Comment, à peine arrivée, j'ai rencontré la Pologne lors de mon 1er festival ! – lepetitjournal.com

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Lorsqu’on m’a proposé mon premier festival en Pologne – alors que je venais juste d’arriver dans ce pays, même si je ne l’avais pas envisagé, l’idée m’a immédiatement séduite ! Le Fest Festival, du 10 au 13 juillet. 50.000 personnes et 200 artistes dans un parc de Katowice, à une heure de chez moi. Un évènement instructif sur bien des points, pour la nouvelle arrivante que je suis…
 
Cela faisait un mois que j’avais emménagé à Cracovie, et  je n’en étais pas encore sortie, j’ai eu envie de découvrir d’autres lieux et aspects du pays. J’étais également curieuse de découvrir des artistes polonais. J’en connais peu, en dehors de Cypis. On doit à ce rappeur la chanson « JBC PiS » (PiS, va te faire f*****e), très connue ici. PiS est  l’abréviation du parti conservateur et populiste Droit et Justice, à la tête du pays depuis 2015. Le morceau est devenu un cri de ralliement dans tout le pays en 2020 lors des manifestations contre la quasi-interdiction de l’avortement par un arrêt de la Cour Suprême. Il m’a fallu peu de temps pour me décider, et prendre mes places quelques heures plus tard. 
 
Je convaincs l’ami français  qui a prévu de venir me voir ce week-end-là de m’accompagner, et nous voilà dans le train, la tente sous le bras. Après quelques petits soucis d’organisation et avoir failli rater notre arrêt, c’est avec soulagement que nous nous retrouvons devant le parc de Chorzow, lieu des festivités. Un dernier moment d’angoisse cependant, lors de la fouille des sacs. Impossible de comprendre ce que disent les vigiles pendant qu’ils farfouillent dans notre valise. Je sens mon cœur battre un peu plus vite à l’idée qu’ils découvrent notre stock liquide, soigneusement dissimulé sous la toile de tente. Finalement, tout se passe sans encombre : quelques minutes plus tard, nous franchissons l’entrée, bracelets aux poignets. 
 
 
Les lieux ressemblent à l’idée que je m’en étais faite en regardant les photos. Avec dix scènes différentes, l’événement me semble gigantesque. Le parc est bondé. Les installations lumineuses disséminées un peu partout donnent un petit côté féerique à l’endroit.
Après trois ans sans festival, je me sens presque déphasée. Il me faut un petit temps d’adaptation pour me mettre dans l’ambiance, et la première partie de la soirée sera plutôt calme. On mange des zapiekanki. Ces tartines traditionnellement garnies de fromage et de champignons sont très répandues en Pologne. 
 
 
À 25 zloty, et avec des bières à 18 zloty, cela me semble plutôt bon marché comparé à la France. La Pologne connaît pourtant une inflation galopante depuis un an : +15,6 % d’augmentation générale des prix selon l’Office national des Statistiques (GUS). C’est la plus forte hausse jamais enregistrée depuis 25 ans. J’essaye de calculer quels pouvaient être les tarifs affichés ici l’an dernier en finissant mon repas.
On déambule ensuite entre les scènes, avant de finir sur un DJ set un peu à l’écart de la foule. On ne tarde pas à rencontrer des Polonais avec qui on échange en anglais, curieux de rencontrer des Français ici.
 
