une énergie dans les foules qui le remplit d’un optimisme prudent : « Je me sens chanceux de voir un groupe de personnes, même simplement sur cette tournée, qui se rassemblent d’une certaine manière. Je pense que ce groupe a tellement moins peur d’ouvrir les plaies, d’en parler et de faire le travail, que la génération qui nous a précédés. »
© Amanda Fordyce pour Rolling Stone
Alors que nous attendons la reprise du concert, je remarque dans le public quelques jeunes filles avec leur famille et je demande à Styles s’il pense qu’une partie de ce public se recoupe avec le sien. Il regarde les visages plus âgés et répond : « Moins d’un pour cent… mais moi, je serai aux deux ». Quand le chef d’orchestre s’en va puis revient sous une ovation, Styles chuchote : « Il va jouer son grand tube. » Même quand il n’est pas devant 50 000 personnes, il essaie toujours de divertir la personne avec qui il est.
Nous sortons avant que la foule ne se disperse complètement. Styles s’attarde une seconde pour prendre quelques photos de la salle avant de partir se préparer pour son concert, où il rebondira sur la scène, soulevé par les cris de jeunes fans qui attendent ce moment depuis des années. Ses fans aussi s’attarderont ce soir, prendront des photos de leurs tenues, de leurs visages pailletés trempés de larmes et de sueur. Alors que la ville se fera l’écho de sa prestation, Harry Styles sera probablement en train de tout nettoyer.
> Le site officiel
CREDITS
Photographe @amandafordycephoto
Writer @brittanyspanos
Styling @harry_lambert for @bryantartists
Fashion Direction @Thealexbadia
Director of Creative Content @CatrionaNiAolain
Creative Director @Joe_Hutchinson
Head of Video @kimberlyaleah
Director of Social Media @waiss_aramesh
Social Lead @leahluser
Producer @_jameswarren
Assistant Stylist @ryanwohlgemut
Assistant Stylist @_naomi_phillips
Prop Stylist @davidjameswhite_ for @streetersagency
Hair by @mattmulhall for @streetersagency
Makeup by @lauradomini2 for @streetersagency

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Pour cette série musicale sur France Culture, Sophian Fanen, journaliste, fondateur du site d’information Les Jours, revient sur la très longue carrière de Françoise Hardy. Auteur de plusieurs ouvrages sur la musique, notamment l’auteur d’une Histoire des musiques électroniques, celui qui avait signé l’an dernier la série musicale Amy Winehouse, revient sur la personnalité unique de la chanteuse, auteure-compositrice.
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À vrai dire je n’avais jamais vraiment écouté Françoise Hardy avant que France Culture ne me propose d’en faire le portrait musical. Je connaissais les grands classiques que tout le monde connaît (Tous les garçons et les filles, Le Temps de l’amour, Message personnel), quelques titres de La Question et Soleil, mais c’était à peu près tout. Elle ne faisait absolument pas partie de ma vie parce que sa musique avait pour moi été effacée par son image dans les années 80 et 90, son couple fatigant avec Dutronc notamment. J’avais des souvenirs pénibles d’émissions avec Ardisson et ça ne m’avait jamais donné envie de me pencher sur sa carrière. Ce qui était la meilleure des raisons pour dire oui et m’intéresser à sa musique en curieux, pas en fan.
Il y a des très hauts et des très bas dans chaque époque de sa carrière, mais le plus marquant reste sa capacité à revenir, à rebondir, à trouver un son pour elle dans chaque décennie. Quitte à faire aussi un peu n’importe quoi parfois, juste pour avancer vers le disque d’après. J’aime vraiment cet aspect de sa personnalité et sa capacité à mettre le sentiment amoureux en mots depuis 60 ans, ça fait de sa discographie un monde qu’il faut explorer dans ses moins recoins pour y rassembler les belles choses. Le reste de sa personnalité, la râleuse astrologue hypocondriaque de droite, m’intéresse moins, même si ça en fait un personnage atypique dans un monde musical bien poli.
Je suis parti du principe que le jeune public ne la connaît pas et qu’il fallait raconter sa place et son parcours unique dans la chanson en français, celle de l’inventrice d’une pop francophone. Ce qui sera fait en cinq grandes étapes qui racontent aussi sa quête perpétuelle, et souvent frustrée, de liberté artistique.
Oui, elle est l’inventrice de la pop en français très probablement, avec Gainsbourg évidemment.
J’ai découvert, plein de chansons. Par exemple, je ne connaissais pas sa reprise de Stars, de Janis Ian. J’ai aussi découvert le rôle qu’a joué Étienne Daho dans son retour en grâce à partir de la fin des années 1980.
Belkacem Bahlouli
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Le reste de la série :

