Ana de Armas joue Marilyn Monroe dans « Blonde » : « Je me sens tellement chanceuse» – Le Journal du dimanche

L’actrice cubaine, Ana de Armas, incarne Marilyn Monroe dans « Blonde », disponible le 28 septembre sur Netflix
À 34 ans, Ana de Armas est pressentie pour la course aux oscars grâce à sa prestation sidérante dans Blonde, l’adaptation du best-seller de Joyce Carol Oates. Elle y joue Marilyn ­Monroe avec un mimétisme troublant. Jeudi, à l’issue de l’avant-première à la Mostra de Venise, elle récoltait une longue ovation au côté du réalisateur néo-zélandais subversif Andrew ­Dominik. Même émotion le lendemain au 48e Festival du cinéma américain de Deauville, avec un public sonné par la puissance de ce biopic, tourné comme un film d’horreur pour provoquer un électrochoc à travers le portrait d’une femme victime de violences durant toute sa vie.
Que pensez-vous de votre statut de star montante à Hollywood ?
J’ai beaucoup de mal à me dire que tout cela est vrai ! Je me sens tellement chanceuse. Je n’en reviens pas qu’une telle occasion se soit présentée à moi ! Pas seulement parce que je suis cubaine et que l’idée d’incarner Marilyn pour une actrice dont la langue maternelle n’est pas l’anglais semble impossible. C’est juste rare, latina ou pas, de décrocher un personnage de cette envergure. Ça ne survient qu’une fois dans une vie. Je profite du moment avec humilité.
Vous étiez une fervente admiratrice de Marilyn ?
Je ne la connaissais pas beaucoup, encore moins Norma Jeane. J’avais vu quelques films. Je me suis préparée comme jamais. J’avais tant de matériel à disposition : à cette époque, Marilyn était la personne la plus photographiée au monde. Je me suis référée au livre de Joyce Carol Oates évidemment, j’ai étudié toutes les archives vidéo, audio ou papier que j’ai dénichées. J’intégrais de nouvelles choses chaque jour. La somme d’informations donnait le vertige. Ce n’était pas difficile de cerner Marilyn, ce qu’elle représentait, ce qu’elle a légué. Plus épineux de trouver Norma Jeane, une comédienne comme moi, qui essaie d’obtenir des rôles toujours plus importants, d’améliorer son jeu, d’apprendre, d’être prise au sérieux. De cette façon, je me suis identifiée à elle, je comprenais la femme à cent pour cent Je me suis démenée pour m’approprier sa vérité, ses émotions, sa psychologie, ses traumatismes, ses souffrances, la culpabilité qui pesait sur ses épaules à cause d’un père absent et d’une mère déséquilibrée. J’étais surprise de découvrir que j’avais tout cela en moi. Je suis contente si les spectateurs se rendent compte de l’ampleur de mon travail.
 
Marilyn a tout donné, on lui a tout pris
Considérez-vous Blonde comme un réquisitoire contre la masculinité toxique ?
Absolument ! Après l’avoir vu, j’ai dit à Andrew qu’il avait réalisé un film d’horreur. J’étais sans voix. Blonde prend aux tripes, broie le cœur et hante durablement. Il faut digérer les images qu’on a encaissées. Sa vie durant, ­Marilyn a subi toutes sortes d’abus, elle était dans l’incapacité d’exprimer sa rage et sa douleur. Elle devait chaque fois trouver le moyen de s’extirper de situations intolérables. Elle a tout donné, on lui a tout pris. Les hommes s’octroyaient le beau rôle en se présentant en sauveurs. Elle a survécu en dépit de son statut d’enfant non désiré, en manque d’amour. Je suis engagée pour les droits des femmes. Pendant le tournage, je me sentais protégée, choyée. Marilyn n’a pas bénéficié d’autant d’égards.
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Votre transformation physique est impressionnante…
Des heures de maquillage et de coiffure, mais aussi passées à scruter sa façon de parler, de bouger, à capturer ses mimiques, sa gestuelle, son essence. Elle est entrée en moi. Il fallait respecter le moindre détail pour que le résultat soit parfait lors des reconstitutions de séances photo ou de scènes de films iconiques. Pas le droit à l’erreur, je savais par cœur les chorégraphies. Pour calquer sa voix, j’ai compris que son langage affecté était lié à son ressenti, son insécurité et ses peurs. Je me mettais dans le même état d’esprit.
Drôle de contraste avec votre image « badass » dans Mourir peut attendre (2021), où vous avez volé la vedette à Daniel Craig !
Seulement pendant les douze minutes où j’apparais à l’écran. [Rires.] James Bond, ça ne se refuse pas. L’occasion d’acquérir ­quantité de compétences physiques ­insoupçonnées. J’ai récidivé dans l’action avec The Gray Man cette année, des frères Russo.
Quel était votre rêve de petite fille à Cuba ?
J’ai grandi avec peu de moyens. Mais, à la maison, il y avait la télévision et mon grand-père. Le soir, après les informations et les telenovelas, tout le monde partait se coucher, on restait tous les deux devant le poste pour regarder un film, en prenant soin de baisser le son pour ne réveiller personne. J’allais aussi au cinéma. Plus tard, quand j’ai déménagé à Madrid à l’âge de 18 ans, j’ai étudié l’art dramatique et découvert plein de longs métrages auxquels je n’avais pas accès à Cuba. J’ai su que je voulais faire ce métier à 10, 11 ans. Je le ressentais dans ma chair. Mes parents ont soutenu ma passion et mon ambition. Ils ont cru en moi.
Clap de fin pour la 48e édition du Festival du cinéma américain de Deauville. Le jury, présidé par Arnaud Desplechin, donne son grand prix à Aftersun,de Charlotte Wells, chronique estivale d’une relation père-fille produite par Barry Jenkins (Moonlight). En France, le film sera diffusé sur la plateforme Mubi. Le prix du jury et le prix Louis-Roederer de la révélation reviennent à War Pony, de Gina Gammell et Riley Keough (la petite-fille d’Elvis Presley), drame poignant qui se déroule dans une réserve indienne, déjà consacré par la Caméra d’or à Cannes. Prix du jury ex aequo, Palm Trees and Power Lines, de Jamie Dack, raconte l’histoire d’amour toxique entre une adolescente et un garçon plus âgé. Trois premiers longs métrages et quatre réalisatrices, voilà qui entérine la qualité de défricheur de talents du sélectionneur Bruno Barde. Le prix du public va à Emily the Criminal, de John Patton Ford, portrait d’une fraudeuse à la carte bancaire… 
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