Câbles sous-marin et espionnage : le point avec Jean-Luc Vuillemin – Meretmarine.com

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Il y a quelques jours, on apprenait que les Etats-Unis auraient « écouté » des responsables européens, notamment allemands, français et scandinaves entre 2012 et 2014 en se « branchant » sur des câbles sous-marins en zone danoise. L’information a fait frémir le grand public, à l’heure où le déploiement des câbles sous-marins de télécommunications, opérés désormais également par les GAFAM, s’accélère très rapidement. Près de 450 câbles transportant des données sillonnent ainsi le monde actuellement et ils sont, depuis longtemps, considérés comme stratégiques. A la fois parce qu’ils « alimentent » et relient les continents, les personnes, les économies mais aussi parce qu’ils peuvent potentiellement être attaqués, déstabilisant immédiatement le trafic Internet vers les pays reliés. Quant à la question de savoir s’ils peuvent être « siphonnés » à but d’espionnage, elle est beaucoup moins tranchée, notamment pour des raisons nautiques et techniques. A l’heure, où plusieurs marines veulent s’équiper pour faire face à ces nouveaux enjeux stratégiques, Mer et Marine fait le point avec Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux et services internationaux d’Orange.
MER ET MARINE : Existe-t-il, à votre connaissance, dans l’histoire, des incidents de type sabotage ou espionnage des câbles sous-marins ?
JEAN-LUC VUILLEMIN : Il n’y a pas eu de cas confirmé et documenté de ce type d’incident dans les temps modernes, à l’exception des périodes de guerres où l’on a effectivement vu des câbles coupés par les Britanniques en Allemagne ou les Japonais aux Etats-Unis. En matière d’espionnage au temps de la guerre froide, il y a aussi le précédent de l’opération Ivy Bells, au début des années 70, où les Américains ont découvert un câble de communication soviétique en mer d’Okhotsk et ont intercepté les messages qu’il convoyait pendant plusieurs mois. Mais c’était une autre époque et une autre technologie. Aujourd’hui et avec les câbles en fibre optique c’est beaucoup plus difficile et aucun cas n’a jamais été totalement avéré. Espionner les câbles sous-marins en mer est très compliqué, d’abord parce qu’ils sont souvent à des profondeurs où il n’est pas aisé de se rendre ou d’intervenir. Si quelqu’un coupe un câble, on pourra immédiatement repérer le lieu de la coupure et on saura facilement la nationalité du bâtiment impliqué. Ce serait l’équivalent d’une déclaration de guerre.
Ensuite  espionner en « siphonnant » des câbles impliquerait de pouvoir stocker immédiatement des quantités de données insensées. En clair, il faudrait avoir à proximité des milliers de disques durs ultra puissants et ensuite faire le tri dans ces données. A la vitesse de 500 térabits/seconde des câbles actuels, on sature n’importe quel moyen de stockage en quelques millisecondes.
Pourtant, on soupçonne régulièrement des puissances étrangères, notamment la Russie, de se doter de moyens d’actions en la matière ?
En effet, la Russie est toujours un peu au centre de l’attention dans ce domaine. Il y a eu plusieurs soupçons sur des incidents impliquant des coupures de câbles simultanées lors d’opérations militaires en Crimée ou devant Alexandrie lors de passages de bâtiments russes ou américains. Mais rien de factuellement prouvé. 
On sait que les Russes s’intéressent aux câbles, de données mais aussi de puissance mais on ne sait pas exactement pourquoi. Pour les cartographier ? Pour poser des choses à proximité ? Pour mettre en place des moyens d’interception ? Des mines ? 
On parle beaucoup de l’AS-31, ce submersible spécialisé russe, également surnommé “Locharik”, un engin secret destiné à des opérations spéciales ou de recherche et pouvant plonger jusqu’à 6000 mètres de profondeur. 
Un tel engin aurait la capacité de pouvoir plonger plus profondément que les autres sous-marins et donc d’intervenir sur les câbles sous-marins, mais pour y faire quoi ? Mystère…
La Marine nationale, dans ces conditions, peut-elle protéger les câbles « français » ?
Les moyens de surveillance et d’intervention sous-marins dont la Marine nationale dispose sont limités à quelques centaines de mètres pour ce qui relève du Shom et à quelques milliers (correspondant au système de sauvetage des sous-marins) pour les forces armées (*). Les câbles sont fréquemment à des profondeurs de 4000 à 9000 mètres. De plus il s’agirait de protéger plusieurs millions de kilomètres de câbles, ce qui n’est pas possible avec les formats actuels d’aucune flotte militaire au monde. On voit donc bien la difficulté. On peut évidemment faire appel à des moyens privés, comme des drones, qui peuvent descendre plus bas. Mais il est illusoire d’imaginer que ces interventions ne puissent se faire autrement qu’exceptionnellement. Il est impossible de surveiller « militairement » les milliers de kilomètres de câbles sous-marins qui alimentent notre pays. Les industriels réfléchissent à leurs propres moyens de surveillance, comme des câbles déroulés à côtés de ceux contenant la fibre optique et pouvant détecter des variations de pression. Mais là encore c’est très cher. Et aucun câble civil ne dispose, à l’heure actuelle, de protection de ce type.
Que faire alors face à ce que certains considèrent comme une nouvelle menace géostratégique ?
Le mieux que nous puissions faire, en tant qu’opérateurs, c’est d’augmenter la redondance. Ainsi, en cas de coupure d’un câble, nous pouvons rapidement délester le trafic vers un autre chemin. Nous pouvons aussi continuer ce dialogue riche que nous avons depuis longtemps avec la Marine pour l’aider à qualifier la nature des menaces et aux modes de fonctionnement que nous pourrions adopter.
En matière de confidentialité et pour les communications très sensibles, le mieux est d’utiliser les systèmes de cryptage pour garantir une confidentialité totale. Orange travaille d’ailleurs sur un projet d’étude au sein d’un consortium d’acteurs européens du numérique pour concevoir le futur Internet quantique de l’UE et étudier la conception du futur réseau européen de communication quantique, l’initiative EuroQCI (quantum communication infrastructure). Ce réseau permettra aux infrastructures critiques et aux institutions gouvernementales de l’Union Européenne de communiquer de façon ultra-sécurisée
Enfin en matière de souveraineté il est également crucial de garder une flotte câblière sous pavillon français. Maintenir ce type de navires et cette connaissance technique est essentiel pour répondre à ce nouvel enjeu stratégique.
Propos recueillis par Caroline Britz © Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.
(*) La Cellule Plongée Humaine et Intervention Sous la Mer (CEPHISMER) de la Marine nationale dispose par exemple des robots télé-opérés ULISSE et DIOMEDE capables de plonger à 1000 et 2000 mètres. Pour le sauvetage d’un équipage de sous-marin en détresse, elle s’appuie sur le système européen NSRS, qui comprend en particulier un submersible (SRV) conçu pour pouvoir intervenir jusqu’à 610 mètres et recueillir 12 personnes via les sas de secours dont sont équipés les sous-marins.  

source

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