Tous ont une réaction similaire quand je leur annonce que je travaille à Cracovie : « Pourquoi la Pologne ? ». Pas très surprenant. Que des étrangers puissent choisir de venir s’installer ici, alors que beaucoup de locaux émigrent pour l’Europe de l’Ouest les étonne.
Il y a pourtant de nombreux expatriés dans la ville où j’habite. Majoritairement issus d’Europe du Sud, ils se sont laissés tenter par des opportunités d’emploi et des prix bas qu’ils ne trouvent plus forcément dans leur pays d’origine. Ils utilisent la plupart du temps l’anglais et leur langue maternelle dans le cadre du travail. La raison ? Ces dix dernières années, beaucoup de multinationales ont délocalisé leurs filiales en Pologne. Ces dernières embauchent souvent des expatriés pour assurer le lien avec leurs clients d’Europe de l’Ouest. 
Cette citation du stoïcien Sénèque colle parfaitement à ce que nous vivons. En tout cas, on ne vient pas s’installer dans ce pays pour sa météo. Des orages surviennent le deuxième jour, alors que la France fait face à la sécheresse. Des trombes d’eau nous obligent à rester dans la tente une partie de l’après-midi. La pluie ne s’arrêtera plus jusqu’à notre départ, alors on finit par sortir quand le temps le permet. Le camping s’est transformé en marécage.
Même si on a anticipé et pris des vêtements chauds, nos sweats et baskets ne font pas le poids. Les autres festivaliers, plus habitués, se baladent en K-way transparents, et chaussures étanches. On finit par s’y habituer, et il y a presque un côté libérateur à danser sous la pluie, trempés jusqu’aux os. 
Après un certain temps, on se retrouve à l’abri  sous un chapiteau, au concert de Kobba. Le groupe polonais finit sa performance par une chanson de soutien à l’Ukraine. Pendant quelques minutes, les lumières de la salle prennent les couleurs bleu et jaune du drapeau ukrainien, et le slogan « Slava Ukraïni » clamé par le chanteur résonne dans la salle silencieuse. En quelques mois, les récents événements ont profondément changé le quotidien des Polonais. 
 
La société civile a fait preuve de beaucoup de solidarité vis-à-vis des réfugiés, dont le nombre en Pologne s’élève désormais à 3,5 millions selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR).  Le gouvernement au pouvoir affiche ouvertement son soutien : le drapeau ukrainien flotte sur la façade de certains bâtiments officiels, aux côtés du drapeau polonais. 
L’invasion a ravivé les souvenirs douloureux de l’invasion par l’URSS pendant la Seconde Guerre mondiale, une Histoire encore récente. La perspective d’une guerre est présente dans les esprits, à tort ou à raison. Les autorités polonaises se préparent à l’éventualité d’une agression russe. Le gouvernement prévoit un « programme national de promotion du tir » : la création de 314 stands dédiés sur tout le territoire pour entraîner gratuitement les citoyens au maniement des armes à feu.
À Cracovie, les stands de tir déjà existants  proposent depuis plusieurs mois des ateliers payants dans ce but. « Cela ne me dérange pas de répandre le sang russe pour protéger les gens que j’aime », m’a affirmé une Polonaise lors d’une discussion. 
Un autre pays a son ambassadeur au Fest Festival : l’artiste belge Stromae est une des têtes d’affiche. Pour  On rejoint le groupe de  Polonais rencontrés la veille pour son concert. Malgré la foule, les gens ne s’agglutinent pas et on peut facilement circuler. Je suis frappée par le  nombre de personnes présentes. Je savais que le chanteur était populaire à l’étranger, y compris en Pologne, mais la foule autour de moi me fait réaliser l’ampleur de son succès. Alors on danse, Papaoutai… la foule entonne en chœur les refrains des tubes les plus célèbres, parfois même des passages entiers. Des cris de joie résonnent quand le chanteur remercie son public en polonais.
Un des membres me demande  de quoi parlent les chansons. Je dois donc lui expliquer que la première parle de suicide, que la deuxième évoque la dépression et que la troisième raconte l’histoire d’une femme qui ne supporte plus son mari, pendant que les personnes autour de nous bougent au rythme de la musique.
À la fin du concert, retour aux DJ sets et à la musique techno pour le reste de la soirée. Voir les gens danser et se lâcher à ce point me semble presque incongru, en comparaison de l’air impassible et calme qu’ils arborent au quotidien, et de leur tendance à peu exprimer leurs émotions dans les espaces publics et dans les commerces. Le sourire et le rire sont plutôt réservés aux espaces privés et aux proches. 
Le réveil est plus facile que la veille, et moins embrumé. Le défilé des festivaliers quittant le camping a commencé tôt, et en ce dimanche après-midi il n’y a quasiment plus personne lorsqu’on s’attable pour manger près des food trucks. On a été parmi les derniers à quitter les lieux, et je serai certainement dans les premiers à revenir l’an prochain.
 
 
 
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