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Pour cette série musicale sur France Culture, Simon Rico, journaliste, spécialiste des Balkans revient sur la très longue carrière de Lee “Scratch” Perry. Ce producteur à France Culture, fou de musiques, aimant mettre en perspective culture, musique et société, explique à quel point le Jamaïcain reste un personnage incontournable qui a mis son île d’origine au centre de la planète pop rock.
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Ma découverte de Lee Perry remonte à la fin des années 90, quand est sortie Arkology, la sublime compilation en trois CD assemblée par Steve Barrow et David Katz sur la période Black Ark, son mythique studio de Kingston. J’avais 15 ans, je connaissais à peine le reggae et je me souviens avoir pris une énorme baffe à l’écoute des classiques de Max Romeo, de Junior Murvin et surtout des Congos, dont les harmonies vocales aériennes venaient élégamment se poser sur les curieux instrumentaux de Scratch, avec notamment cette boîte à rythmes inattendue. Ensuite, j’ai découvert la compilation Scratch Attack, qui réunit les productions des Upsetters, son groupe de studio à géométrie très variable, d’un peu avant. J’ai écouté et réécouté un nombre incalculable de fois l’incroyable Blackboard Jungle, en ouverture. Voilà qui explique sans doute pourquoi je l’ai autant mis en avant dans ma série musicale.
De là à dire que je suis un inconditionnel de Lee Perry, ce serait sûrement exagéré. Il est néanmoins certain que c’est un artiste qui m’a profondément marqué et qui a bouleversé mon approche des musiques jamaïcaines et caribéennes. En France, on a trop souvent tendance à réduire le reggae à une musique simpliste, au message tiers-mondiste un peu gnangnan, et il me semble qu’un personnage comme Scratch vient battre en brèche tous ces préjugés. Sa musique flirte avec plein d’univers différents, du calypso au psychédélisme et ses compositions, assemblées avec un matériel pourtant rudimentaire, se révèlent particulièrement riches et complexes.
Je crois que sa musique et sa personnalité sont indissociables : Lee Perry est quelqu’un d’aussi talentueux qu’allumé, d’aussi pieux que provocateur. C’est à la fois ce type qui fait peindre un immense portrait d’Hailé Sélassié, à l’entrée du Black Ark, son légendaire studio de l’ouest de Kingston, et qui affiche des photos pornos à l’intérieur parce que pour lui, le sexe c’est sacré. J’aime ce côté décalé, qui l’éloigne des clichés associés au reggae. N’oublions pas non plus qu’il avait choisi le surnom « the upsetter », c’est-à-dire l’emmerdeur, l’empêcheur de tourner en rond…
Comme beaucoup, je considère que sa période européenne à partir des années 80, une fois la page du Black Ark refermée, est très largement dispensable. Parce que sa musique, plus commerciale, ressemble désormais surtout à du recyclage : il vit sur ses acquis et se contente de mettre en scène son personnage cliché de papy toujours défoncé pour amuser son public, très majoritairement blanc.
En revanche, il me semble que ses années 69-79 atteignent des sommets difficilement dépassables de créativité et de radicalité. Pas vraiment étonnant que le grand public international ait préféré les disques des Wailers de l’époque Island-Steve Blackwell qui sonnent comme de la pop, plutôt que ses délires Upsetters. Quarante ans après, je crois qu’il est temps de se rendre compte qu’elles sont pourtant bien plus intéressantes. À Rolling Stone, vous ne vous y êtes pas trompés en le classant un temps parmi les 100 artistes les plus importants de tous les temps. Par contre, j’aimerais bien savoir pourquoi il est finalement sorti de cette liste !
Je dirais que le sous-titre de la série (Le magicien du son jamaïcain) donne une petite indication ! L’idée, pas très originale, c’était de faire entendre la diversité de son œuvre et j’ai essayé de sélectionner des morceaux plus ou moins connus, pour satisfaire tant les béotiens que ceux qui le connaissent déjà bien. Le découpage très chronologique permet, je crois, de bien se rendre compte de l’évolution de sa musique, de plus en plus complexe jusqu’au climax des années 1970, quand il devient un véritable sorcier de la console, capable de transformer les quatre pistes du Black Ark en un laboratoire d’expérimentations infinies.
Je dois avouer que je n’avais jamais lu la foisonnante biographie que lui a consacré David Katz, dont la traduction a paru en français aux Éditions Camion Blanc. J’y ai appris plein de détails sur sa vie et son œuvre : c’est l’ouvrage indispensable pour se faire une idée plus précise du personnage de Lee Perry, dont la vie part dans tous les sens, commencée dans la campagne pauvre jamaïcaine pour se finir dans la fortunée Suisse alémanique.
Il est cependant curieux d’y constater des périodes de « trous ». Notamment entre 1980 et 85, au moment de la fin du Black Ark et du début de l’exil. On ne comprend pas trop ce qu’il fait ni où il en est, physiquement et mentalement, surtout les trois premières années. C’est un vrai manque, parce qu’on aimerait bien comprendre pourquoi il rate les trains du rub-a-dub et du digital, les deux styles qui émergent alors en Jamaïque, lui qui avait toujours été à l’avant-garde des évolutions du reggae depuis ses débuts une vingtaine d’années plus tôt… Sinon, c’est plus anecdotique, mais j’ai aussi été surpris par la découverte du maxi 45 tours Judgement in a Babylon qu’il enregistre à son arrivée à Londres chez Mad Professor. Il y règle ses comptes avec Chris Blackwell, le patron d’Island et les paroles, en totale roue libre, sont ahurissantes !
Belkacem Bahlouli
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Retrouvez également nos interviews de Lucile Commeaux sur Marianne Faithfull, David Unger sur Charles Aznavour, Didier Varrod sur Christine and The Queens, Marie Richeux sur Barbara, Gregory Philipps sur Bruce Springsteen et Frédéric Charbaud sur Miles Davis.

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N.B. : cette interview a été publiée en 2016, à la sortie de l’album ‘Lighthouse’ de David Crosby. 
David Crosby : Mon Dieu, il y en a tellement. Ça m’émeut d’entendre Alison Krauss chanter, parce qu’elle a la plus belle voix du monde. Ça m’émeut d’entendre Joni Mitchell, qui est probablement la meilleure singer-songwriter qui ait jamais existé. Ça m’émeut toujours d’entendre Miles Davis jouer Sketches of Spain. J’ai envoyé mon dernier album à un vieil ami. Il m’a dit, “Tu sais, je n’écoute pas les trucs des autres.” C’est quoi ces conneries ? J’écoute les trucs des autres toute la journée ! Ma journée n’est pas parfaite si je n’y ai pas mis un peu de Steely Dan.
C’est simple : ne prends pas de drogues dures, jamais. Ne prends pas de cocaïne, ne prends pas de speed, ne prends pas d’héro.

Tout le temps. Combien de livres aurais-je pu lire ? Combien de choses aurais-je adoré apprendre en retournant à l’école? On n’a pas assez de temps ici-bas ! Et perdre ce temps à être défoncé ? Je regrette à mort.
« Ces deux dernières années, j’ai été pris par la frénésie d’écriture la plus intense que j’aie connue de toute mon existence. »
La prison est un outil très efficace pour se retrouver. Quand j’y suis entré, j’étais un junkie accro au freebase – on ne peut pas descendre plus bas dans l’échelle de la drogue. Et j’étais psychotique. Mais ce qui se passe, c’est qu’on n’a plus le choix : on est là et on ne peut pas se procurer de la drogue. Finalement, on se réveille de ce cauchemar dans lequel on s’est fourré soi-même et on se souvient de qui on est. Je ne regrette pas le moins du monde d’avoir été en prison, mon vieux. Plus tard, j’ai écrit une lettre au juge, qui disait, “Je comprends à quel point le système est un échec, mais je voulais que vous sachiez que cette fois-ci, il a marché. Merci.”

Une Tesla. Je ne peux pas me le permettre, mais c’est la meilleure voiture qui existe. J’en avais vraiment très envie depuis trois ans, et je ne m’étais pas acheté de nouvelle bagnole depuis 20 ans. Je me suis dit qu’à mon âge, c’était probablement la dernière que j’achèterais, donc je me suis fait plaisir. C’est la meilleure voiture du monde. Essayez-en une.
J’allais dans une salle de sport, mais après deux crises cardiaques, ils m’ont dit qu’il fallait que je lève le pied. J’essaie surtout de ne pas manger de sucreries, parce que je suis diabétique. Je marche et je nage, parce que j’aime ma vie actuelle et que je veux que ça continue. Ces deux dernières années, j’ai été pris par la frénésie d’écriture la plus intense que j’aie connue de toute mon existence. La seule chose que je peux dire pour l’expliquer, c’est que je suis à un des moments les plus heureux de ma vie.
« Je suis né à L.A., mais on ne m’y fera jamais vivre aujourd’hui. »
La plupart d’entre-eux sont des musiciens, mais de temps en temps, quelqu’un fait quelque chose de vraiment courageux dans le monde réel. Mohamed Ali a tenu tête au gouvernement américain en disant, “Vous ne m’enverrez pas en Asie du Sud-Est tuer un tas de fermiers qui ne m’ont rien fait.” Ça, c’est du courage. Du vrai.

San Francisco, pour les gens, les souvenirs et la super bouffe. Je suis né à L.A., mais on ne m’y fera jamais vivre aujourd’hui. C’est affreux. Ça n’est pas habitable par des êtres humains.
Le succès a été très dangereux pour moi. Si tu donnes un million de dollars à un gamin comme moi dans les Byrds, il va déconner. Regarde Justin Bieber ! On commence par être tout excité. Mais ça dégénère et très vite on se contente de brancher la machine à fumée et de jouer ses hits. Le succès est le chemin de moindre résistance menant à l’argent. C’est pas mon truc.
Je pourrais citer quelques-uns de mes amis qui font exactement ça. Ils vivent dans un monde où les seules personnes qui leur parlent sont les gens qui travaillent pour eux. Tout ce qu’ils entendent c’est, “Oh, chéri, toutes tes paroles sont de la prose immortelle.”
« Le succès est le chemin de moindre résistance menant à l’argent. »
Oui. Nixon était plus intelligent. Mais ça ne veut pas dire grand chose. C’est comme de dire que Nixon était plus rapide qu’un escargot. Trump ne peut contrôler ni sa bouche ni son esprit. C’est un idiot, mais un idiot effrayant.
Je m’amuse beaucoup. J’adore communiquer avec les gens. Je réponds à des questions, et j’apprends de leurs questions. J’ai eu des ennuis quand j’ai dit que Kanye West était un frimeur complet qui ne savait ni écrire, ni chanter ni jouer. C’était marrant.
Hiding https://t.co/ZzQJUnrkb5
— David Crosby (@thedavidcrosby) June 3, 2020

Propos recueillis par Andy Greene 
Lighthouse, de David Crosby, est disponible à l’écoute par ici. 
Retrouvez la musique de David Crosby dans le film-événement L’Echo de Laurel Canyon, qui nous ramène aux racines de la communauté musicale de Laurel Canyon à Los Angeles. Des conversations exclusives, des anecdotes inédites et des performances impressionnantes de ces groupes légendaires sont au rendez-vous. On y trouve également en exclusivité la dernière interview de Tom Petty. Le film est un aperçu remarquable d’ une période clé de l’histoire de la musique. Disponible en VOD dès le 8 juin, en partenariat avec Rolling Stone.

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